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 [Nymphe Ydeil] Le Rêve de la Réalité - EN COURS

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Nymphe Ydeil
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MessageSujet: [Nymphe Ydeil] Le Rêve de la Réalité - EN COURS   Dim 16 Mai 2010 - 1:31

LE RÊVE DE LA RÉALITÉ

* Note de la RPiste : Cette saga a d'abord été attribuée aux [DESTINS] de l'Univers 54. Malheureusement, ceux-ci n'ont jamais pu finir la saga qui s'est arrêtée à l'épisode 10. La saga était rédigée à trois mains, sous la plume de Nymphe Ydeil, Makkura et Aphelion.
Aujourd'hui, elle reprend son cours grâce au mécénat des [Maj] de l'Univers Yakini, sur les hofs d'Ezhno notamment. Les épisodes 1 à 6 seront repris et mis à jour sous l'unique plume de Nymphe Ydeil. Les anciens épisodes 7 à 10 restent disponibles sur le board à titre indicatif.

Spoiler:
 

ÉPISODES PRÉCÉDENTS :
- Les Arches
- Menaces
- Le Rêve de la Mort
- La Vision
- Confiance
- Maître Husbondi
- Manipulations (à venir)

____________________________________________________________________________________________________
« À Sionabel, un Rêve sera toujours apporté à ceux qui en font la demande. » [Nymphe Ydeil]
« Certains disent que seule la guerre peut faire de nous des frères. Ceux-là n'ont sans doute jamais essayé d'écrire avec quelqu'un... » [Yuen]
« À six ans, je savais écrire. Mais ici, nous n'écrivons pas. Nous vendons du Rêve. » [red13]


Dernière édition par Nymphe Ydeil le Mar 6 Mai 2014 - 15:15, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Le Rêve de la Réalité - EN COURS   Mar 29 Avr 2014 - 17:03


LE RÊVE DE LA RÉALITÉ - Les Arches

À gh0sty, qui me manque tant aujourd'hui, ce 608e rp.

Quelque chose ébranla la couchette de Loan. Mal réveillé, il crut d’abord à une mauvaise blague de son colocataire et grogna une vague protestation destinée à manifester son mépris à l’égard du goujat. Puis il se souvint que le goujat en question avait quitté l’Arche III la veille au soir et que par conséquent, il ne pouvait se trouver dans la cabine. Loan souleva donc un sourcil perplexe, les brumes du sommeil se dissipant complètement sous l’effet des interrogations, et il fixa sans les voir les pigments rouges qui clignotaient au plafond. Ils indiquaient 4h17.
Le jeune homme bailla à s’en décrocher la mâchoire, s’étira, puis sortit ses jambes hors du lit. D’un bond leste, il atterrit un mètre plus bas. Son bureau, situé sous sa couchette pour optimiser la place, détecta sa présence et s’alluma. Par habitude plus que par nécessité, Loan désactiva les commandes vocales et démarra les programmes de l’ordinateur manuellement pour éviter de briser le silence.
Une fois installé devant l’écran, Loan interrogea le journal de bord public. Les données dynamiques étaient mises à jour en temps réel. Pourtant, rien n’indiquait une quelconque anomalie capable de faire trembler sa couchette. Un instant, le menton appuyé dans la paume, il crut avoir rêvé et se demanda sérieusement s’il n’était pas réellement en train de perdre l’esprit. Ces derniers jours, les évènements troublants s’enchaînaient sans que personne ne semble s’en rendre compte. Comme ce garçon qui était soudainement mort. On avait conclu à une crise cardiaque pour classer l’affaire. En réalité, on n’avait trouvé aucune preuve que c’était ça.
Et puis il y avait ces éclairs incessants. C’étaient comme des souvenirs, mais il ne se rappelait pas de les avoir vécus. Ça ne collait avec aucun passage de sa vie. Cette ville dans laquelle il ne pouvait avoir habité puisqu’il était né dans l’Arche, ces femmes quand il n’en avait connu aucune…
Quelque part près de la couchette, l’alarme du réveil se déclencha. Déjà 6 heures, songea-t-il avec un soupir amer. Chaque fois qu’il se surprenait à analyser ces souvenirs déviants, il s’en voulait de leur accorder tant d’importance. Il ne pouvait cependant se résoudre à les effacer tout à fait de sa mémoire ou mieux, les considérer comme des œuvres de son imagination. Après tout, il avait déjà vu les bandes d’archive qui parlaient des villes. Mais ce n’était pas aussi simple et il sentait confusément que ce n’était pas vrai.


- Tu vas finir timbré, se morigéna-t-il à voix haute.

Puis il s’habilla et se décida enfin à sortir.

* * *

Comme d’habitude, le réfectoire était bondé. Comme tous les jours, il avait mangé son déjeuner seul et était arrivé bon premier près de la salle de cours. L’ouverture des portes était programmée pour 8h20. Il n’avait pas d’autre choix que d’attendre, mais au moins, il ne restait pas au milieu des autres, dans le vacarme constant de la salle de repas. Pour passer le temps, Loan alluma son deskport. Pendant quelques minutes, il pianota sur l’écran tactile. Il navigua ainsi de fichiers en fichiers, les informations défilant au bout de ses doigts à une vitesse prodigieuse.
Mais il n’arrivait pas à se concentrer. Sans cesse, ses pensées revenaient à l’incident du matin. Il ne parvenait pas à comprendre pourquoi il s’était réveillé de la sorte. Le brouhaha des élèves qui se réunissaient progressivement devant les salles de cours n’aidait pas. On s’interpellait d’une porte à l’autre, on haussait le ton pour se faire valoir. Les adolescents frimaient et plaisantaient pour attirer l’attention des filles qui, elles, faisaient semblant de ne rien voir pour se faire désirer. Toutes des salopes, se dit Loan sans lever les yeux de son deskport.
Au milieu de ce chahut permanent, une épaule, massive et carrée, percuta Loan. Le deskport décrivit un arc de cercle parfait et alla exploser aux pieds d’une jolie blonde qui poussa un cri suraigu. Furieux, Loan se tourna vers l’imprudent et se trouva face à une armoire à glace qui le dépassait facilement de deux têtes et devait avoir été sevré aux hormones.

- Va faire un tour à l’arrière de la file, voir si j’y suis, balança l’individu.

Loan reconnut enfin Poke, le tyran de la classe. Sa colère s’en trouva décuplée.

- Dans tes rêves, grinça-t-il entre ses dents.

Et il reprit calmement sa place devant la porte. Tout se déroula alors en quelques secondes. L’autre se rua sur lui et l’envoya rouler au sol. Les coups se mirent à pleuvoir. Loan les rendit les uns après les autres. Sa rage lui donnait une force capable d’égaler son adversaire alors que celui-ci devait bien peser le double de son poids. Lorsque Poke réalisa que sa force n’était d’aucune utilité, ses grosses mains se refermèrent brusquement autour du cou de Loan. Elles serrèrent sans scrupule.
Autour des deux combattants qui roulaient au sol, les jeunes hurlaient. Confusément, Loan se demanda si les caméras de surveillance présentes dans tous les corridors allaient alerter la milice. Un voile rouge dansait devant ses yeux. Dans un dernier sursaut de lutte, il saisit le visage de son ennemi et poussa de toutes ses forces. Alors il y eut le flash.

À suivre...

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Le Rêve de la Réalité - EN COURS   Jeu 1 Mai 2014 - 13:51


LE RÊVE DE LA RÉALITÉ - Menaces

À Miles Teg, ce 60..j'ai oublié de compter ème rp.

Tout était noir. Puis rouge. Puis blanc. Et il se vit, là, allongé sur le sol, le visage violacé, les yeux exorbités, deux mains serrant son cou. À l’autre bout du corridor, la milice arrivait. Trop tard, pensa-t-il. Des images défilèrent devant ses yeux, des souvenirs… mais, encore une fois, ce n’étaient pas les siens. Il vit la violence, la peur, la jolie blonde. Puis ce fut le noir. Et il sombra.

Loan se réveilla douze heures plus tard avec un violent mal de crâne. Il était dans un lit d’hôpital et son poignet était maintenu aux barreaux du lit par des menottes. Son esprit encore empli des brumes de l'inconscience, il tenta de se redresser afin d'examiner la chambre dans laquelle il se trouvait. La douleur surgit, intense, lui vrillant si violemment la tête qu'il dut se rallonger immédiatement et fermer les yeux. Elle s'atténua rapidement, mais un bourdonnement incessant continuait de lui comprimer les tempes. Le bourdonnement se transforma bientôt en voix dont il ne parvenait pas à distinguer les paroles, puis, alors qu'il entendit les pas de deux personnes entrer dans la chambre, les voix devinrent intelligibles. Il feignit toutefois de ne pas être éveillé, attendant d'entendre ce qui allait se passer.

- Comment va-t-il ?, demanda la première voix.

C'était celle d'un homme, grave et claire, de celles qui imposent le respect à ses interlocuteurs sans avoir même à élever le ton d'une conversation.

- Il va bien. Il devrait reprendre connaissance dans peu de temps. A vrai dire, c'est l'état de l'autre qui m'inquiète, lui n'est pas prêt de sortir du coma, répondit la voix plutôt fluette d'une femme.
- Peu m'importe l'autre, il n'est rien. Seul importe celui-ci, trancha l'homme.
- Si je peux me permettre... Pourquoi les Maîtres du Destin s'intéressent-t-ils à lui ? Ce n'est qu'un adolescent comme tant d'autres. Je ne comprends pas qu'un Maître tel que vous vienne le voir en personne, insista la femme d'un ton inquiet.
- Nos plans n'ont pas à être dévoilés. Faites votre travail, amenez-le moi sitôt qu'il se réveillera, coupa le Maître d'un voix sèche.

Et les pas s'éloignèrent pour sortir de la chambre. Au fond de son lit, Loan n'ouvrit pas les yeux. Il ne comprenait pas. Il ignorait encore que son Destin avait été bouleversé pour toujours. Il ignorait également qu'il venait de croiser la route de l'un des hommes les plus influents des trois Arches : un Maître du Destin...


Elle n'eut pas le temps de crier. Une main sur sa bouche étouffa son cri et la repoussa sur les oreillers.

- Si tu cries, tes enfants périront. Si tu utilises une incantation, tes enfants périront. Tu vas m'écouter très attentivement et tu feras ce que je te dirai. Je vais te lâcher maintenant. N'oublie pas, si tu cries...

La pression sur les lèvres de la femme s'estompa et elle se redressa sans un mot. Au demeurant, la menace était inutile. Galathée avait repris le contrôle de ses nerfs dès les premiers mots. Tout en feignant la terreur qui aurait dû l'habiter, elle détailla son agresseur. Son visage était plongé dans l'ombre d'une capuche. Même s'il ne se trouvait qu'à quelques centimètres d'elle, elle ne parvenait pas à l'identifier. Elle garda donc le silence et se contenta de l'écouter.

- Nous savons que vous avez eu le Dernier. Donnez-moi le nom de son Destin.

Les pensées de Galathée s'accélérèrent au rythme des battements de son cœur. Le sang pulsait sous ses tempes. Elle l'entendait bourdonner dans ses oreilles. Ainsi, ils l'ont eu, songea-t-elle. Et un sourire involontaire éclaira son visage.

À suivre...

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Le Rêve de la Réalité - EN COURS   Ven 2 Mai 2014 - 13:32


LE RÊVE DE LA RÉALITÉ - Le Rêve de la Mort

À Umiera, ce 614e rp. Tu me manques.

La pression s'affirma autour du bras de Galathée.

- Ne te réjouis pas, Sorcière. Donne-moi son nom ! Vociféra l'homme en la secouant un peu par le bras.
- Je l'ignore, répondit-elle avec calme. Et même si je le savais, je ne vous le dirais pour rien au monde.

Un instant, le souffle de l'agresseur vint se casser sur le visage de Galathée. Il l'empoigna par le col et la souleva à moitié hors du lit, la menaçant de toute sa carrure. Le tissu se déchira, dévoilant la poitrine nue de la femme. Soudain, elle eut peur qu'il la violente, elle qui ne craignait pas la mort. Mais il se contenta de la scruter, comme s'il avait pu lire la réponse en elle.

- Tu sais qu'il est inutile de résister, vous êtes morts avant d'être nés.
- Les Maîtres du Destin ne meurent pas. Ils donnent naissance à d'autres Destins.
- Donnerais-tu ta vie pour sauver cet enfant ?

Galathée se borna au silence. Il aurait suffi d'un sort, d'une incantation, même murmurée, pour d'anéantir son adversaire. Elle ne décelait sur lui aucun artifice dissimulé qui aurait pu arrêter sa magie. Mais l'assurance qu'il affichait suffisait à la faire douter. Personne n'aurait pénétré si avant dans les quartiers d'un Maître du Destin sans avoir un minimum de protection. Il avait menacé de tuer les enfants. Les siens. Ils sont vivants... se surprit-elle à penser. Alors, lentement, sans quitter des yeux son agresseur, elle retourna le chaton de sa bague vers l'intérieur. Le mécanisme joua, le dard empoisonné jaillit. Et elle frappa.

* * *



Ainsi, elle est morte, songea Husbondi. L’idée fit lentement son chemin sous son crâne. Il avait l’impression que des millénaires s’étaient écoulés depuis qu’il avait connu Galathée et avait décidé de travailler avec elle au cœur des Arches. Pourtant, ça ne faisait pas plus de … trois cents ans. Quelle ironie, Galathée, quelle ironie !
En proie à ses souvenirs, le Maître ne prêtait plus guère attention à l’homme qui lui avait annoncé cette mort. Lorsque ses yeux se posèrent à nouveau sur celui-ci, il ne put retenir un sourire. Ezhno, l’un des plus brillants Maîtres du Destin, n’avait pas bougé d’un iota, laissant son aîné à la profondeur de ses pensées. Il se dégageait de cet homme jeune et doué une assurance peu commune, qui ne devait rien à l’égoïsme. Le respect qu’il manifestait toujours n’enlevait rien à la malice qui faisait pétiller son regard. Maître Husbondi voyait en lui plus que l’un de ses apprentis, il voyait un ami.

- Et bien, une grande perte pour notre confrérie, soupira-t-il pour briser enfin le silence.
- C’était une adepte douée, approuva Ezhno en relâchant un peu de sa raideur solennelle.

Et la mère de nos enfants, songea Husbondi. Il cherchait à dissimuler a peine que lui causait cette perte, mais dans le regard perçant d’Ezhno, il lisait l’inquiétude. Et bien, Galathée, ce fils là est digne de toi.

- Maître, cette mort change-t-elle vos projets quant au jeune Loan ?
- Non. Il est le dernier. Si nous renonçons, Galathée sera morte en vain.
- Son agresseur voulait connaître le Nom, n’est-ce pas ?
- Oui…
- Vous l’avait-elle révélé ?
- Hélas, non. Elle ignorait encore que Loan avait vu sa première âme.
- Mais son agresseur l’a appris, lui.

La voix d’Ezhno était dure, c’était presque un reproche, bien qu’il ne vise personne. Du reste, la découverte de la mort de Galathée et de la fuite de son assassin avait attisé en lui une colère intraitable qui appelait vengeance. Maitre Husbondi hocha la tête, autant pour approuver la passion qu’il lisait chez son apprenti que ses dires.

- J’ignore ce que les Enfants Morts feront, maintenant qu’ils savent. Mais je suis certain que Galathée ne leur a pas donné satisfaction. Sans ce nom, ils sont aussi démunis que nous. L’important désormais, c’est de protéger Loan. Faites le venir mon ami. Il est temps de lui expliquer. Sa formation doit commencer.
- Si tôt ? Il n’a que seize ans…
- Je sais… mais nous n’avons pas le choix. Nous ne connaissons pas son Nom. Il devra donc le trouver seul.

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Le Rêve de la Réalité - EN COURS   Mar 6 Mai 2014 - 15:17


LE RÊVE DE LA RÉALITÉ - La Vision

À ces deux hommes qui protègent celle que je suis, ce 615e rp.

Debout dans les pénombres, Loan attendait. En contrebas, des hommes avançaient. Ils avaient tous la même démarche cadencée, la même allure fière, mais vide de toute âme, de tout individualisme. Il y avait quelque chose d’inhumain dans ces bataillons, quelque chose qui dérangeait profondément l’observateur qui les surplombait.

- Tu es trop sentimental, Loan, déclara une voix dans son dos.

S’il fut surprit, il ne le montra pas. Il n’avait pourtant pas entendu l’autre approcher.

- Tu avais des ordres. Pourquoi ne les as-tu pas suivis ?
- J’ai décidé de suivre mon propre chemin.
- Ce n’est pas ton Destin. Tu as été nommé pour…
- Pour mieux vous servir ?

La colère qui grondait chez Loan le poussa à se retourner. Il affronta du regard son interlocuteur dont il ne distinguait que la silhouette dans la pénombre. L’autre ne répondit pas.

- J’ai été nommé pour que mon Destin ne vous échappe pas. Mais il s’avère que le Nom que je porte est celui que j’ai choisi. Je choisirai mon Destin de la même façon.
- Alors tu mourras en même temps que ceux que tu cherches à protéger.
- De votre main ?

Durant de longues secondes, les deux hommes demeurèrent silencieux, puis l’autre s’avança dans la lumière. Ses traits ne portaient pas la moindre trace de colère. Il semblait même attristé de la décision de Loan.

- Si c’est ce que tu souhaites mon Frère… Murmura-t-il avec douceur.

Et sa main gauche frôla la joue du jeune garçon, tandis que la droite se posait sur la garde d’une dague, glissée dans les plis de sa cape.


* * *

Loan se réveilla en sursaut, le front en sueur. Encore une de ces maudites visions. Ces souvenirs qui n’étaient pas les siens. Son rêve avait été si réel qu’il était certain que ce n’était pas qu’un simple cauchemar. Il ne connaissait pourtant pas cet homme et n’avait aucun frère. Par ailleurs, il n’avait même pas de parents. C’était complètement absurde.
Les brumes de la vision s’estompèrent progressivement et il se prit à fixer sans le voir le plafond de sa chambre. Il mit à certain temps à le reconnaître. C’était le plafond d’une chambre d’hôpital. Voilà. Il se souvenait : la bagarre, la milice, son réveil dans ce lit et la présence de Maître Hasta Siempre – et ce fameux dialogue avec l’infirmière, qu’il n’était pas sûr d’avoir très bien compris du reste.
Tandis que ses pensées réelles se remettaient en place pêle-mêle, sans n’obtenir guère plus de sens, quelqu’un cogna à la porte et entra dans la pièce. Lorsque Loan daigna observer le nouveau venu, son cœur fit une embardée. Là, en face de son lit se tenait la silhouette sombre de cet homme qui avait hanté son rêve, sa vision. La même expression douce sur le visage, le même regard sage, aucun doute possible.
D’un bond, il chercha à fuir son lit, puis se souvint, quoi qu’un peu tard, que l’un de ses poignets était toujours attaché au montant du lit. Il faillit renverser le lit et perdre l’équilibre et se rattrapa in extremis à la table de chevet. L’homme le regarda faire avec une expression de curiosité plus que d’étonnement. Derrière lui venait deux membres de la milice et une infirmière.

- Notre jeune rebelle est réveillé à ce que je vois, plaisanta l’un des miliciens. Il est à vous dans une minute, Maître Ezhno.

Et le soldat fit le tour du lit pour relâcher Loan. Ce dernier aurait voulu prévenir le militaire de ce qu’il avait vu – ou cru voir –, mais il se borna finalement au silence. Une fois libre, il se massa méthodiquement le poignet, sans perdre le Maître des yeux. Celui-ci, redevenu indifférent, signait la décharge que l’infirmière lui présentait. Lorsque ce fut fait, les deux soldats hochèrent la tête, visiblement satisfaits.

- Très bien ! Occupez vous-en bien Maître. Et pas de bêtises hein, nous ne voulons pas le récupérer encore dans deux semaines parce qu’il a tabassé un de ses camarades.
- Bien entendu, Capitaine. Nous ferons le nécessaire, comme à l’accoutumée, répondit le Maître avec un sourire entendu auquel Loan n’entendait pourtant vraiment rien.
- Cela va de soi ! Transmettez mes amitiés à Maître Husbondi.

Les deux soldats s’apprêtèrent à quitter la pièce. Loan comprit seulement à l’instant ce qui l’attendait.

- Attendez ! Ne me laissez pas seul avec lui ! Lâcha-t-il instinctivement, juste assez vite pour se mordre les lèvres d’avoir dit ça comme ça.

Ce qui devait arriver arriva, les deux hommes se contentèrent d’en rire et franchirent la porte comme s’il n’avait rien dit, précédés par l’infirmière qui gloussait tandis qu’ils l’abreuvaient de mauvais jeux de mots grivois. Et Loan se trouva seul avec Maître Ezhno, avec le Maître de sa vision.

   À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Le Rêve de la Réalité - EN COURS   Mar 6 Mai 2014 - 15:19


LE RÊVE DE LA RÉALITÉ - Confiance

À Lord Stormhead, ce 618e rp.

Loan ne perdit rien des expressions qui passaient sur le visage d’Ezhno, tandis que les soldats quittaient la chambre. Il calcula inconsciemment ses possibilités de fuite. Elles approchaient le zéro absolu. Il aurait pu se battre comme il avait combattu son camarade de classe, mais le Maître était plus grand et plus fort que lui.

- À quoi songes-tu ? Interrogea le Maître.
- À vous tuer, répondit le jeune garçon, le plus naturellement du monde.
- Et comment comptes-tu t’y prendre ? poursuivit Ezhno, plus curieux que réellement choqué.
- Vous êtes trop puissant pour un combat au corps à corps. La seule chose qui pourrait m’avantager serait une arme, mais je n’en ai pas et je ne connais pas les vôtres.
- Qu’est-ce qui te fait dire que j’en possède une ?
- Lorsque vous vous déplacez, vous le faites toujours légèrement de biais pour dissimuler l’arme que vous portez sous votre tenue. Votre vêtement est volontairement ample, pour garder le mystère. Ça peut aussi bien être une arme blanche qu’une arme automatique comme un pistolaser. Quoi que je parierai plus sur une arme blanche, plus simple à tirer de sa gaine et donc, plus efficace.

Ezhno sourit, mais ne répondit pas. Il se contenta de sortir la dague qu’il portait en permanence contre son flanc. Le manche en ivoire et la lame bleutée en faisait une arme de précision, mais pas d’endurance. Elle n’aurait pas supporté d’affronter le contact dur d’une autre dague. Tout cela, Loan le nota instinctivement, bien qu’il n’ait jamais eu à se servir d’armes.

- Tu as de l’avenir, Loan. Tu es brillant, nota Ezhno. Maintenant, si tu veux bien me faire confiance plus de cinq minutes, nous allons rendre visite à Maître Husbondi, il nous attend.
- Vous n’allez pas me tuer ? demanda Loan, toujours sous le coup de sa vision.

Ezhno éclata franchement de rire.

- Bien sûr que non ! Allez, viens maintenant… Tu es vraiment un drôle de numéro toi.

* * *

Il fallait suivre, bon gré, mal gré. En désespoir de cause, Loan s’était fait une raison en essayant de diminuer l’impact que la vision avait eu sur lui. Après tout, ça pouvait n’être qu’un rêve comme un autre. Il avait sûrement vu ce Maître quelque part avant, avant de sombrer dans l’inconscience lorsqu’il s’était battu ou même bien avant. À défaut de comprendre, il avait choisi de suivre Ezhno à travers les corridors de l’Arche.
Ils avaient franchi des portes que Loan avait toujours vu closes et de celles qu’il n’avait même jamais vues. À présent, ils attendaient dans un hall dont les dimensions atteignaient l’impossible. De gigantesques colonnes de cristaux multicolores soutenaient un dôme immense. Derrière la vitre, c’était l’espace, tel que Loan ne l’avait jamais observé. Une planète tournait lentement sur elle-même à l’extérieur du vaisseau. Sa surface pourpre ondulait dans la lumière de l’étoile qu’elle occultait.
Les lueurs de ce lever de Terre inondaient le hall et se répercutaient dans les mille prismes des colonnes, renvoyant les arcs lumineux à travers toute la pièce. Mais bientôt, la planète glissa sur son orbite et la lumière aveuglante de l’astre solaire revint frapper la paroi du dôme. Naturellement le verre s’obscurcit, adaptant la luminosité de la pièce en fonction de la lumière qui filtrait. Et Loan, tout à son observation, ne vit pas qu'Ezhno se déplaçait dans son dos.

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Le Rêve de la Réalité - EN COURS   Mar 6 Mai 2014 - 15:20


LE RÊVE DE LA RÉALITÉ - Maître Husbondi

Aux trials, ce 630e rp.

Loan observa tout cela avec un intérêt nouveau. S’il avait appris l’astronomie en cours et dans les manuels, s’il avait vu cent fois les vidéos de la Terre, il n’avait jamais eu l’occasion de la voir par lui-même.

- C’est beau, n’est-ce pas ? interrogea une voix derrière lui.

Loan reconnut aussitôt la silhouette et la voix de Maître Husbondi. Près de lui, Ezhno, qui s'était déplacé imperceptiblement à égale distance des deux autres, marqua son respect d’un mouvement de tête. Loan devina que ces deux-là se connaissaient depuis bien longtemps et évalua leur relation d'un oeil méfiant. Le Maître s’approcha de la baie vitrée et observa la sphère lumineuse qui apparaissait encore derrière la vitre teintée.

- Vois-tu cette étoile, Loan ? Elle vit depuis des milliards et des milliards d’années. Elle est presque éternelle. Pas tout à fait cependant. Mais elle tourne si lentement sur elle-même qu’elle ne vieillit presque pas. Tu as déjà songé à l’éternité, Loan ?
- Non, répondit le jeune garçon avec une parfaite franchise.
- L’éternité est une chose rare, que tous les hommes ont désirée, que ce soit pour eux-mêmes ou pour les leurs, au nom de leurs actes, de leurs noms, de leur amour, de leurs valeurs ou de leurs idéaux, politiques, religieux, sociaux. L’homme, naturellement, ne supporte pas de voir passer le temps. Alors il voudrait que les choses soient éternelles. Mais elles ne le sont jamais. Rien ne l’est.
- Pas même vous… nota Loan, sur le ton de l’évidence.

Ezhno et Husbondi se regardèrent en silence, appréciant la franchise tranchante et sans détour du jeune garçon.

- Non, pas même nous, répondit doucement Maître Husbondi. Vois-tu Loan, nous sommes ici pour t’aider dans cette quête de l’éternité.
- Qui vous dit que je la veux, votre éternité ? Que voulez-vous de moi ?
- Nous devons te dire qui tu es, intervint Ezhno.
- Je le sais déjà.
- Vraiment, Loan ? Interrogea le Maître en l’observant, un demi-sourire au bord des lèvres. Dans ce cas, tu peux sans doute expliquer mieux que moi ce qui s’est passé lorsque tu t’es battu avec ton petit camarade ? Pourquoi l’as-tu tué ?

La dureté métallique de la voix du Maître ricocha sur le marbre du sol. Il n’y avait plus rien de la bienveillante patience dans le regard d’acier qui était posé sur Loan. Le jeune garçon digéra lentement l’information. Pourquoi l’as-tu tué ? Pourtant, il était sûr de ne pas l’avoir tué. Comment aurait-il pu alors que c’était lui qui était en train de mourir sous l’emprise de son agresseur ? Pourquoi l’as-tu tué ? Comment était-ce possible ? Était-il un assassin ?
* * *

Pourquoi l’as-tu tué ? La question, mordante faisait lentement son effet sur Loan. Ezhno jeta un coup d’œil vers Maître Husbondi. Il comprit, à l’intense réflexion qui figeait les traits de l’homme, que celui-ci était en train de tester le jeune garçon. Tous deux avaient vu la vidéo, ils savaient ce qui s’était passé. Mais l’expression d’horreur qui se peignait lentement sur le visage de Loan indiquait qu’il n’avait pas eu conscience du geste ultime qui avait entraîné la mort de l’autre élève. Ils n’en avaient jamais conscience en réalité. Ezhno le savait parfaitement.

- Alors, Loan ? Interrogea le Maître avec une insistance glacée.
- Je ne l’ai pas tué… gronda le jeune garçon, au désespoir.
- Ah non ?

Sans manifester la moindre émotion, Maître Husbondi appuya sur une commande contre l’un des piliers de verre. Un hologramme jaillit entre eux. Ezhno ne perdit rien des émotions qui agitaient Loan. Il songea avec un pincement au cœur que quelques années plus tôt, c’était lui qui avait été là, tremblant, contemplant la mort qu’il avait donnée et tentant de chasser cette vision d’horreur qu’on lui imposait avec tant de froideur.

À suivre…

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