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 [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE

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Nymphe Ydeil
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MessageSujet: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Lun 13 Sep 2010 - 16:09

[U60] Les Princes d'Éternité II

Note de la RPiste : Cette saga est dédiée aux e-Kolo et au reste de l'univers 60. Elle constitue une suite à la saga Les Princes d'Éternité publiée pour les InF dans l'univers 36.

Épisodes Précédents :
- Prologue
- L'Appel du XIXe corps
- Mentors
- La Cérémonie d'Accueil
- Les Messagers d'Astrée
- La Mort d'Astrée
- La Ville Morte
- Gardiens et Mentors
- Litiges Inutiles
- Colères Muettes
- La Loi du Silence
- Après les Oiseaux Noirs
- Paroles de Gardien
- Mots Interdits
- Départ d'un Gardien

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« À Sionabel, un Rêve sera toujours apporté à ceux qui en font la demande. » [Nymphe Ydeil]
« Certains disent que seule la guerre peut faire de nous des frères. Ceux-là n'ont sans doute jamais essayé d'écrire avec quelqu'un... » [Yuen]
« À six ans, je savais écrire. Mais ici, nous n'écrivons pas. Nous vendons du Rêve. » [red13]


Dernière édition par Nymphe Ydeil le Mer 16 Avr 2014 - 19:37, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Lun 13 Sep 2010 - 16:12




LES PRINCES D'ÉTERNITÉ - Prologue

Aux e-Kolo…

......Depuis des années, nous sommes tous plongés dans les ténèbres. La guerre qui a ravagé la surface de notre monde a amené tant de changement que nous avons tous été bouleversés. Des peuples entiers ont été décimés. Des familles se sont éteintes par milliers, anéanties par les combats et leurs conséquences. À l’aube de la querelle, les Enfers étaient isolés du reste du monde, il y avait entre les deux des barrières puissantes, fortifiées par la magie ancestrale. Les âmes damnées de l’Enfer restaient cantonnées au cœur des sept cercles et les vivants n’avaient aucun contact avec eux.
......Mais notre monde connut la guerre noire, qui opposa les Justes et les Prodromes, conflit idéologique qui nous plongeât tous dans les ténèbres de manière permanente. Les Justes furent contraints de s’exiler sur Astrée, seul îlot épargné par la gangrène de la terreur. Et nous, pauvres humains dénués de pouvoir, nous assistâmes alors à l’escalade de la violence entre les deux camps. Le temps acheva d’effacer, chez les uns comme les autres, toute raison et tout souvenir de causes réelles qui avaient motivé la guerre. Pour y mettre un terme, on ne lésinait plus sur les moyens. On usa de la magie là où les armes ne suffisaient plus, et les sorts, de plus en plus puissants, fusaient, détruisant et anéantissant tout.
......Mais la guerre ne faisait que s’embourber davantage. Alors, l’ultime sort fut lancé. Personne ne sut si son auteur était un Juste ou un Prodrome. On ne vit que les conséquences. Une brèche se créa entre les Enfers et le monde réel, et les âmes damnées envahirent le monde. Les Prodromes cherchèrent à lutter contre ce fléau et, pour la première fois, ils durent s’allier aux Justes. Mais ils furent décimés les premiers. Les uns furent simplement « effacés » par les damnés, tandis que les autres furent possédés et devinrent des ombres noires que l’on nomma les Anathèmes. Ils étaient doués d’une magie si puissante que les Justes ne parvinrent jamais à les repousser au-delà de la barrière infernale. Ils parvinrent cependant à contrôler la faille et à créer un portail entre les deux mondes pour empêcher la venue d’autres âmes.
......Quant aux Anathèmes, désormais privés de solution de replis, ils lancèrent sur le monde une malédiction terrible, liée à une prophétie non moins absolue : La lumière des hommes se gangrènerait jusqu’aux ténèbres et leur monde s’éteindrait, jusqu’à ce que les sept cercles de l’enfer leur soient si doux qu’ils préfèrent être damnés que vivants. Et la tendance s’était inversée, les hommes étaient devenus mauvais, au point que le monde devienne un enfer parallèle. Les Justes, devenus malgré eux les Gardiens des Enfers avaient entrepris de ralentir le processus en veillant sur les villes et les crimes que les Anathèmes inspiraient aux hommes étaient punis d’un séjour aux enfers. Aussi cruel que cela puisse paraître, cela conservait un minimum de calme et de sérénité au sein des villes meurtries.

* * *


......Tout cela, je le sais. Je l’ai appris parce que comme tous les enfants, je suis né et j’ai grandi dans ce climat d’horreur, ma famille a lutté pour survivre et se nourrir. Comme d’autres, j’ai vu mes parents mourir, mes plus jeunes frères ont péri à leur tour dans l’abandon et à la vue de tous dans ces rues froides et grises. Autour de moi, j’ai vu mes compagnons faire comme tous les autres : tuer pour un morceau de pain ou une guenille. Obtenir de quoi vivre. De quoi survivre. Bien sûr, ils avaient appris très tôt la légende des Justes, mais la noirceur des villes les a poussés, comme tout le monde, à tenter leur chance ainsi, parmi ce qu’on appelle les Armées de l’Ombre, risquant de soulever le courroux des Justes à tout moment.
......On avait tous gardé l’espoir fou que la solution existait quand même, là, quelque part entre les murs démunis de nos villes, mais il restait tant à faire et certains perdaient patience plus rapidement que d’autres, malgré tout ce qu’on nous disait sur les Justes. Pour y croire, j’y ai cru dès que j’ai été en âge de les attendre. Je les tenais des Sibylles, ces nourrices qui aidaient les orphelins, les dernières gardiennes de l’espoir et de la Mémoire. Aurora, la plus douée d’entre elles, connaissait toutes ces histoires.
......Comme d’autres, je l’ai vue souvent traverser les corridors froids, dans ce froufrou caractéristique de ses jupes de satin. Je l’ai vu s’arrêter pour essuyer les larmes d’un enfant et, pour le rassurer, lui parler d’Astrée, au pays des Justes. Elle sait mieux que quiconque raconter ce savoir et parler du don des Justes. Elle sait parce qu’elle a endossé à son tour le rôle de ces gardiens de l’Enfer et parce qu’elle cherche elle aussi la solution, comme tant d’autres avant elle. Quand on l’écoute parler, on a tous envie d’y croire, de croire que la paix est de nouveau possible et on a envie de se battre à ses côtés.
......Alors comme beaucoup, je me suis engagé pour la suivre. Je suis devenu à mon tour un Juste parmi les Justes. Nous existons pour faire régner la paix, pour rendre le calme et l’espoir, pour traquer les injustices, les corruptions et les âmes que les Anathèmes ont asservies ou manipulées. Nous n’avons pas d’autres choix que de les punir par l’Enfer. D’un unique sortilège, nous avons le pouvoir d’arracher la vie à une poitrine ou d’expédier une âme au plus profond des sept cercles de l’Enfer pour la purifier et forcer l’Anathème à rompre les liens avec vous. Si vous avez la chance de revenir à la vie, vous resterez marqués pour le restant de vos jours.
......Pourtant, cette menace n’arrête pas les crimes. Je me suis demandé bien souvent ce qui pouvait amener ces âmes jusqu’au crime, mais il n’y a pas d’explication logique, rien que les ténèbres qui règnent sur le monde, les ténèbres de la malédiction des Anathèmes. Les Anathèmes, c’est là tout le problème. Sans eux, le monde tournerait sans doute plus rond et sans eux, nous, Justes, n’aurions pas le dur labeur de veiller sur le monde et de le voir tel qu’il est à présent, morne et sauvage.
......Moi, Dracky, je suis un Juste parmi les Justes. J’ai fait le serment d’affronter les Anathèmes tant que ma vie me le permettra, mais est-ce que ce sera suffisant ? Nul ne le sait. Pas même Aurora qui lutte à mes côtés.

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Lun 13 Sep 2010 - 16:15




LES PRINCES D'ÉTERNITÉ - L'Appel du XIXe corps

Aux trials de ma première session…

......Aurora observa l’horizon qui se veinait d’ocre et d’or. Par-delà la mer, Astrée, la cité des Apprentis, les attendait. Mais quelque chose obscurcissait le ciel, une forme cotonneuse et blanche qui dominait les flots et s’avançait vers eux. Elle avait déjà vu ce nuage, quelques mois plus tôt. Un sourire éclaira ses traits fatigués par le voyage et elle s’accouda à la balustrade du ponton. Oui, quelques milliers d’oiseaux blancs volaient dans leurs directions, porteurs de la bonne nouvelle : le dix-neuvième corps allait être formé. Kakashi héla ses compagnons et désigna le ciel du doigt.

- On va avoir des nouveaux Apprentis très bientôt ! S’exclama-t-il.

......Les autres sourirent à leur tour en observant le ciel. L’arrivée des messagers d’Astrée donnait toujours lieu à de grandes fêtes dans toutes les villes, principalement la capitale. Les jeunes candidats affluaient de partout dans la liesse générale.

- Aurora, tu vas être Mentor ? Demanda AlphaMavrick.


......La jeune femme ne répondit pas immédiatement, laissant un sourire amusé errer sur son visage. Les nouveaux Justes n’étaient pas encore au courant de la décision qu’elle et Kakashi avaient prise. Ils avaient demandé à rejoindre les rangs des mentors depuis une dizaine de jours à présent et la réponse n’allait pas tarder à leur être donnée. Ils attendaient cela depuis longtemps.

- Oui, si les Princes d’Éternité acceptent ma candidature, répondit-elle enfin.
- Ils accepteront miss, j’en suis sûr ! Répliqua Kakashi en calant son sac de voyage sur ses épaules, donnant ainsi le signal du départ.


......Les six Justes reprirent la route vers la capitale, quittant enfin les frontières maritimes pour s’enfoncer vers les terres habitées. Deak’li s’élevait de toutes ses tours et ses contreforts, son architecture complexe et blanche teintée par les couleurs du coucher de soleil. Quelques heures de marche suffirent au groupe pour franchir le pont-levis et pénétrer au cœur de la citadelle.
......Le quartier des Justes était éclairé de mille feux, probablement en l’honneur des Apprentis à venir. Les musiques qui se faisaient entendre à travers les rues laissaient entendre que l’Appel avait commencé à se répandre de ville en ville. À l’aube, déjà, les candidats arriveraient et la folie gagnerait Deak’li. Certains feraient le voyage de nuit, pour être arrivés plus vite. C’était ainsi pour chaque nouveau corps formé et à cette idée, Aurora ne pouvait que sourire.
......Devant l’auberge à laquelle ils avaient décidé de descendre, un homme les attendait. Il portait une cape noire qui le masquait entièrement. Cet homme apostropha Kakashi et lui glissa quelques mots à l’oreille. D’un signe, le jeune homme indiqua aux autres de ne pas l’attendre et s’enfonça dans la nuit derrière son mystérieux interlocuteur. Aurora laissa à ses quatre compagnons le loisir de se ravitailler et monta à sa chambre, la même qui lui avait été donnée quelques mois plus tôt, peu avant son intronisation en tant que Juste. Le temps passait si vite. Un corps entier avait été formé depuis.
......Appuyée à la fenêtre de sa chambre, elle soupira. La jeune femme retraça le parcours de Kakashi dans le champ du pouvoir mental. Elle repéra sa présence au cœur du quartier des Justes, non loin du palais des Conseillers. Il n’y avait aucune crainte en lui, rien qui ne put trahir une identité hostile chez son interlocuteur. Au contraire, le Juste semblait particulièrement joyeux. Il dut sentir l’inquisition de son alliée, car il lui ouvrit presque immédiatement ses pensées.

- Je suis accepté parmi les Mentors ! lui fit-il savoir dans un débordement de joie spontanée.


......Aurora sourit et quitta le champ du pouvoir mental, juste à temps pour sentir l’esprit de Sammakko effleurer le sien.

- Aurora ! Il faut que tu viennes au palais des Conseillers ! Lui indiqua-t-il.


......Elle détecta la malice dans les mots du Prince d’Éternité et répondit sur un ton égal, par jeu :

- Pourquoi ?
- Je ne m’en souviens plus…
- Alors ce n’était pas important, décida-t-elle, espiègle.
- Viens quand même ! Répliqua le Prince avant de rompre le contact.


......La jeune femme soupira. Elle savait bien ce qui l’attendait. La confirmation de Kakashi ne faisait qu'ajouter à ses soupçons. Elle allait être acceptée, elle aussi. Elle allait être mentor. Elle attrapa sa cape, qu’elle avait jeté sur le lit, et dévala les escaliers pour se rendre au palais. En chemin, elle ne put résister à l’envie de contacter Gonoe, son Gardien. Sa joie débordait. Enfin, elle allait guider à son tour les nouveaux candidats, elle allait former le dix-neuvième corps des Justes.

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Lun 13 Sep 2010 - 16:17




LES PRINCES D'ÉTERNITÉ - Mentors

À gh0sty, un Gardien pas comme les autres…

......Le palais n’avait rien d’un palais à proprement parler. Autrefois, les Rois avaient fait construire la bâtisse de pierres blanches comme un bâtiment de réception ou, une fois la semaine, ils recevaient les doléances du peuple. Aujourd’hui, les Conseillers avaient endossé ce rôle et les Rois avaient disparu de la sphère publique. À présent qu’Aurora avait rencontré Khân, elle ne pouvait plus nier l’existence de ces êtres supérieurs, mais elle n’en gardait pas moins une certaine réserve à leur égard, voire une certaine répulsion.
...... Depuis peu, la jeune femme entendait des rumeurs concernant la mort d’Orka et l’avènement de son dauphin sur le trône. Mais combien savaient ce que l’ancien Roi avait fait pour l’Ordre ? Parfois, il avait été considéré comme un protecteur du peuple contre les Justes et leurs crimes sordides et forcément injustifiés. Pourtant, il n’en était rien.

- Tu penses trop miss… constata la voix de Kakashi.
- Moque-toi, sourit Aurora en s’arrachant à ses préoccupations.
- On t’entend penser à cent lieux à la ronde, ajouta-t-il, délibérément moqueur, avant de redevenir sérieux : Alors ? Toi aussi tu as été acceptée ?
- Oui.
- Tu vois, je t’avais dit que tu deviendrais mentor !

......Les deux alliés s’élancèrent ensemble vers le haut des marches du palais. Sammakko et Erraldoiak les attendaient, accompagnés de quelques Mentors et Gardiens, les premiers arrivés à Deak’li pour accueillir les candidats. Dracky, Karaliene, Dhuma, Tolo et Blue Angel étaient les seuls Mentors présents. Sammakko salua Aurora.

- Sois le bienvenue parmi les Mentors, annonça-t-il.

......Le motif des Mentors vint se graver sur la poitrine et les épaules de la jeune femme en filaments d’or, tracés par le doigt expert du Prince. Et ce fut tout. Elle avait été nommée Mentor, presque sans cérémonie, au beau milieu de la nuit. On la félicita avec réserve, les Mentors lui donnèrent accès au niveau de conscience supérieur qu’ils partageaient et l’on se donna rendez-vous pour le lendemain.
......Aurora ne mesura pas immédiatement la fatigue qui tirait les traits des autres mentors. Il n’était plus question du faste des grands jours, ni de la joie dans laquelle le dix septième corps avait été créé. Les récents événements avaient profondément marqué l’Ordre et les pertes étaient nombreuses, tant du côté des Justes que des Mentors. Hormis Aldiz, tous les Mentors étaient là. Ils n’étaient plus que cinq. Si peu… constata enfin Aurora, comprenant du même coup l’accueil fatigué qui lui avait été fait.
...... La jeune femme fit le chemin du retour en discutant avec Kakashi. Tous deux partageaient la même vision du travail de Mentor et avaient compris la lassitude de leurs aînés. L’absence de directives troublait cependant Aurora. Elle n’osait l’avouer à son compagnon, qui était doté d’une assurance qu’elle n’estimait pas avoir. Elle ignorait s’il était de leur devoir, en tant que nouveaux venus, de participer à la cérémonie d’accueil qui aurait lieu le lendemain. Et s’ils devaient le faire, comment devraient-ils procéder ? Le leur dirait-on ?
...... La jeune femme se souvenait du Temple des Âmes, à Astrée. Stormbringer et Gonoe y avaient fait pression sur son esprit pour juger la pureté de son âme et de sa conscience. Saurait-elle faire la même chose sur les centaines de jeunes aspirants qui afflueraient le lendemain ? Elle ignorait seulement la façon de le faire, en dépit des nombreuses visites que Sammakko, Khân ou les Anathèmes et Sorgins avaient pu rendre à son esprit. Il ne lui restait que la mémoire mère des Mentors, qu’elle allait devoir explorer en espérant y trouver quelques directives.
...... L’arrivée à l’auberge ne laissa plus le loisir à la jeune femme de douter de ses capacités. AlphaMaverick, Lord Stormhead et Poukram veillaient encore dans l’intention manifeste d’obtenir des informations sur la fuite de leurs deux camarades.

- Où étiez-vous passé ? Interrogea AlphaMaverick.

......Puis, son regard aperçut les dessins d’or sur la poitrine des deux nouveaux mentors et sa bouche dessina un « o » muet, tandis que son visage exprimait la plus profonde exaltation. Il se tourna vers Poukram et Lord Stormhead, mais les deux autres souriaient déjà, ayant remarqué le changement chez les deux jeunes Justes. À l’auberge, les félicitations furent bien plus chaleureuses qu’au palais. Étreintes et exclamations vinrent saluer le nouveau grade des deux alliés.

- Au fait, Gonoe est arrivé, annonça finalement Lord Stormhead à l’intention de son aimée. Il doit t’attendre.

......Celle-ci eut un sourire ravi et s’élança sans attendre à l’assaut des escaliers. Sur le palier plongé dans l’obscurité, la porte de l’une des chambres était entrouverte, laissant glisser un fin rayon de lumière sur les lames du parquet. Aurora devina la présence de son Gardien et ami derrière la porte et poussa doucement le battant. Gonoe était là, accoudé à un pupitre de bois inconfortable sur lequel il rédigeait une de ces lettres dont il avait le secret.
......Sans bruit pour ne pas révéler sa présence trop tôt, la jeune femme traversa la pièce sur la pointe des pieds et se pencha doucement au-dessus de l’épaule de son maître.

- Bonsoir à toi aussi, déclara-t-il d’un ton égal, tout en continuant à écrire.

......Le rire d’Aurora lui répondit.

- Tu triches, le gourmanda-t-elle en plaquant un baiser sur sa joue. Tu es arrivé quand ?
- Hier… répondit Gonoe en reposant enfin sa plume pour observer sa protégée.
- Hier ? Mais tu ne devais arriver que dans trois jours !
- Lord Stormhead m’avait prévenu du jour de votre arrivée, alors je suis arrivé avant pour te faire la surprise. Je me disais que tu l’aurais compris avec ma dernière lettre, expliqua-t-il avec le sourire.
- Non, je m’attendais toujours à ce que tu arrives dans trois jours ! Je n’ai rien vu venir. Mais je suis contente que tu sois là. Et au fait, ils m’ont acceptée comme Mentor !
- Comme c’est étrange hein ?

......La malice faisait briller le regard de Gonoe et Aurora lui rendit son sourire, fronçant son joli nez du plaisir de retrouver son Gardien. Elle tira à elle un tabouret et s’installa près de lui à la table, dos au mur. La nuit promettait encore d’être longue : les deux amis avaient beaucoup à se dire.


À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Lun 13 Sep 2010 - 16:18




LES PRINCES D'ÉTERNITÉ - La Cérémonie d'Accueil

À celui qui manque à mon âme esseulée...

......Le jour était levé depuis longtemps lorsqu'Aurora prit la route du palais. Elle et Kakashi avaient peu ou pas dormi, Aurora ayant passé la nuit à discuter avec son mentor, Kakashi ayant été occupé à se préparer à son nouveau rôle. Il avait exploré la Mémoire avec d'autant plus d'attention que, comme son alliée, il s'était rendu compte du peu de ressources mises à leur disposition par les Mentors eux-mêmes. Il était parti un peu avant l’aube et elle avait attendu l’appel de Sammakko pour prendre à son tour le chemin du palais, ne quittant Gonoe qu’à regret.
......Lorsqu’elle arriva, les sélections avaient déjà commencé. Kakashi se faufila à travers la foule pour venir à sa rencontre et ils escaladèrent ensemble les marches de l’estrade.

- J’ai déjà commencé, souffla le jeune homme. C’est facile comme tout, mais il y a des candidats plus…

Il hésita sur le mot approprié.

- … plus sérieux que d’autres ? Compléta Aurora avec un sourire.
- Oui, pouffa-t-il.

Ils savaient tous les deux ce qu’il en était. Ils avaient vu les Mentors désabusés par le peu d’application de certains Apprentis lors de la création du XVIIe corps et par la légèreté de nombreux autres lors de la cérémonie d’accueil du XVIIIe corps. Pourquoi aurait-ce été différent à présent ? Il n’y avait aucune raison que ça le soit. Parmi la foule, il y aurait ceux qui venaient là par curiosité, sans savoir réellement ce qu’impliquait la lourde tache des Justes, et ceux, très rares, qui avaient réellement la vocation.
......Aurora se glissa près de Dracky tandis que Kakashi s’éloignait pour rejoindre les candidats et reprendre sa tache.

- Ça fait longtemps que s’est commencé ? S’informa-t-elle après avoir salué le Mentor.
- Un moment, oui, répondit-il pensivement.
- Comment évalue-t-on les candidats qui sont dignes de nous rejoindre ?

Le Mentor haussa les épaules, comme si la réponse était évidente. Question de jugement sans doute, mais Aurora, comme toujours, doutait d’elle et craignait de ne pas avoir assez d’expérience pour juger adéquatement de ce genre de choses. Près d’elle, Dracky semblait peu enclin à répondre et le lui faisait savoir par un silence borné. Durant quelques minutes, ils observèrent ensemble la ligne des jeunes gens qui avançaient vers les marches du palais. Le soleil était déjà haut dans le ciel, et certains s’en cachaient derrière les chapeaux colorés d’un marchand ambulant opportuniste.
......Aurora se décida enfin à s’avancer à son tour, malgré ses peurs de se trouver seule pour évaluer les postulants. Près d’elle, Kakashi se débrouillait déjà, sondant les esprits comme s’il avait exercé ce rôle toute sa vie. Karaliene l’aperçut et l’invita à la rejoindre un peu plus loin sur la gauche.

- Je vais te montrer, nous allons prendre un candidat ensemble.
- Je te suis et je fais comme toi ?
- Non, vas-y et je te corrigerai au besoin, répondit patiemment la femme.

Sa douceur mit Aurora en confiance. Jetant un dernier regard vers Kakashi pour imiter ses gestes, elle appela le prochain candidat et le fit monter devant elle. Tandis qu’elle se présentait selon le cérémonial d’usage, elle sentit la présence mentale de Dhuma frôler ses pensées. Après la mort de Confucius, le Père, elle avait été chargée de planifier le conditionnement moral des jeunes Apprentis, avec l’aide de Karaliene.

- Si tu as besoin d’aide, fais nous le savoir, souffla la conscience de la femme.

Mais Aurora s’était déjà élancée. Son esprit volait vers celui du candidat. Il s’appelait Kiks, était venu de loin pour participer aux sélections qui auraient lieu ce jour-là. Elle évalua ses connaissances de l’Ordre des Justes, puis, comme Stormbringer et Gonoe l’avaient fait sur elle, elle exerça son pouvoir pour contrôler les pensées de jeune homme. Karaliene, toujours près d’elle, la laissa faire, appréciant simplement ses capacités à se débrouiller seule. Kiks repoussa aisément ses tentatives pour annihiler son esprit. Sa force mentale était audacieuse et impétueuse, quoi qu’encore mal canalisée, mais il promettait beaucoup.
......Lorsqu’elle relâcha sa pression sur l’esprit du jeune homme, Aurora eut un sourire ravi. L’intuition. Voilà ce qui lui permettrait avant tout de choisir les futurs Apprentis. Près d’elle, Karaliene hocha la tête d’un air satisfait et lui sourit.

- Très bien, tu te débrouilles parfaitement bien. Tu veux que je reste encore à tes côtés pour les prochains ?
- Non, ça ira.

La réponse était franche et sincère. Aurora se sentait prête et était pleinement rassurée de savoir qu’elle maîtrisait la cérémonie. Un peu plus loin, Kakashi renvoya à son tour le candidat qu’il venait d’évaluer et les deux alliés échangèrent un regard. Leurs yeux pétillaient de plaisir. Ils étaient mentors, exerçaient pleinement leur rôle et adoraient le faire. D’un même geste parfaitement maîtrisé, ils appelèrent de nouveaux candidats et le manège reprit, encore et encore, jusque tard dans la nuit.
......Les festivités reprirent dès que les Mentors interrompirent leurs examens. Les rues de la Cité s’étaient parées de lumière. Des cracheurs de feu émerveillaient les enfants, des femmes aux tambourins dansaient aux balcons, des musiciens donnaient le rythme à cette fête. On lançait des pétales de fleurs en l’air et de petits cercles se formaient sur les places. Un combat s’était improvisé entre Sammakko et Stormbringer. On les éclairait au flambeau pour mieux observer l’art qui était le leur. Le torse luisant, ils luttaient à mains et pieds nus, le regard rendu brillant par l’excitation du jeu.
......Les hommes et les femmes les acclamaient. On riait, on buvait et on célébrait les futurs Apprentis dans la bonne humeur. On se bousculait et on dansait également. Plusieurs fois, Kakashi et Aurora furent hélés, on leur réclamait des histoires, comme à tous les Mentors, ceux qui les connaissaient les félicitaient pour leur nouveau rang et parfois, un candidat venait leur demander quand se ferait le départ pour Astrée. Astrée, terre de légende. La fête qui battait son plein la célébrait, oublieuse des récents événements, oublieuse du danger qui rôdait toujours. S’ils avaient su, peut-être auraient-ils eu un tout autre comportement. Mais le péril profitait de leur ignorance et se tapissait dans l’ombre, si près d’eux.

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Mar 14 Sep 2010 - 22:54




LES PRINCES D'ÉTERNITÉ - Les Messagers d'Astrée

À Villas et aux tritris…


......Toute la nuit, on célébra Astrée. Puis, à l’aube, le manège des Mentors reprit. Sollicités de toutes parts, ils n’arrêtaient pas une seule seconde. Côte à côte, Kakashi et Aurora enchaînaient sans faillir les évaluations des esprits. Comme ils s’y attendaient, il y avait de tout, du candidat le plus motivé, à la force mentale inébranlable, au postulant arrogant, que seule la gloire des Justes intéresse. Au courant de la journée, un nouveau mentor gagna leurs rangs, mais Aurora n’eut pas le loisir de faire sa connaissance. Il restait encore trop de candidats à évaluer.
......Les Mentors ne purent souffler qu’en fin d’après-midi. Encore n’eurent-ils que l’occasion de se concerter sur les potentiels apprentis qu’ils formeraient. Enfin, le moment tant attendu où Erraldoïak, dernier Prince d’Éternité, mit fin à leur entretien et où Mikyle voulut prendre la parole pour annoncer la Juste Décision aux candidats arriva. Sur la place ensoleillée, le silence se fit. Le Prince leva ses paumes vers les cieux en un geste solennel et s’apprêta à énumérer les noms de ceux qui allaient obtenir le droit de former le XIXe corps des Justes. Mais pas un mot ne franchit ses lèvres.
......Ses yeux s’agrandirent et avec les siens, ceux de tous les Justes qui faisaient partie de l’assemblée. Là-haut, dans le ciel, des milliers d’oiseaux apparurent : les messagers d’Astrée. Mais ils n’étaient pas blancs, ils étaient noirs. Et dans le champ du pouvoir mental, seul le silence pouvait être perçu. Aurora tenta d’entrer en contact avec Kakashi, puis Dracky, mais rien. Le néant. Comme beaucoup d’autres, elle eut un instant de panique à l’idée d’avoir perdu ses facultés de communication. Puis, elle échangea un regard avec Kakashi qui secoua la tête. Lui non plus ne recevait plus rien.
......Instinctivement, les Justes et les Mentors resserrèrent leurs rangs alors qu’ils étaient dispersés à travers toute la place. Autour d’eux, la foule inquiète commençait à comprendre que quelque chose de grave était en train de se produire. Mikyle s’était écarté pour rejoindre précipitamment les autres Princes.

- Les Sorgins ? S’informa Dracky.
- Non, les Anathèmes, répondit Sammakko.

......Pour la énième fois, Aurora s’étonna de son calme et de la rapidité avec laquelle il analysait la situation. Elle jeta un regard vers le ciel et vit les oiseaux se rapprocher à une vitesse folle.

- Ils vont attaquer, comprit Kakashi en même temps qu’elle.
- Il faut prévenir la foule, ajouta Aurora.
- Réunissez les futurs Apprentis et préparez-les à un départ immédiat, ordonna Sammakko.

......Kakashi sauta immédiatement à bas de l’estrade, suivi par son alliée et un par un, ils prévinrent les Apprentis, les invitant à rejoindre le groupe des Justes. Les Mères Initiatrices créaient déjà le portail d’or et comme toujours, Aurora espéra qu’il mènerait à Astrée.
......Rapidement, les oiseaux noirs furent sur eux, bec et serres en avant. Leurs ailes de jais superbes masquèrent les cieux et la lumière du jour. Les citadins effrayés se poussèrent, trouvant refuge qui sous les auvents des boutiques, qui sous des porches ou à l’intérieur des bâtisses. Les Justes firent face avec ce suprême affront qu’ils avaient toujours eu et dont ils avaient fait preuve lors des derniers affrontements. Mais cette fois-ci, ils furent lents, la fatigue et l’anéantissement de leurs pouvoirs les engourdissant plus qu’ils ne l’auraient sûrement voulu.
......AlphaMaverick et Lord Stormhead aidèrent les Mentors à protéger les futurs apprentis qu’on avait réuni tant bien que mal autour de Karaliene et Dhuma. Des groupes se formèrent à la hâte tandis que les cinq Princes d’Éternité invoquaient un bouclier d’énergie pour repousser temporairement l’attaque des oiseaux furieux qui plongeaient depuis le ciel. Dracky partit le premier en compagnie de cinq Apprentis, puis Tolo et Blue Angel.
......Enfin, ce fut le tour des jeunes Mentors. Il ne restait déjà plus qu’une dizaine de futurs Apprentis autour d’eux. Alors les cris des oiseaux se firent plus agressifs, leurs attaques plus futées à mesure qu’il comprenaient que leurs proies leur échappaient. Les Justes suppléèrent les Princes pour leur permettre la fuite et attaquèrent à leur tour, lançant des sorts pour atteindre les créatures malveillantes.
......Kakashi partit le premier et Aurora s’apprêtait à le suivre lorsqu’elle aperçut la faille qui se créait dans le bouclier. Elle cria, mais il était déjà trop tard. Le portail l’entrainait déjà vers ailleurs tandis que derrière elle, la protection créée par les Princes cédait. Les oiseaux s’engouffrèrent sous le dôme et fondirent sur Sammakko et Kiks qui se tenaient encore en dessous. Dans un geste irréfléchi et spontané, AlphaMaverick bondit et voulut attaquer les messagers noirs avant qu’ils ne s’en prennent à ses deux alliés. Trop tard, trop vite.
......Tout ce qu’Aurora vit avant d’être transporté de l’autre côté du portail fut le visage effrayé de son ami. Quelques secondes plus tard, Sammakko et Kiks franchissaient à leur tour la surface d’or. Seuls...

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Jeu 16 Sep 2010 - 16:41




LES PRINCES D'ÉTERNITÉ - La Mort d'Astrée

À Raolivi…

......Aurora fut projetée à quelques mètres à l’extérieur du portail. Dracky la réceptionna tant bien que mal pour lui éviter la chute tandis que Sammakko et Kiks passaient à leur tour la barrière d’énergie. Puis le cadre d’or disparut. Et la jeune femme comprit, avec une seconde de retard, qu’AlphaMaverick n’apparaîtrait pas, que Lord Stormhead et tous les autres Justes étaient coincés à Deal’Ki alors qu’elle était bien en sécurité de l’autre côté du portail. Affolée, elle se précipita vers Sammakko.

- Où est AlphaMaverick ? Il faut qu’on recrée le portail, qu’on l’aide !

Le Prince fronça les sourcils et d’un signe, chargea Mikyle de s’occuper de Kiks. Il entraîna immédiatement Aurora à l’écart du groupe.

- Il va bien, ils vont tous bien. Les messagers n’en voulaient qu’à nous.
- Que s’est-il passé ? Demanda la jeune femme, à peine calmée.
- Les Anathèmes ont entièrement pris le contrôle d’Astrée. Nos messagers sont désormais des armes entre leurs mains.

Aurora hésita à poser d’autres questions. Elle comprenait à l’expression du prince qu’il n’y avait pas matière à s’inquiéter. Il affichait une sérénité exemplaire et son attitude froide et réservée l’incitait à se taire au lieu de lui exposer les motifs de ses inquiétudes. Dracky et Kakashi quittèrent le groupe pour les rejoindre. Le Prince le salua l’ancien Mentor d’un mouvement de tête grave.

- Va devant avec eux et explique-leur, commanda-t-il avant de retourner auprès des futurs Apprentis.

Dracky hocha la tête et entraîna ses deux cadets avec lui sur le sentier qui descendait dans la vallée. Alors, Aurora se rendit compte qu’ils n’étaient pas sur les terres d’Astrée. Ils étaient bel et bien restés sur la terre ferme. Restait à savoir où exactement. Mais pour l’heure, il y avait plus important.

- Il s’est passé quoi ? Interrogea encore la jeune femme.
- Je pense qu’Astrée est tombée cette nuit. Les Anathèmes ont dû détruire le Temple des Âmes.
- C’était déjà fait depuis longtemps non ?
- Le Bâtiment était partiellement détruit, oui, mais la source d’énergie qui se trouve sous le temple n’avait pas encore été atteinte. C’est chose faite visiblement.
- Pour nous, ça signifie quoi ?
- Rien. À part qu’Astrée ne sera plus jamais nôtre.
- Nous pouvons nous battre, protesta Aurora.

Dracky haussa les épaules. Non, il n’y aurait pas de bataille. Les Justes ne s’étaient pas battus pour conserver les terres après la première attaque, plusieurs mois auparavant. Ils ne lutteraient pas davantage. Pour la énième fois, Aurora ne saisit pas la subtilité de la chose. Elle voyait seulement que ses aînés avaient choisi de placer leurs priorités ailleurs, un ailleurs qu’elle n’acceptait pas encore. Son esprit combatif et son désir de voir la gloire du passé ressurgir l’empêchait de concevoir cette fuite de la part des Princes d’Éternité.

- Nous allons probablement essuyer plus d’attaques à partir de maintenant, ajouta sombrement Dracky.

Kakashi eut un reniflement dubitatif.

- Ça tombe bien, on n’en avait plus depuis longtemps, grogna-t-il, délibérément moqueur.
- Et pour Alpha ? Interrogea encore Aurora.
- Les Messagers voulaient les Princes. Je doute qu’ils aient poursuivi l’attaque après leur départ, répondit évasivement Dracky.

Aurora ne répondit pas immédiatement. Elle songea à l’attaque qu’avait subie le temple lorsqu’elle était venue en tant que simple candidate sur la terre des Justes. Depuis lors, Astrée n’avait plus jamais été la même et les Justes n’avaient plus jamais formé leurs apprentis sur cette terre de légende. Ils avaient fuit devant l’attaque des Anathèmes, encore une fois.
......Ln réalité, elle le savait, il n’y avait eu un seul affrontement réel entre Justes et Anathèmes, mais cet affrontement avait été d’une telle violence que la face du monde en avait été changée à jamais. Les Justes avaient essuyé de telles pertes qu’à présent, la colère et la tristesse assombrissaient leurs traits dès qu’ils évoquaient le souvenir de cette période. Avec un pincement au cœur, Aurora songea que c’était peut-être là la preuve d’une faiblesse de la part des siens. Peut-être fallait-il en tirer une leçon : ils n’étaient pas assez puissants pour faire face à leurs rivaux.

- Ne t’inquiète pas, Miss, je suis sûr qu’AlphaMaverick va bien, argua Kakashi, qui avait suivi l’inquiétude sur le visage de la jeune femme.

Dracky hocha la tête.

- Si les Princes ne sont pas intervenus, c’est qu’il va bien. Ce n’est pas dans leurs habitudes de laisser l’un des nôtres en danger. Et n’oublie pas que Gonoe est resté de l’autre côté. Il est entre de bonnes mains.

C’était vrai. Gonoe était présent dans la foule et il avait toujours protégé comme ses propres enfants les Justes dont il avait la garde. Alpha en faisait partie. Kakashi posa sa main sur son épaule et la pressa amicalement.

- Il a été inconscient, mais tu verras, je vais aller botter le derrière de ces piafs s’ils lui ont fait du mal !

Un sourire éclaira enfin le visage de la jeune femme. Après tout, ils étaient ensemble, c’était tout ce qui comptait et AlphaMaverick n’était pas seul de l’autre côté de la barrière. Tant que ce lien existerait entre les membres de l’Ordre, les Anathèmes pourraient bien tenter tout ce qu’ils pourraient, mais ils ne vaincraient pas. C’était ça, la force réelle des Justes : l’unité. Alors Aurora releva la tête. Face à elle, Zéessa, la ville des terres mortes, le nouveau refuge de l’Ordre.

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Dim 19 Sep 2010 - 13:46




LES PRINCES D'ÉTERNITÉ - La Ville Morte


À Dracky et Kakashi…

......Derrière Sammakko et Kiks, le portail s’était refermé en créant un souffle d’air puissant. Les oiseaux, un instant déstabilisés dans leur vol, furent repoussés sans ménagement par les Justes en colère. Gonoe et Lord Stormhead firent front pour défendre AlphaMaverick et rapidement, les créatures ailées battirent en retraite. Leurs cibles leur échappaient, leur but ne pouvait donc être atteint. Ils abandonnèrent et s’enfuirent à tir d’ailes. Les citadins horrifiés n’osèrent d’abord pas se risquer à l’extérieur, puis, quelques-uns donnèrent l’exemple.
......Une vieille femme apporta à AlphaMaverick de quoi nettoyer son visage que les oiseaux avaient mis en sang. Une blessure, au sommet de son front, saignait encore abondamment. Deux autres Justes avaient été légèrement blessés. Quelques femmes leur offrirent de l’eau et quelques biscuits et fruits en guise de réconfort tandis que des hommes grondaient leur incompréhension.

- Ce n’est pas normal que des choses comme ça puisse arriver dans nos villes ! Jugeait le premier.
- Comment osent-ils attaquer les Justes ainsi ? Lança un autre.
- Les Justes laissent faire ! Ils ne font rien, critiqua un troisième, sans se soucier d’être entendu de ceux qu’il défiait ainsi. Oh, vous pouvez bien créer un portail pour m’envoyer en enfer, je m’en moque ! Je dis simplement la vérité : vous ne servez à rien !

......Un silence gêné répondit. La colère des citadins était légitime. Les attaques étaient devenues si nombreuses qu’il était impossible d’être en paix. Si certains comprenaient le rôle des Justes, d’autres ne réalisaient tout simplement pas que les Anathèmes puissent encore exister. Pourtant, les membres de l’Ordre qui avaient entendu ces critiques évitèrent de répondre. La loi du silence les obligeait à se taire devant pareille remarque. Se justifier n’aurait servi qu’à envenimer les choses et la meilleure défense était encore le mutisme.
......Certains prenaient ce manque de réaction pour un acte de lâcheté, tandis que d’autres y voyaient une sagesse profonde et ancestrale, héritée de la vieille tradition d’Astrée. Quant aux Justes eux-mêmes, ils prenaient sur eux, bien que ce sempiternel rabaissement soit souvent difficile à supporter pour les plus jeunes d’entre eux. Soucieux d’épargner d’autres critiques à ceux dont il avait la garde, Gonoe entraîna AlphaMaverick et Lord Stormhead avec lui et quitta la place sans attendre. Dans le ciel, il n’y avait déjà plus la moindre trace des Messagers d’Astrée.

* * *

......Zéessa était l’une des plus vieilles villes du continent. C’était le dernier vestige de civilisation à des kilomètres à la ronde. Ses hauts architectures de pierres cuivrées, ses bâtiments aux toits pyramidaux ou en dôme lui donnaient l’air d’une vieille cité orientale.

- On est où exactement ? Demanda Aurora en admirant les superstructures désertes au cœur desquelles ils venaient de pénétrer.
- À Zéessa, au nord-est de Deal’Ki, bien au-delà des terres de Golyam, répondit Dracky.
- Zéessa ? Demanda Kakashi, surpris. La ville où…
- Oui, approuva l’ancien Mentor.

Ils continuèrent à avancer dans un silence respectueux. Depuis des années, Zéessa était abandonnée. C’était sur ces terres que les Prodromes et les Justes s’étaient affrontés, des décennies plus tôt, sur ces terres encore que la brèche avait été ouverte et que les Anathèmes avaient pris possession du monde. Dernier bastion de la résistance, ville conquise tour à tour par les uns et les autres, Zéessa avait pâti de ces batailles incessantes, mais elle avait aussi gagné l’énergie qui l’immunisait contre les ravages du temps.
......Aujourd’hui, elle se dressait encore, immuable symbole des événements qui avaient pourtant bouleversé la face du monde. C’était ce refuge qu’avaient choisi les Princes d’Éternité pour accueillir l’imprégnation d’un nouveau corps, de nouveaux Apprentis.

- Ce n’est pas dangereux de faire ça ici ? Demanda Aurora. Nous sommes sous la faille…
- Oui et c’est principalement pour ça que les Princes l’ont choisie, répondit Dracky. C’est le dernier endroit où ils nous chercheront, justement parce que nous prenons un risque incalculable en venant ici.
- Qu’adviendra-t-il s’ils nous découvrent ?
- Ils ne nous découvriront pas tant qu’ils sont occupés à prendre possession des terres d’Astrée, répondit la voix de Sammakko dans leur dos.
- Sauf bien sûr si l’un de nous trahit la loi du silence, nota Dracky avec sagesse.

Sammakko hocha la tête tandis qu’Erraldoïak passait près d’eux en compagnie des Apprentis.

- À ce propos, réunion des Mentors et des Gardiens au crépuscule dans la salle commune du manoir. Dracky, viens avec moi, ordonna Sammakko.

......Les trois Mentors approuvèrent d’un signe de tête et le Prince entraîna Dracky vers les hauteurs de la ville. En attendant le coucher du soleil., Kakashi et Aurora emboîtèrent le pas à Erraldoïak. Avec l’aide des Mères Initiatrices, ils installèrent les Apprentis dans les bâtiments qui longeaient le manoir. Il était préférable que ce dernier n’abrite que les cérémonies, les cours ou les réunions, ainsi que les Princes d’Éternité.
......Les Gardiens, qui devaient arriver plus tard, seraient logés dans la tour nord, tandis que les Mentors occuperaient les quartiers sud. Ces décisions prises, on se dépêcha de les mettre en application. Les Apprentis, dont l’attaque des Messagers n’avait pas entamé l’enthousiasme, mirent la main à la tâche de bon cœur. Aurora et Kakashi, les plus jeunes Mentors, étaient naturellement sollicités, leurs benjamins débordant de questions en tout genre. Ils y répondirent de bon cœur, jusqu’à ce que Karaliene leur signale que le soleil se couchait.
......En remontant vers le manoir, Aurora songea avec émotion aux Apprentis. Elle n’avait pas encore eu le temps de faire leur connaissance, mais ceux qu’elle avait fait passer à travers le portail d’or avec elle lui paraissaient déjà prometteurs.

- Je me demande quels Apprentis on nous attribuera, dit-elle à Kakashi en franchissant la porte de la salle commune.
- Tu n’es pas au courant ? Il n’y a plus de Mentors particuliers.
- Depuis quand ? S’étonna la jeune femme.
- Deux jours. Ils en ont parlé au début de la Cérémonie d’Initiation, répondit Kakashi en s’asseoir à la table centrale où étaient déjà attablés Dhuma et Tolo.

Aurora blêmit, mais ne répondit pas. Elle alla s’installer un peu plus loin, près de Stormbringer.

- Tu étais au courant que les Mentors particuliers avaient disparu ? Demanda-t-elle.
- Inutile pour inutile, répliqua-t-il, seulement, cynique.

La jeune femme, consternée, comprit alors que son rêve de pouvoir prendre des Apprentis sous son aile venait de s’effondrer. Ce fut sa première déception en tant que Mentor. Mais pas la dernière.

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Dim 19 Sep 2010 - 13:49




LES PRINCES D'ÉTERNITÉ - Gardiens et Mentors


À Neosiris et Thurin’Turambar !... et Nutella, même s’il mérite pas ^^

......La porte claqua dans le dos d’Aurora et Stormbringer. La jeune femme se retourna vers les nouveaux arrivants. Sammakko et Erraldoïak encadraient Dracky et les Gardiens suivaient. Un murmure étonné salua leur entrée. Il n’était pas prévu que les Gardiens arrivent si tôt à Zéessa et quelque chose avait changé chez Dracky. Sur sa poitrine, le symbole des Justes n’était plus orange, mais pourpre, comme celui des Gardiens.

- Il a été nommé à la place de Confucius le Père, murmura quelqu’un sur la droite d’Aurora.
- Quelle drôle d’idées, il n’a pas les compétences.
- Décisions des Princes…

Dans le silence qui répondit, Gardiens et Princes s’installèrent autour de la table. On observait Dracky avec curiosité, mais Aurora décelait également de la jalousie et de la suspicion. Le choix des Princes était manifestement incompris, d’autant que Confucius avait apporté énormément à l’Ordre et que sa place était lourde de responsabilités.

- Ce soir, l’Ordre des Justes accueille un nouveau Gardien, annonça Sammakko. Blarka, ancien fils d’Urvakan, a accepté de reprendre à sa charge la garde des Justes qui sont affiliés à Jakituria, anciennement terre de Confucius, Père Initiateur. Sois le bienvenu.

Dracky salua l’allocution d’un signe de tête et des applaudissements polis, certains beaucoup plus sincères que d’autres, s’élevèrent. Puis, la réunion débuta. Les Princes d’Éternité proposèrent de changer la façon dont on procédait jusqu’ici pour imprégner les Apprentis, mais le manque de motivation, la fatigue des attaques passées laissaient à tous un arrière goût amer et bien peu nombreux furent ceux qui s’impliquèrent vraiment.

- Ce n’est pas pour ces Apprentis qu’il faut changer les choses, mais pour le prochain corps, jugea Aurora.
- Non, nous pouvons le faire maintenant, répliqua Dhuma, mais il faut que chacun y mette du sien.
- Je ne vois pas ça fait, murmura Stormbringer.
- Moi non plus, soupira la jeune femme en reprenant sa place.
- Ils veulent tout changer, mais sont pires que des poules sans têtes. J’ai déjà proposé tout un tas de changements, on m’a renvoyé dans mes pénates.
- Quand est-ce que tu as fait ça ?
- Avant que tu n’arrives.
- Tu avais proposé quoi ?

En silence, Stormbringer glissa un document en direction d’Aurora. Y étaient notés toutes ses idées. La plupart était très bonnes et elle le lui fit remarquer dans un chuchotement.

- Oui, mais ça implique de faire travailler les Gardiens, de leur demander un investissement dans l’imprégnation. Et ça, autant demander la lune.
- Pourquoi ? Ils sont aussi concernés que nous, non ?
- Tu trouves que nous n’en faisons pas assez comme ça ? Demanda Gonoe qui était assis de l’autre côté d’Aurora.

Stormbringer haussa les épaules avec un sourire moqueur. Aurora hésita. Elle aurait aimé proposer elle aussi l’implication des Gardiens, mais le brouhaha qui régnait dans la salle l’en empêchait et elle n’osait pas encore prendre la parole. Les idées fusaient d’un peu partout, la plupart rejetées ou longuement discutées.

- Si tu proposes ça, tu vas te faire écraser comme moi, l’avertit Stormbringer.

À son tour, elle eut un mouvement qui prouvait sa désinvolture. Elle le ferait, parce qu’elle estimait les idées de son allié justes et qu’elles méritaient d’être défendues au même titre que les autres.

- Pourquoi ne pas inviter les Gardiens à participer à cette Imprégnation en tant que membres expérimentés de l’Ordre ? Demanda-t-elle enfin en se levant. Pourquoi ne pas impliquer davantage les Apprentis en leur permettant de découvrir ce que nous faisons nous, directement sur le terrain, et non pas en nous contentant de leur apprendre comment utiliser les sorts ?
- Ça ne marchera pas, chuchota Gonoe.
- On verra plus tard, répondit seulement Sammakko, sans même lui jeter un regard.

Et la discussion reprit de plus belle, sur une autre idée. Choquée, Aurora reprit sa place et se borna à secouer la tête et à plonger dans un mutisme vexé. Elle s’était attendue à des contestations, à ce qu’on refuse, mais pas à ce qu’on ignore tout bonnement sa proposition.

- Tu vois, nous sommes inutiles, murmura Stormbringer. Si tu observes le fonctionnement de cette assemblée, ce sont les Gardiens et les Princes d’Éternité qui vont décider et nous, nous allons nous plier aux décisions. Je te l’ai dit, il est inutile de se battre. Laisse-les faire, quand ils auront fini leur sauce, ils nous préviendront.
- Je ne me bats pas pour eux, je me bats pour les Apprentis, répliqua Aurora. C’est pour eux qu’il faut continuer à lutter.
- Inutile, je te l’ai dit.

La jeune femme eut une moue boudeuse. En face d’elle, Dracky l’observait. Il unissait les deux responsabilités, comme Confucius avant lui : Gardien et Mentor à la fois. Pourtant, il ne disait rien, comme si tout cela ne le concernait plus. Et en réalité, ils étaient plusieurs à se taire, comme ci toute cette mascarade, ces discussions interminables et houleuses ne servaient finalement à rien. Alors Aurora fit comme eux, elle se tut, à défaut de pouvoir être écoutée, mais sa fierté, autant que sa motivation et son envie d’aider, en souffrirent d’autant plus qu’elle doutait encore d’être à sa place parmi cette assemblée blasée et démotivée.

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Dim 19 Sep 2010 - 13:54




LES PRINCES D'ÉTERNITÉ - Litiges Inutiles


À FroGgyMan, tu sais pourquoi !

......Plus la soirée avançait, plus les changements opérés pour l’Imprégnation étaient nombreux et plus Aurora partageait le scepticisme de Stormbringer sur l’avenir des Mentors et leur utilité au sein de l’Ordre. Il n’était plus question des Mentors particuliers et l’idée lui était déjà inconcevable. Mais le nouveau système nécessitait de gros bouleversement de la part des Mentors sans régler vraiment les problèmes de l’ancien procédé.
......Alertés par les attaques continuelles qui secouaient l'Ordre, les Princes avaient décidé de changer la procédure, de manière à permettre aux Mentors de pouvoir combattre lors d’une éventuelle attaque. L’autonomie gagnée par les Apprentis serait dès lors profitable à tout le monde. Cependant, tout le monde ne voyait pas ça du même œil. Certains, plus septiques que d’autres, y voyaient la fin d’un modèle maintes fois répétés qui avaient fait ses preuves, d’autres souhaitaient un changement et voyaient d’un mauvais œil que les expériences du dernier corps puissent n’avoir servi à rien. En effet, les derniers affrontements avaient durement marqué l’Ordre.
......On avait déploré jusqu’alors le manque d’implication des Apprentis et des Gardiens. On proposait désormais de rendre les premiers plus indépendants en les laissant explorer seuls certains aspects de la mémoire intérieure et de permettre aux seconds de prendre en charge une bonne part de la pratique avec les Apprentis qui leur seraient confiés. Cela anéantissait presque intégralement les responsabilités des Mentors et brisait tous les liens de complicité qui pouvaient exister dans les duos d’imprégnation Mentor-Apprenti.

- L’inconvénient, c'est qu'avant, les Apprentis dépendaient entièrement de nous et n'exploraient pas la mémoire interne, déplora Karaliene.
- Les Apprentis pourraient apprendre par eux-même, par la pratique, ce n’est pas plus mal ! Ils pourront voir par eux-mêmes s'ils ont des difficultés et s'appuyer davantage les uns sur les autres, déclara Dhuma.
- Je ne vois pas ça fait, commenta laconiquement Stormbringer pour la énième fois de la soirée.

Septique, Aurora lança :

- Peut-être, mais quand ils découvriront où sont leurs difficultés, ils feront quoi à votre avis ?
- Ils interrogeront les autres Apprentis, répondit Dhuma.

La jeune femme secoua la tête, mécontente. Elle savait très bien que ça ne se ferait pas ainsi. Les Apprentis préféreraient venir voir l’un des Mentors sur le champ plutôt que d’attendre les séances d'Imprégnation où ils n’auraient que les réponses partielles d’autres Apprentis.

- Et ils iront chercher les réponses dans la mémoire intérieure, ce que nous voulons qu’ils fassent, expliqua posément Karaliene.
- Quelqu’un qui ne comprend pas attendra plutôt les séances d'imprégnation, plutôt que de chercher, ajouta Sammakko.
- Non, ils viendront voir les Mentors pour poser leurs questions, coupa Aurora, de qui se sentait frustrer de ne pas voir ses remarques prises en compte.
- Et ce sera à nous de leur dire de chercher, Miss, répondit Kakashi.
- Les faire attendre, de mieux en mieux, raya Stormbringer. Vous voulez créer un nouveau rang dans l’Ordre ? Le rang des Inutiles ?
- La plupart ne se souviendront pas de leurs questions lorsqu'on arrivera nous, en dernier lieu pour leur apporter l'Imprégnation et et nous ne pourrons jamais voir leurs progrès ni les encadrer comme ça ! Déplora Aurora.
- Pour moi, ces changements étaient principalement destinés à vous permettre d'apporter une connaissance concrète et personnelles aux Apprentis, intervint Sammakko.
- C'était mon point de vue aussi, soupira la jeune femme.
- Tu vas voir qu’on va passer du meilleur corps au pire, prophétisa Stormbringer tandis que les débats reprenaient de plus belle.

À mesure que la nuit passait, les esprits s’échauffèrent et on trouva de moins en moins de solutions, en dépit des nombreuses pistes proposées par les Princes d’Éternité qui calmèrent plusieurs fois les réflexions blasées et frustrées des uns et des autres. La fatigue, au lieu de les encourager à achever vite, les empêchait de réfléchir posément et les montait les uns contre les autres.

- J’ai l’impression qu'on n'y arrivera pas, se désola Karaliene.
- Nous devons commencer l'Imprégnation au plus vite, car nous avons choisi une position géographique dangereuse. Nous devrions peut-être avancer non ? Constata Tolo.
- Il faut commencer tout de suite et changer les choses pour le prochain corps, pas pour celui-ci, répondit Aurora.
- Non, je pense qu’il y a moyen de faire tout ça maintenant, répliqua Karaliene.
- Il y avait… Mais maintenant il est trop tard. Si nous ne commençons pas, en cas d'attaque, les Apprentis n'ont aucun moyen de défense et on l'a vu tout à l'heure, à Deal'Ki !
- Non, c'est de la mauvaise foi de dire ça, claqua Dhuma. Ça fait plusieurs heures qu’on discute et que ça n’avance pas. Ce n’est pas de notre faute si ça n’avance pas.

Sur le bord de la table, les phalanges d’Aurora blanchirent. Elle fusilla la mère initiatrice du regard, vexée et terriblement blessée. Elle avait tenté, elle aussi, de résoudre la situation, elle n'était donc pas plus responsable qu'un autre. Sa lassitude et sa frustration explosèrent :

- À quel moment on en discuté, réellement discuté ? Nous n'avons fait que critiquer les décisions proposées.
- On a proposé des solutions. De ton côté, tu as commenté ou proposé quelque chose ? Répondit Dhuma, que la fatigue rendait colérique.
- Oui je l’ai fait, mais personne n’a réagi !
- Pour ma part, j’ai donné des idées et on m'a ri au nez, ajouta Stormbringer en se levant à son tour. Ne vous étonnez pas si d’autres que moi ne réagissent plus ou se sentent frustrés.

Aurora fut soulagée de voir enfin Stormbringer réagir. À bout d'épuisement, elle en avait les larmes aux yeux.

- Nous avons écouté ce que tu avais à dire, riposta Karaliene, qui avait pali face à l'accusation de Stormbringer.
- Peut-être que ceux qui critiquent si facilement devraient proposer de réelles solutions, lança Stormbringer, délibérément accusateur.

Sa remarque toucha juste. Un tollé de protestations s'éleva de l'assemblée, les uns approuvant, les autres, se sentant visés, s'objectant avec véhémence.

- Bon, ça suffit ! Trancha Gonoe d’une voix forte. On va peut-être avancer non, parce que les règlements de comptes, ça ne sert à rien.
- De toute façon, vue l'heure et la façon dont nous avons commencé, ça ne sert à rien, répliqua Stormbringer.
- Forcément, chercher des coupables ne nous amènera pas bien loin, rétorqua Mikyle.
- Je ne cherche pas des coupables, simplement j’ai donné mon avis et personne n'a voulu l'entendre. Très bien, dans ce cas, faites à votre guise, mais ne demandez pas ensuite ma participation.
- Tu as raison, à mon avis, tu peux quitter la salle, conclut Landdros, qui n’était là qu’en guise d’ancien Mentor. Et même ne plus revenir.

Stormbringer eut un sourire ironique et ramassa les feuilles éparses devant lui sans dire un mot. Un silence de mort s’était abattu sur la tablée, chacun ayant épuisé sa réserve de bile pour l’instant.

- Ne fais pas ça, fit Sammakko, qui avait lu dans ses pensées avant tout le monde.
- Je demande à ne plus avoir accès à la mémoire intérieure, conclut Stormbringer, sans se soucier de son ami.

Puis il tourna les talons et quitta la salle. Aurora le suivit du regard jusqu’à ce qu’il ait quitté la salle. Alors elle se rassit, tremblante et éprouvée. La porte claqua dans son dos et résonna jusqu’au fond de son âme.

À suivre…

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« À six ans, je savais écrire. Mais ici, nous n'écrivons pas. Nous vendons du Rêve. » [red13]


Dernière édition par Nymphe Ydeil le Dim 19 Sep 2010 - 22:39, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Dim 19 Sep 2010 - 13:55




LES PRINCES D'ÉTERNITÉ - Colères Muettes

À Jo et Petro.

......Chacun se rassit dans le silence le plus total.

- Ça non plus, ça ne va pas arranger les choses, constata Dhuma.
- Non mais ça évitera les remarques inutiles, répliqua Landdros.
- Il quitte les Mentors ? Interrogea Erraldoïak, étonné.
- Oui, il avait donné son avis sur les changements proposés il y a quelques temps et il s’est fait lourdement critiquer, répondit Dracky.
- Ce n’est pas motivant, admit Dhuma.
- Non, et il en a marre, approuva Dracky.
- Je suis désolée pour cet échec, bredouilla Karaliene, aussi éprouvée qu’Aurora.
- Tu n’as pas à l’être, ce n’est pas de ta faute, ni de la mienne, si des personnes désintéressées se manifestent une fois qu’on a bien perdu notre temps, répliqua Dhuma.

Aurora ne souffla pas un mot, mais prit pour elle cette remarque cinglante. Pourtant, elle en avait fait autant que les autres, sinon plus en ce qui concernait certains. Elle trouvait simplement injuste d’être ainsi catégorisée et critiquée devant tout le monde.

- De toute façon, si Stormbringer a l’ego chatouilleux et ne supporte pas la critique, il est bien dehors, conclut Litica, la Reine d’Éternité. Passons à la suite et ne nous préoccupons plus de lui.

La jeune Mentor réprima avec difficulté les larmes qui lui montaient à nouveau aux yeux et la colère qu’elle éprouvait devant le manque d’égard qui était fait à son allié. Alors, elle se leva à son tour et sans un mot, elle quitta la salle. Elle marcha, droit devant elle, tant que ses jambes la portèrent. Elle quitta Zéessa et s’avança dans la plaine. Une nuit sans nuage éclairait sa route. Une brume couvrait tout à perte de vue et la lune donnait au paysage un effet irréel.
......Enfin, elle trouva ce qu’elle cherchait. Sur l’une des collines avoisinantes, Stormbringer s’était arrêté sur un rocher et patientait, l’œil rivé sur l’horizon.

- J’ai prévenu Sammakko que je partais, déclara-t-il lorsqu’Aurora s’installa près de lui.

La jeune femme savait ce que cela voulait dire. Elle n’avait pas été dupe lorsque l’homme avait quitté la salle commune. Malgré les commentaires des autres, elle avait compris que Stormbringer n’avait pas dans l’idée de délaisser seulement les Mentors. Il allait quitter l’Ordre.

- Ne pars pas, tenta-t-elle. Tu n’es pas devenu Mentor simplement pour le rang, ni pour faire plaisir à ceux qui le sont aussi, tu l’as fait pour aider les Apprentis, pour leur faire part de ton expérience.
- Oui, mais il y a des limites à ce que je peux supporter.
- Moi aussi, mais avec qui je révolutionnerai le monde si tu pars ?
- Pars aussi…

Les deux alliés échangèrent un sourire. En dépit de la colère d’Aurora, ils savaient tous les deux qu’il y avait peu de risques pour qu’elle parte. Elle avait trop attendu de pouvoir devenir Mentor à son tour.

- Tu passeras à Andhera de temps en temps ?
- Oui, bien sûr, s’il n’y a pas trop de Mentors dans les parages.
- Tu y seras chez toi.
- Tu me tiendras informé de ce qui se passe ici ?
- Oui.
- Fais attention à la loi du silence quand même.

Aurora haussa les épaules, pas certaine d’avoir envie de voir la loi s’installer entre elle et Stormbringer. C’était encore un des anciens qui partait et elle regrettait déjà sa présence. En silence, ils apprécièrent encore un moment la paix de la nuit, puis Sammakko les rejoignit. Le Prince et le Mentor échangèrent un signe de tête entendu.

- Tu viens avec nous, Aurora ? Demanda Sammakko.
- Non, souffla la jeune femme. Je ne préfère pas.

Elle savait ce qui l’attendait si elle partait avec eux. Elle n’avait jamais aimé les adieux, elle préférait donc rester sur les terres de Zéessa. Le Prince créa le portail d’or et Stormbringer lui adressa un dernier sourire complice, l’un de ceux qui lui avaient réchauffé le cœur durant les derniers jours. Puis tous deux franchirent la barrière d’or. Aurora ferma les yeux et écouta le silence de la nuit. Elle avait froid, mais ne s’en souciait pas, jusqu’à ce qu’une présence amicale dépose sur ses épaules un carré de laine.
......Aurora ouvrit les yeux sur le regard d’or de Khân. Comme à son habitude, le Roi apparaissait lorsqu’elle était seule, et sans un bruit.

- Tu as l’air préoccupée, constata-t-il seulement.
- Oui, les débuts en tant que Mentor sont difficiles.
- Montre-moi, réclama-t-il en repoussant une mèche sur le front de la jeune femme.

Spontanément, Aurora lui ouvrit ses pensées.

- Je vois, conclut-il après avoir passé un moment à explorer ses pensées. Mais ce n’est pas une raison pour déclarer la guerre aux autres.
- Je ne suis pas là pour eux.
- Tu es là pour tous, Aurora. Ou plutôt, tu es censée être là pour eux.
- Je le suis, mais pas pour me battre pour ceux qui me disent que je suis de mauvaise foi alors que je fais largement ma part.
- Je pense que c’est surtout Stormbringer qu’on visait, alors pourquoi l’as-tu mal pris, toi ?
- Parce que nous avons la même vision des choses, mes idées sont les siennes. Je n’ai juste pas son audace.

Le Roi eut un rire amusé.

- Ce n’est pas de l’audace, il a été irrespectueux.

Aurora le fusilla du regard avant de poursuivre d’un ton grinçant :

- Je ne l’ai pas trouvé irrespectueux moi. Il a eu la réaction que j’aurais eue si j’avais été à sa place et qu’on avait dévalorisé ainsi mon travail. C’est pour ça que je suis en colère, parce que notre travail n’est pas reconnu à sa juste valeur.
- Je trouve ça exagéré comme réaction. Vous étiez tous fatigués, c'est normal.

La jeune femme soupira, d’un soupir exaspéré, à la limite de l’agacement. Elle n’en pouvait tout simplement plus des reproches. Elle n’était pas prête à supporter la moindre critique supplémentaire, pas plus qu’elle n’aurait apprécié qu’on lui fasse la morale une fois encore.

- Je vais dormir, lâcha-t-elle, plus cinglante qu’elle ne l’aurait voulu.

Et elle se leva et fit demi-tour. Khân ne chercha pas à la retenir. Au demeurant, il savait maintenant que c’était parfaitement inutile. Alors il la laissa repartir. Lorsqu’elle se retourna, il avait déjà disparu, évanoui dans la nuit de la même façon qu’il était venu, sans un bruit. Autour de ses épaules, le carré de laine la protégeait toujours, seul indice de sa présence.

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Lun 20 Sep 2010 - 15:35




LES PRINCES D'ÉTERNITÉ - La Loi du Silence

À mes petits frères, qui se voulurent grands pour que je sois leur petite sœur.

......Deal’Ki se réveillait à peine et bruissait déjà de mille bruits familiers. Une charrette pleine de sacs de farine montait à la boulangerie du Père Gozogile, ses roues cahotant sur le pavé gras. Deux enfants des rues couraient à en perdre le souffle pour échapper au bâton ou aux chiens de l’aubergiste qui les avait encore surpris en train de dormir sous les édredons du troisième étage, dans la chambre dont les volets qui fermaient si mal donnaient sur les toits de la blanchisserie voisine. Sur la place, au pied de la cathédrale et du palais, des marchandes de légumes installaient leurs étals.
......Et dans une ruelle déserte, un éclair de lumière dorée effraya un chat qui s’enfuit dans un miaulement terrifié. Quelques instant plus tard, l’obscurité retombait et Stormbringer et Sammakko apparaissaient.

- Où iras-tu ? Interrogea le Prince d’Éternité.
- Peut-être à Andhera, pour attendre Aurora.
- Elle ne rentrera pas tout de suite.
- Je sais. Elle n’est pas prête à tout quitter.

Sammakko eut un signe de tête préoccupé. Il se souvenait du jour où Aurora lui avait demandé de la libérer du serment de l’Ordre. Elle avait renoncé à partir, mais il savait qu’elle y pensait encore parfois. Elle manquait encore d’expérience et d’assurance. Bien qu’il le lui ait souvent répété, elle ne parvenait pas encore à se faire confiance pour trouver sa place. Elle comptait encore trop sur Gonoe pour la guider. Ça viendra, songea le Prince, confiant.

- Et toi, tu y retournes immédiatement ? Demanda Stormbringer.
- Non, j’ai quelque chose à faire ici, répondit seulement le Prince en jetant un regard équivoque en direction du palais.

Son ami et allié l’observa un instant. Ce regard-là, il le connaissait. C’était celui de l’homme qui sait ce qu’il a à faire.

- Tu as eu une vision ? Comprit l’ancien Mentor.
- Oui.
- C’est grave ?

Sammakko sourit et posa une main rassurante sur l’épaule de son ami.

- Ça ira, ne t’en fais pas.

Stormbringer renonça à commenter cette réponse qui n’en était pas réellement une. Depuis longtemps, il savait que le Prince se confiait peu sur ses expéditions à venir. Il savait se montrer patient. Il verrait bien. Après tout, il était toujours soumis à la loi du silence, tout comme Sammakko.

* * *

......Une ombre se détacha sur le mur d’un des corridors du palais et se glissa sans un bruit jusqu’à une tenture qu’une main gantée de noir avait soulevée.

- As-tu ce que mon Maître t’a demandé ? Interrogea une voix féminine derrière la draperie.
- Oui je l’ai. Mais je vous l’ai dit, je ne le donnerai qu’à lui.
- Ta proposition est intéressante, mais n’en demande pas trop, humain. Nous pourrions nous désintéresser.
- C’est à prendre ou à laisser. Je veux un rendez-vous avec votre Maître, sinon rien. Je pourrais aussi bien vendre l’information aux Anathèmes. Peut-être seraient-ils moins regardants eux.
- Nous arrangerons une rencontre, céda la voix après une hésitation. Mais pas avant la nouvelle lune.
- Ce sera trop tard. Si vous n’êtes pas plus intéressés que cela…
- Ne nous presse pas, humain ! Souviens-toi de ta place et du sort que l’on réserve aux tiens, siffla la voix dont la colère venait de monter d’un cran.
- N’oubliez pas ce que je détiens et où ça vous mènerait.

Sous la tenture, on s’agita nerveusement. L’offre était particulièrement alléchante et l’homme savait parfaitement le rappeler au bon moment.

- Très bien, soyez ici demain matin, à l’aube, avec vos informations et les preuves de ce que vous avancez. Ensuite nous jugerons de la valeur de votre engagement auprès de nous et, surtout, nous déciderons de votre récompense.
- Ainsi soit-il. N’oubliez pas de prendre en compte le sacrifice que je consens pour vous. Je ne brise pas la loi du silence pour les premiers venus. Faites donc bon usage de ces informations.
- Apportez-les nous, on avisera ensuite, conclut la voix avant que le rideau ne retombe le long du mur dans un froufrou épais.

L’homme qui s’était tenu là eut un sourire satisfait et fit demi-tour. Le lendemain, il pourrait prétendre à une richesse somptueuse. Cet accord avec les Sorgins était risqué, parce qu’il brisait le sceau des secrets au sein de l’Ordre des Justes, mais il y avait si longtemps qu’il attendait une protection qui ne venait pas. Sans doute fallait-il un peu tordre le bras au destin et forcer les choses à se dérouler comme on le souhaitait réellement.

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Ven 8 Oct 2010 - 18:41




LES PRINCES D'ÉTERNITÉ - Après les Oiseaux Noirs

À Nam, ce fut un plaisir…

......Assis sur le bord d’un banc, une poche de glace appuyée contre la tempe, AlphaMaverick observait les allées et venues de Lord Stormhead qui préparait leurs bagages à la hâte.

- Il t’a dit où on allait au juste ? Demanda-t-il enfin en écartant la glace de son œil tuméfié.
- Non, répondit son allié.

Les deux hommes échangèrent un regard. Gonoe les avait amenés à l’auberge en leur ordonnant de faire leurs bagages au plus vite. Un simple coup d’œil au visage blessé d’AlphaMaverick et il avait pris les choses en main avec rapidité et précision. Le verre d’eau qu’avait offert l’aubergiste s’était changé en glace et le Gardien avait tourné les talons en lançant un :

- Mets ça sur ta figure, avant de ressembler à un boxeur de quarante ans.

Et il était reparti sans leur fournir plus d’explications. Les deux jeunes Justes, quoi que surpris, attendirent son retour en silence. Ils avaient peu d’effets personnels et comme beaucoup de leurs alliés, ils avaient pris l’habitude de voyager léger en prévision d’un départ inopiné. Lorsque Gonoe revint, il les trouva donc prêts, tous deux accoudés à la table, leurs sacs à leurs pieds.

- On s’en va ! Les chevaux sont dehors, lança-t-il.

Les deux jeunes gens s’empressèrent de rejoindre le Gardien. Trois montures sellées et bridées les attendaient à l’extérieur. Quelques minutes plus tard, ils franchissaient les portes de Deak’Li.

- Où va-t-on ? Interrogea enfin Lord Stormhead.
- Je vous ramène au bateau. Vous prendrez le prochain navire pour Dakila.
- Que va-t-on y faire ? S’informa AlphaMaverick.
- M’attendre. Plus loin vous serez des côtes et mieux vous vous en porterez, croyez-moi.
- Il se passe quoi ?
- Les Anathèmes ont trouvé le moyen de s’approprier les terres d’Astrée, une nouvelle arme pour eux, une faiblesse pour nous.
- Le gisement de pierres noires, lâcha Alpha.

Gonoe lui adressa un coup d’œil étonné tandis que Lord Stormhead le fusillait du regard, ce qui ne passait pas inaperçu pour le Mentor.

- Comment êtes-vous au courant de ça ? Demanda-t-il.

Alpha toussota, gêné. Seuls les Gardiens et les Princes étaient en mesure de connaître l’existence des Pierres, et il aurait dû se taire. Mais à présent, toute l’attention de leur maître était braquée sur eux, inflexible.

- On en a… entendu parler, répondit-il, penaud mais peu convainquant.
- Oui, dites plutôt que vous avez fait des recherches avec Aurora… Répliqua Gonoe avec un sourire amusé dénué de toute colère.
- A priori, on ne peut rien te cacher, comprit Lord Stormhead, qui sourit à son tour.
- Qui d’autre est au courant ?
- Kakashi. Je pense que c’est tout.

Le Gardien hocha la tête, visiblement satisfait, comme si les faits n’avaient pas plus de gravités que cela.

- Très bien. Au moins, vous ne serez pas surpris si les Anathèmes surgissent sur nos terres avec tout un arsenal à leur disposition, déclara-t-il.
- C’est prévu ? Interrogea Alpha.
- Non, mais sait-on jamais…
- Où vas-tu aller de ton côté ? Demanda Lord Stormhead.
- Rejoindre Aurora. Je dois rassurer les autres à votre sujet et informer les Princes d’Éternité du départ des Oiseaux Noirs. Et j’ai deux ou trois choses à régler de mon côté… des choses qui ne vous concernent pas, ajouta-t-il après avoir remarqué le regard interrogatif des deux Justes.

Les deux autres sourirent, amusés parce ce jeu sempiternel des secrets imposés par la Loi du Silence.

- Et pour nos villes ? S’inquiéta encore AlphaMaverick.
- Pour toi, je m’en chargerai. Stormhead, j’ai prévenu ton Gardien, il veillera sur ta citadelle. De toute façon, les choses vont changer par chez nous et je ne serai pas étonné qu’on ait du nouveau d’ici peu.

Les paroles du Gardien laissèrent les deux jeunes gens songèrent. Ils savaient ce qui les attendait : un combat de chaque instant contre les Anathèmes. Mais étaient-ils préparé à ça ? Lord Stormhead songea à Aurora. Il n’avait pas eu de nouvelles d’elle depuis son départ. Il ignorait même où elle pouvait être.

- Je lui donnerai de tes nouvelles. Tu nous rejoindras bientôt, ne t’inquiète pas, lui signala Gonoe à travers le champ du pouvoir mental.

Le Juste approuva d’un signe de tête. Là bas, loin à l’horizon, un orage se préparait. Bientôt, ils prendraient le large vers cet orage, signe imparable du destin qui s’annonçait bien sombre…

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Ven 8 Oct 2010 - 18:48




LES PRINCES D'ÉTERNITÉ - Paroles d'un Gardien

À Néosiris, dans le vent que je me suis prise…

......Appuyée contre le chambranle de l’un des dortoirs, Aurora écoutait la respiration calme des Apprentis. Ils avaient mis longtemps à s’endormir, l’excitation de la nouveauté et de la récente attaque leur ayant donné des sujets de discussions suffisamment passionnants pour les tenir éveillés durant un bon moment.

- À quoi penses-tu ? Demanda la voix de Gonoe dans le dos de la jeune femme.
- Aux changements de ce soir, répondit Aurora avant de se tourner vers son Gardien.

Elle soupira, puis l’entraîna avec elle en passant son bras sous le sien.

- Veux-tu m’expliquer ce que je fais ici ? Demanda-t-elle d’une voix brisée. Je n’ai pas signé pour ça ! C’est tellement… absurde.
- Tu n’as pas signé tout court, lui rappela très justement le Gardien.
- Je sais, mais voir ça, ça me donne juste envie de laisser tomber.
- Tu veux trop souvent laisser tomber, Aurora, soupira le Gardien. Ce n’est pas en fuyant les problèmes que tu vas les résoudre.

Elle se contenta de secouer la tête, perturbée, et il l’emmena s’asseoir sur les remparts, un bras autour de ses épaules, protecteur et fidèle.

- Ça ne sert à rien de laisser tomber dès que tu rencontres un problème, ma belle. Tu en rencontreras souvent. Nous ne sommes que des hommes, malgré la magie et la lumière qui nous donnent notre pouvoir. Dis-toi bien que nous ne sommes pas à l’abri d’erreurs de jugements.
- Je le comprends bien, mais ces litiges à n’en plus finir, je ne m’y attendais pas.
- C’est courant chez les Mentors. C’est ainsi, les responsabilités entraînent les préoccupations.

Encore pensive, la jeune femme hocha la tête en guise d’approbation et son Gardien la berça doucement. Elle appuya sa tête sur son épaule, hésitant à lui parler de la visite de Khân. Elle savait l’inquiétude de Gonoe vis-à-vis du Roi, mais ne pouvait s’empêcher d’être troublée et de vouloir s’ouvrir à lui.

- Tu ne me dis pas tout, comprit-il dans un murmure à l’intention de sa protégée.

Elle sourit doucement contre son épaule, mais ne répondit pas. La chaleur de la présence de son allié la plongeait dans une douce torpeur, et elle n’avait plus trop le courage d’épancher ses préoccupations et ses craintes. Elle oubliait presque le départ de Stormbringer.

- Hey, tu ne t’endors pas, hein ! Gronda le Gardien faussement contrarié par son silence.

Aurora devina l’amusement dans sa voix et se redressa sans répondre pour autant. Inconsciemment, elle fuyait le regard du Mentor.

- Si tu me disais ce qui te préoccupe.

Elle observa en silence ses mains nouées sur ses genoux. Elle craignait le lendemain, premier jour de l’imprégnation, mais la présence de Gonoe la tranquillisait et elle se trouvait un peu bête de nourrir de telles craintes sans fondement.

- Tu seras là demain, pour l’imprégnation ? Pour me guider au besoin, se justifia-t-elle à voix basse, comme si cet aveu de faiblesse lui coûtait.
- Bien sûr, répondit Gonoe en la ramenant contre lui. Je serai toujours là, tu seras toujours ma petite Juste qui a besoin de ma protection.

Enfin pleinement rassurée, la jeune femme s’abandonna à l’étreinte de son Gardien et profita pour la première fois de son nouveau statut de Mentor. Elle avait accompli plus de chemin qu’elle ne l’aurait espéré, avait vécu plus que beaucoup d’anciens Justes, et pourtant, elle doutait d’elle et seul le regard de Gonoe, posé sur elle avec toute la tendresse et l’affection d’un père, la rassurait complètement.

* * *


La première journée d’imprégnation se déroula pour les mentors dans une ambiance froide, contrecoup de la réunion de la veille. Aurora s’isola, refusant de dîner à la même table que les autres. Elle resta résolument à l’écart, plus occupée par les apprentis que par l’équipe qu’elle avait intégrée. Elle passa la plupart de la journée dans l’immense bibliothèque qui occupait le première étage du manoir, feuilletant les parchemins, les ouvrages pour trouver la matière nécessaire à l’enseignement des jeunes recrues.
Les nouveautés apportées par le nouveau système nécessitaient de nombreuses modifications au sein de la mémoire interne et elle y travailla toute la journée, seule, abattant plus de travail que jamais dans le seul but d’oublier les récentes disputes de l’Ordre. Son mutisme et sa distance furent remarquer par Dhuma. Au crépuscule, la porte de la bibliothèque s’ouvrit et le pas ferme de la mère initiatrice claqua sur le carrelage froid de la salle.

- Est-ce que tout ceci a un lien avec ce qui s’est passé hier soir ? Demanda Dhuma en se campant devant Aurora.

La jeune femme fit un effort surhumain pour rester de marbre et ne rien laisser paraître de sa colère.

- Non bien sûr que non, mentit-elle. Je ne fais que me préparer pour ne rien laisser au hasard.

Dhuma hésita, visiblement peu convaincue.

- J’espère. Car pour moi, ce qui s’est passé hier soir ne doit pas interférer sur notre travail.

Aurora hocha la tête sans répondre et offrit un sourire neutre à la Mère.

- Nous avons du travail non ? Je le fais.

Cette fois, ce fut Dhuma qui ne trouva rien à répondre. Elle observa froidement Aurora, puis tourna les talons et quitta la bibliothèque tandis que la jeune femme reprenait sa place devant ses parchemins.

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Ven 8 Oct 2010 - 18:56




LES PRINCES D’ÉTERNITÉ - Mots Interdits


À Jonathan.

......Comme ils l’avaient annoncé, ils se présentèrent à l’aube. Ils n’étaient pas nombreux et furent donc méfiants. Le Conseiller les vit approcher avec réserve. S’il avait voulu leur tendre un piège, ils seraient tombés facilement. Mais il avait d’autres projets pour eux, bien plus sombres. Ils échangèrent des salutations froides mais courtoises, puis quelques formules d’usage. Le Maître lança finalement la discussion.

- Vous avez une information pour nous ?
- Oui. Vous ne vous êtes pas déplacé en vain.

La créature eut une grimace polie et attendit.

- Je sais où sont les Princes et leurs Apprentis, annonça l’homme. Je peux vous le dire.

Les Sorgins s’agitèrent nerveusement. C’était tout ce qu’ils pouvaient espérer. Pourtant, ils furent méfiants, peu enclins à tomber dans un piège par abus de confiance.

- Pourquoi feriez-vous cela ? Lança l’une des créatures.

L’homme sourit.

- Mes motivations ne regardent que moi, répondit-il seulement.
- Pardonnez la méfiance de mon allié, le coupa le Maître. Mais vous conviendrez que votre démarche est assez surprenante.
- La décision vous revient. Vous n’êtes pas obligé d’accepter. Comme je le disais hier, peut-être les Anathèmes sont-ils moins suspicieux.

Derrière le Maître, les créatures hésitèrent et se consultèrent du regard, mais leur chef n’avait pas quitté le Conseiller du regard. Le bluff de l’homme était un peu trop évident : les Anathèmes l’auraient tués sans lui laisser une chance de trahir les siens.

- Que souhaitez-vous en échange ? Demande-t-il enfin.
- Rien.
- Rien ? Vraiment ? Répliqua l’un des Sorgins d’un ton septique.
- Je ne demande rien. L’utilisation que vous ferez de ces informations me récompensera très largement pour ce petit sacrifice, ne vous en faîtes pas.
- Vous risquez votre vie, si on apprend votre trahison.
- J’aurais bien vécu. À vous de me montrer que je ne l’ai pas fait en vain.

Une dernière fois, les Sorgins échangèrent un regard et cette fois, ils approuvèrent d’un signe convenu entre eux.

- Très bien. Allez-y, ordonna le Maître.
- Ils sont installés à Zéessa.

Une lueur de joie éclaira le regard des Sorgins. Instantanément, ils comprirent que c’était la vérité. Le dernier endroit où ils auraient cherché les Princes d’Éternité était aussi le plus évident : sous la brèche, afin d’éviter les attaques des Anathèmes. Le Maître se tourna vers ses acolytes et leur adressa un signe équivoque. Deux d’entre eux s’éloignèrent sur le champ.

- Au moment voulu, nous saurons nous montrer reconnaissant si vos informations s’avèrent exactes, annonça le Maître en serrant la main du Conseiller.

......L’homme le remercia d’un sourire. Les créatures le saluèrent et tournèrent les talons. Derrière eux, le Conseillait jubilait. Il venait de trahir la Loi du Silence, venait de prononcer les mots interdits qui trahissaient l’Ordre des Justes. Ses seuls actes annonçaient la mort des siens, mais le triomphe se peignait sur le visage du traître.

À suivre...

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Ven 8 Oct 2010 - 18:59




LES PRINCES D’ÉTERNITÉ - Départ d'un Mentor


À Dracky, j'te hais, sale naab ^^.

......Engourdie, gelée, Aurora regarda la grande horloge qui décorait le mur de la bibliothèque avec lassitude. L’heure de la première rencontre entre les Mentors et les Apprentis était dépassée. Pourtant, elle ne repoussa pas les manuscrits sur lesquels elle s’abîmait la vue depuis la veille. Elle se contenta de s’étirer, frissonnant à force de demeurer immobile, les yeux brûlants de fatigue. La jeune femme avait abattu un travail considérable durant la nuit, pourtant, elle refusait de s’arrêter, bien que les cloches de la cathédrale aient sonné le rassemblement depuis plusieurs minutes déjà.
......Aurora connaissait par cœur le rituel qui allait avoir lieu entre les Mentors et les Apprentis. Les Mères Initiatrices prendraient la parole pour expliquer aux nouvelles recrues ce qui les attendait. On leur apprendrait le règlement, on leur présenterait le fonctionnement au cœur de l’Ordre afin d’être sûr que la hiérarchie inhérente leur soit acquise et qu’ils ne l’oublient pas. Il avait été prévu que les Princes d’Éternité prennent la parole pour expliquer leur rôle et rappeler aux Apprentis l’importance de se référer toujours à leur Gardien plutôt que de céder à la facilité qui les poussait systématiquement à aller voir les instances supérieures en cas de problèmes.
......Mais là encore, la jeune femme avait à redire. Elle savait que le système était faillible à bien des égards. Comment pouvait-on apprendre une telle leçon à des jeunes pleins de fougue, qui ne voient pas forcément le sérieux et le respect qu’impose une toute première rencontre ? Elle même ignorait presque tout du rôle réel des Princes, on ne le lui avait jamais appris et ce qu’elle savait, elle ne le devait qu’à la présence constante de Sammakko auprès d’elle. Il avait fallu qu’elle demande des précisions au Prince quant à l’existence des Rois.
......Ces êtres supérieurs étaient sans arrêt entourés de mystère, à la fois à cause de la trop stricte Loi du Silence et en raison du manque cruel d’humanité dont pouvaient parfois faire preuve les Princes et Rois. Aurora savait qu’il aurait fallu plus qu’un simple discours, bref et informel, pour que les Apprentis comprennent. On leur enseignait des règles sans leur inculquer les valeurs. Mais l’Ordre n’avait pas le temps d’enseigner de telles valeurs à ses futurs Justes. Ils étaient sans cesse pressés par le temps.
......En soupirant, la jeune femme finit par se lever et rangea les manuscrits qui s’accumulaient autour d’elle tout en réfléchissant au moyen d'apprendre les valeurs fondamentales aux Apprentis. Quelques minutes plus tard, elle quittait le manoir sans avoir trouver plus d’idées qu’au départ. Les Apprentis et les Mentors s’étaient réunis sur la place centrale, mais elle se tint en retrait, pas encore prête à rejoindre le groupe des siens. Au demeurant, elle avait manqué l’essentiel de la réunion, le discours d’Erraldoïak touchait déjà à sa fin.
......Peu lui importait, elle savait pouvoir compter sur la mémoire collective pour savoir comment s’était passé la rencontre. Elle se doutait également qu’elle aurait des retours par l’un ou l’autre des Apprentis qu’elle avait évalué avant qu’ils ne soient accueillis au sein de l’Ordre. Comme elle s’y attendait, dès que le Prince eut indiqué la fin de la réunion, quelques Apprentis l’entourèrent et s’empressèrent de lui raconter les menus détails.

- Salutations à tous ! Lança l’un des Mentors dans son dos.

Aurora se retourna à temps pour voir son ancien Mentor se diriger vers les portes de la ville. Elle comprit instantanément qu’il venait de rendre son écusson en le voyant partir seul. Elle s’excusa brièvement auprès de l’Apprenti qui détaillait la réunion et rejoint Setan, son maître, tandis qu’il atteignait le pont levis.

- Tu t’en vas, souligna-t-elle, vaguement inquiète.

Il lui sourit.

- Oui. Il est temps, ma place n’est plus ici.
- Tu ne me dis même pas au revoir, lui reprocha-t-elle doucement.

Setan se borna à hausser les épaules, gêné.

- Tu ne seras pas là pour être Mentor à mes côtés, ajouta-t-elle, mettant enfin des mots sur ses inquiétudes.
- Tu n’as pas besoin de moi, lui rappela-t-il, comme au temps où elle n’était qu’une Apprenti.
- Tu vas me manquer quand même, conclut-elle. Mais peut-être qu’un jour, j’arriverai à votre niveau.

Cette fois, le sourire du Mentor se fit cynique.

- Pour avoir un bon niveau, reste dans les hautes sphères et ne critique pas les Princes. Ne donne ton avis sur rien et tout ira bien.

Aurora fronça les sourcils. Ce n’était pas la première fois qu’elle entendait de telles critiques à l’égard du système. Elle savait ce qui motivait son Mentor à tenir des propos aussi cyniques. Il avait été destitué de son poste de Gardien au profit d’un autre. Choix stratégique de la part des Princes, qui impliquait d’en frustrer quelques-uns. On disait souvent que ceux qui montaient en grade ne le faisaient que parce qu’ils étaient proches des Princes d’Éternité.
......L’amitié qui existait entre Sammakko et Aurora était loin d’être passée inaperçue, de telle sorte que nombreux étaient ceux qui pouvaient croire qu’elle avait atteint sa place par entente intéressée plutôt que par l’effort et le travail. Elle ne pouvait s’empêcher de voir le reproche dans les propos de son Mentor et s’en sentait mortifiée.

- Ça ira, la rassura-t-il en lui adressant un sourire affectueux. Tu as du talent, tu iras loin. Seulement, ne fais pas comme moi, ne dis pas ce que tu penses, car tu seras très vite reléguée à l’arrière scène en guise de remerciements.

La jeune femme hocha la tête et rendit son sourire au Mentor.

- Prends soin de toi, conclut l’homme.
- Passe à Andhera quand tu voudras, fit-elle sans grand espoir.
- Promis !

Vaguement attristée par ce nouveau départ – encore un Mentor en moins – la jeune femme laissa Setan s’éloigner, son baluchon sur le dos. Elle savait très bien qu’elle ne le reverrait jamais plus. Il ne passerait pas à Andhera, il ne chercherait pas plus à la contacter. Mais après tout, avait-elle cherché à le faire, elle, depuis qu’elle avait accepté la protection de Gonoe ? Entre l’Apprentie qu’elle avait été et son nouveau rôle de Mentor, elle avait acquis une maturité qui l’avait éloignée bien trop vite de son passé.

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Sam 9 Oct 2010 - 1:00




LES PRINCES D’ÉTERNITÉ - Appel Mental


L’espoir de l’illusion fait vivre…

......Aurora soupira et finit par faire demi-tour pour regagner le cœur de la cité. Dracky l’attendait un peu plus loin. Il avait assisté au départ de Setan.

- C’était mon Mentor, expliqua Aurora en arrivant à la hauteur du nouveau Gardien.
- Je sais, je m’en souviens. Je me doutais qu’il allait partir.
- Je présume que ça faisait un moment qu’il y pensait.
- Aller, n’y pense pas, sinon c’est toi la prochaine qui va nous annoncer son départ, plaisanta le Gardien.

La jeune femme lui adressa une œillade moqueuse.

- Ne rêve pas trop ! Lança-t-elle par dessus son épaule tandis qu’elle regagnait en courant le groupe des Apprentis.

Immédiatement, on lui fit une place et on l’accueillit avec empressement. Sa spontanéité en faisait déjà l’une des plus appréciés.

- Aurora, tu as vu ce que Kiks a fait pendant la réunion ? Demanda Soko.
- Non, je n’étais pas là.
- Il a utilisé un appel mental avec Erraldoïak pour rien, juste pour le plaisir !

Aurora éclata de rire. La veille au soir, lors du repas, Dracky avait utilisé l’un de ces appels avec Kiks et le jeune Apprenti, vexé, n’avait pas compris l’intérêt d’un tel signal. Il avait fallu qu’Aurora aille le voir pour lui expliquer le jeu du Gardien et lui apprendre la coutume qui avait donné naissance à celui-ci.

- Pourquoi moi ? Avait demandé le jeune homme, boudeur.
- Toi, comme n’importe quel autre, avait répondu Aurora, pas très sûre de lui donner une réponse satisfaisante. Tu vas voir, pendant les prochains jours, les Mentors et les Gardiens vous lanceront beaucoup d’appels inutiles. C’est un jeu, rien de plus.
- Alors on se vengera, on montera la résistance, avait-il décidé.
- Si vous voulez. Mais ne le fais pas tout de suite, car Dracky s’y attendra.
- Oh non, pas sur lui, avait-il répondu avec un sourire espiègle et complice.

La jeune femme comprit que la résistance avait été lancée ainsi, mais les appels mentaux lancés à des Princes étaient bien le dernier des gestes à poser.

- Il est suicidaire ? Demanda-t-elle en riant.
- Oui, j’avoue que c’était un peu risqué, mais on a bien ri, avoua Soko.
- Erraldoïak n’a rien dit ?
- Non, je crois qu’il a compris que c’était une blague.
- Heureusement ! Commenta Aurora avec soulagement.
- C’est grave ?

Aurora s’apprêta à répondre quand l’éclat de lumière d’un portail apparut sur leur droite. Sammakko surgit de la surface d’or et s’éloigna d’un pas rapide, sans un regard pour les Apprentis. Dans la ligne roide de ses épaules, la jeune femme lut une tension inhabituelle qui l’inquiéta. Un groupe d’Apprentis descendait la rue à la rencontre du Prince.

- J’ai hâte qu’on commence l’imprégnation, disait Mattur, l’un des Apprentis.

Puis il remarqua Sammakko et sous le regard d’Aurora, il lança un appel mental en direction du Prince.

- Quand commencera notre imprégnation ? Demanda l’Apprenti.
- Je ne sais pas, répondit le Prince sans sourciller.
- Imprègne nous, toi, suggéra Mattur en doublant ses propos d’un deuxième appel.

Scandalisée par l’audace de l’Apprenti, Aurora monta en direction du groupe.

- Mattur, tu veux une imprégnation ? Demanda-t-elle d’une voix étonnement calme aux vues de la colère qui grondait en elle.

Derrière elle, Kiks, Soko et quelques autres se turent immédiatement.

- Ça sent mauvais, commenta Kiks.
- Oui Aurora, répondit Mattur en triplant l’exploit, dans sa direction cette fois.
- Je vais t’en donner une dès à présent, gronda la jeune femme.

Sammakko s’était arrêté et observait Aurora avec intérêt.

- Les appels mentaux, tu les évites, annonça-t-elle en détachant chacun de ses mots.
- Il ne s’agit que de politesse, répliqua l’Apprenti. J’aime bien que les gens à qui je parle sachent que c’est à eux que je m’adresse.
- Nous sommes en face de toi, nous le savons. L’appel mental n’est à utiliser qu’en cas d’urgence, quand nous sommes à distance.
- Ça ne fait rien, Aurora, je me suis détaché de la mémoire collective, déclara enfin Sammakko en posant une main sur le bras de la jeune femme, comme pour la calmer. Mais Mattur, tu dois savoir que ce que nous te disons est important.

Rendu dubitatif par l’intervention véhémente d’Aurora, Mattur, de mauvaise foi, s’obstina :

- Donc, en somme, il n’y a que vous qui avez le droit de l’utiliser ? Lança-t-il.
- Non, ce n’est pas ça, contra le Prince avec patience.

Alors, Aurora eut une idée.

- Laisse, je vais leur expliquer, annonça-t-elle à l’adresse du Prince.

Puis, elle entraîna Mattur à sa suite et rejoignit Kiks et les autres. Dans l’esprit de la jeune femme, le souvenir d’une taverne, quelques mois plus tôt, venait de lui donner la solution à tous les problèmes.

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Sam 9 Oct 2010 - 22:44




LES PRINCES D’ÉTERNITÉ - Protections


Façonner un monde, c’est le sentir vivre entre ses doigts, quand chaque mot offert est le gêne nouveau qu’on lui transmet…

......Silencieux, les Apprentis firent cercle autour d’Aurora. Sammakko fit demi-tour et reprit sa marche, avec toujours la même tension au creux des épaules. Durant quelques secondes, Aurora le suivit du regard, puis reporta son attention sur ses élèves. Il n’y avait rien qui l’inquiétait plus que l’air soucieux du Prince, ce qui expliquait la véhémence avec laquelle elle avait rabroué Mattur. Elle se devait cependant de se justifier auprès du jeune homme et du même coup, elle pouvait enfin leur enseigner les valeurs qui lui étaient si chères.

- Vous ne le savez pas encore, mais les appels mentaux sont très importants pour l’Ordre, commença-t-elle alors. Nous essayons d’éviter de les utiliser à tort et à travers pour une bonne raison : cela diminue notre efficacité car pendant ce temps, nous sommes sourds aux appels qui pourraient être réellement importants.
- Nous ne devons pas en faire, alors ? Interrogea Soko.
- Si, bien sûr, mais sachez quand les utiliser et surtout avec qui.
- Par exemple, pas un Prince, pouffa Kiks.

Aurora sourit.

- Non, pas avec les Princes, confirma-t-elle.
- Pourquoi ? Ce sont des êtres humains comme les autres, protesta Mattur.
- Non, les Princes ne sont pas comme tout le monde. Si vous, en tant que Justes, vous allez être sollicités par les habitants d’une ville, dites vous bien que les Princes veillent sur l’ensemble des terres de l’Ordre.
- Ils sont beaucoup demandés ? Interrogea Sifir, un autre Apprenti.
- Bien plus que vous ne l’imaginez, soupira Aurora.

La jeune femme, plongée dans ses souvenirs, entreprit de raconter aux Apprentis cet instant mémorable où elle avait, le temps de quelques jours, façonné son esprit pour protéger Sammakko et recevoir à sa place les appels mentaux diffusés à travers toutes les terres. Elle en avait reçu tant et tant qu’elle avait dû se replier au fond de sa conscience pour ne pas être submergée.

- Je vous demande à tous de faire un effort pour éviter les appels inutiles, ajouta Aurora.
- Mais vous, vous le faites bien pour vous amuser, rappela Kiks.
- Là c’est différent, il faut simplement savoir avec qui vous pouvez vous le permettre. Le jeu entre Mentors et Apprentis n’est pas un jeu qui concerne les Gardiens ou les Princes. Un appel mental qui n’est pas utilisé à bon escient, c’est une perte de temps et un instant de déconcentration, affirma Aurora. Les Princes d’Éternité font énormément pour notre Ordre et nous devons, en retour, les protéger et veiller sur eux autant que nous le pouvons.
- Ça ne serait pas plutôt à eux de nous protéger ? Demanda Kiks.
- Si tel était le cas, qui les protégerait, eux ? Répliqua la jeune femme avec un sourire.

La cloche du manoir sonna alors l’heure du repas et Aurora libéra les jeunes Apprentis. La joyeuse bande se dispersa comme une volée de moineaux tandis qu’un souffle d’air balayait les feuilles mortes aux pieds de la jeune femme. Elle frissonna. Le nœud familier, au creux de son ventre, l’avertit de la présence toute proche de Khân.

- Nous, nous serions là pour les protéger, murmura la voix du Roi près de son oreille.

Aurora ferma les yeux pour tenter de contrôler les battements désordonnés de son cœur. Elle avait beau être familière de la présence de Khân, elle ne s’habituait toujours pas à ses arrivées inopinées.

- Je parle d’une aide humaine, répondit-elle doucement, sans se retourner.

Elle sentit les doigts du Roi qui frôlaient ses cheveux et sa nuque.

- J’espère que tu ne comptes pas quitter l’Ordre bientôt, déclara-t-il après quelques secondes de silence.
- Pourquoi le quitterai-je ? Demanda-t-elle en se retournant, étonnée. J’ai ma famille au sein de l’Ordre.
- Je me renseigne, répondit-il seulement, énigmatique.
- Oh, bien sûr, fit-elle, dubitative.
- Et tu penseras quoi si Sammakko quitte l’Ordre ?

Le cœur d’Aurora se glaça dans sa poitrine.

- On a déjà évoqué son départ, lui et moi, répondit-elle prudemment.
- Et ? Qu’est-ce que ça a donné ?
- Rien. Ai-je le choix ? Qui suis-je pour…

La voix de la jeune femme se brisa et elle avala péniblement sa salive.

- Pour ? Insista le Roi.
- Le retenir, avoua-t-elle enfin. Il est libre. Pourquoi me demander ça ?
- Pour savoir.

Aurora serra les dents, partagée entre colère et crainte. La tension de Sammakko avait été visible. Ses préoccupations pouvaient elle suffire à le chasser de l’Ordre ? Il n’était pas revenu depuis une heure, mais elle avait bien remarqué que les Princes avaient tous regagné le manoir, probablement pour l’une de ces réunions dont ils avaient le secret, protégés par la Loi du Silence.

- Puisque tu veux tout savoir, je sais très bien que Sammakko pense à partir, lança-t-elle. Il me l'a dit alors que j’étais à peine intronisée. J’ai voulu partir avec lui à l’époque et il a tout fait depuis pour adoucir le mal qu'il m'a fait le jour où il m'a confié cela. J’ai beau me dire que je n’ai pas le droit de le retenir, je voudrais en avoir le pouvoir. Il m'a dit que je serai là bien après lui. Je suis partagée entre l'envie de lui donner raison, d'aller où il veut que j'aille pour qu'il soit fier de moi et l'envie de laisser tomber quand lui laissera tomber.

La jeune femme soupira. Elle ne disait pas tout, mais Khân comprit l’essentiel : elle craignait, non pas le jour où Sammakko quitterait l’Ordre, mais celui où il l’abandonnerait, elle. Elle tenait à lui plus qu’elle ne l’avouait, parce qu’il faisait partie de cette nouvelle famille qu’elle avait acquise au sein de l’Ordre.

- Il faut que tu continues, toujours, répondit-il d’une voix douce.

Mais ses mots, au lieu de la calmer, firent exploser son inquiétude. Elle avait vu et imaginé le départ de Sammakko. En entendre parler était plus que jamais un calvaire, surtout à un moment où elle avait particulièrement besoin de lui. Elle appréhendait d’autant plus ce départ qu’elle ignorait si Khân l’interrogeait dans le but de la préparer mentalement au pire, ou s’il y avait une autre raison dont elle n’envisageait pas les conséquences.

- Pourquoi poser une telle question ? Demanda-t-elle encore.
- Simplement pour savoir, avoir une idée, rien d’important, je t’assure.
- Ne me pose plus ce genre de questions, ne me pose jamais plus une question pareille.

Accablé, Khân hocha la tête. Aucun des mots qu’il pouvait dire à présent n’aurait calmé le cœur de la jeune femme et il le savait. Alors il se contenta de l’attirer contre lui, comme pour la protéger des craintes qu’il avait fait naître en elle.

- Je suis désolé ma belle.

Il y avait un réel regret dans sa voix, mais Aurora ne l’entendit pas. Tout son esprit était concentré sur Sammakko. Il est des royaumes que les Rois eux-mêmes ne peuvent conquérir. Khân ne pouvait commander à celui de ce cœur farouche et entier.

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Sam 9 Oct 2010 - 23:06




LES PRINCES D’ÉTERNITÉ - La Justice d'un Traître


Un frisson dans la nuit. L’œuvre d’un traitre.…

......Deux jours qu’il avait prononcé les mots traîtres, qu’il avait livré les membres de l’Ordre aux Sorgins. Pourtant, il n’avait aucune nouvelle. Aucune action n’avait encore été annoncée. La nervosité gagnait l’homme d’heure en heure. Dans le miroir qui ornait le dessus d’un vieux buffet, il osa observer son reflet. Des cernes qu’il ne parvenait plus à maquiller assombrissaient ses yeux et la préoccupation avait creusé des sillons prématurés sur sa peau pâlie. C’était là le visage d’un traitre.
......Il risquait la mort et il le savait. Pourtant, il n’en avait cure. Un sourire éclairait même son visage de temps à autre. De la satisfaction, voilà ce qu’il éprouvait. La satisfaction d’être enfin libre après tout ce qu’on lui avait fait subir. Il en avait assez de l’Ordre et ses règles sordides. Il n’avait même pas cherché à fuir après sa trahison. À quoi bon ? Les hauts Conseillers ou les Princes auraient tôt fait de le retrouver avec leurs pouvoirs. Non, valait mieux attendre. Après tout, si les Sorgins réussissaient leur coup, l’Ordre aurait bien assez à faire pour ne pas se préoccuper immédiatement du traître qui était à l’origine du massacre.
......Réunir tous les Princes d’Éternité au même endroit, quelle absurdité. Une attaque réussie, et c’était leur mort assurée. Pourtant, ils le faisaient systématiquement à la naissance de chaque nouveau corps. Comme si les Mentors avaient eu besoin d’eux pour former les Apprentis. Ce risque était un atout pour lui. C’était le meilleur moyen qu’il ait trouvé pour se venger, enfin, après toutes ces années d’attente.
......Un frisson parcourut l’homme. Avec douleur, il se souvint de Nara, sa femme, de son beau visage affolé lorsque les Justes avaient fracassé la porte de leur maison. Les pleurs de Kati, leur fille que le bruit avait réveillée et qu’ils avaient fait sortir de la maison, dans le froid et la nuit, en chemise de nuit et pieds nus, résonnaient encore à ses oreilles. Comment aurait-il pu oublier ce monstre qui avait osé poser la main sur son enfant ? Comment oublier la violence de l’instant, de leurs coups quand il avait voulu défendre les siens ?
......Jamais il n’avait pu faire taire le souvenir des larmes qui ruisselaient sur le visage de sa femme lorsqu’ils avaient emmenée Kati à l’arrière de la grange, ni ses cris qui avaient déchiré la nuit. Des Justes. Où était la justice dans ces gestes infâmes ? Comment pouvaient-ils encore oser représenter cette justice ? Et ce portail qu’ils avaient créé ensuite pour envoyer Nara et Kati en Enfer, comment avaient-ils pu ? Elles étaient innocentes ! Ils les avaient accusées, avilies. Mensonges, mensonges toujours.
......L’Ordre n’était que mensonges et traîtres, pourquoi aurait-il respecté davantage ses engagements ? Il avait tout fait pour entrer au service des Conseillers, en une éternelle course à la vengeance, traquant la faille du système. Il savait que la Loi du Silence était un règlement d’or, qui donnait le droit de vie ou de mort sur ceux qui la trahissaient. Mais encore fallait-il connaître le nom du traître et il savait également à quel point les visions des membres de l’Ordre étaient aléatoires et floues, suffisamment en tout cas pour lui laisser une chance de passer inaperçu au sein du pouvoir mental.
......Après tout, il était bien passé à travers leur traditionnelle évaluation. Ils avaient sondé son esprit pour y détecter le mal, sa force d’esprit et de caractère. Il les a bernés, eux qui se croyaient tout puissants. Voilà à qui le monde est confié, des êtres vils, traîtres et menteurs. Devant son miroir, l’homme avait pâli, tiraillé par les souvenirs qui le rattrapaient. Dominé par la colère et la tristesse, il expédia son poing dans le morceau de verre poli qui lui renvoyait son reflet. Le sang coula le long de ses doigts clos.
......Sept ans de malheur disait-on. Pourtant, il avait déjà payé ses sept années de malheur, sept ans d’attente, de crainte d’être démasqué par l’œil avisé des Princes. IL avait trompé leur supercherie jusque là, et pourtant, il avait vu Sammakko au palais deux jours plus tôt. Il y avait de la suspicion dans le regard que le Prince avait posé sur le malheureux, mais devant le manque de réaction de ses supérieurs par la suite, il avait simplement mis ça sur le compte de sa paranoïa.
......L’homme franchit la porte, hagard et remonta la rue vers le palais. Il fallait qu’il avance, la victoire était si proche, il ne devait pas éveiller les soupçons avant l’heure et devait continuer à faire bonne figure devant ses supérieurs. Un sourire faux sur les lèvres, il pénétra dans le palais. Il lui fallut quelques minutes pour réaliser l’effervescence autour de lui. Les Conseillers s’agitaient en tous sens, un brouhaha général animait le grand hall. Quelques bribes de discussion parvinrent jusqu’à l’homme.

- Les Princes l’ont vu, disait quelqu’un. Nous sommes trahis.
- Paroles en l’air, disait un autre, d’un ton amer. Encore une fausse alerte qui va se terminer par une répression des Conseillers.
- Ils savent quelque chose ? Interrogea le traître en masquant toute appréhension de son visage et de ses mots.
- Rien, seulement que la Loi du Silence a été rompue. Les Princes ont averti les hauts Conseillers il y a deux jours, nous venons d’en être informés et le bruit se répand.

L’homme pâlit malgré lui. Deux jours. Alors Sammakko savait, et ce, bien avant que l’irrévocable se soit produit. Avec amertume et angoisse, le traître comprit qu’il avait sous-estimé les capacités des Princes. Ils savaient. Ils avaient compris avant qu’il n’agisse.

- Ils n’ont qu’à sonder le champ du pouvoir mental pour trouver le coupable, annonça un Juste qui avait, comme lui, surpris la conversation.
- Nous ne t’avons pas attendu pour le faire, répliqua une voix grave.

Erraldoïak se tenait là, droit et majestueux comme tous les Princes. Et le traître vit que l’œil du Prince était posé sur lui.

À suivre…

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Dernière édition par Nymphe Ydeil le Mer 13 Oct 2010 - 23:05, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Dim 10 Oct 2010 - 15:33




LES PRINCES D’ÉTERNITÉ - Le Rôle d'un Prince


Parfois on s’aveugle, mais l’Amour triomphe toujours quand il est vrai.

......Le menton dans les mains, Aurora refusait de dormir, malgré la nuit blanche qu’elle avait déjà passée. Elle guettait le retour de Sammakko, qui n’avait pas quitté le manoir depuis la fin de la matinée. Khân avait préféré partir avant d’aggraver les choses et elle se trouvait seule depuis. Elle savait que seul, le Prince avait le pouvoir de lui dire précisément ce qu’il en était. Jamais il n’avait joué avec elle dans le but de la tromper et ce qu’il n’avait pas dit était protégé par la Loi du Silence.
......Enfin, Sammakko apparut. Les traits tirés, la mine basse, il semblait las et la tension de ses épaules n’avait toujours pas disparu.

- Pourquoi est-ce que quelqu’un me demanderait ce que je pourrais penser si tu partais ? Demanda-t-elle doucement, lorsqu’il arriva à sa hauteur.

Appuyée à la muraille comme elle l’était, l’ombre la cachait toute entière, de sorte que le Prince sursauta au son de sa voix. Mais plus grande encore fut la surprise qui s’afficha sur son visage tandis qu’il comprenait la question.

- Parce qu’il y a de grandes chances pour que je parte bientôt, vu ce qui se passe actuellement, répondit-il.

La jeune femme renonça à le questionner sur les faits. Elle en avait une vague idée. Elle avait tenu le même discours auprès de Gonoe quelques jours plus tôt.

- Tu sais que certains te suivront si tu pars ?
- C’est inutile. Je ne suis pas là pour que l’on me suive et si je pars, c’est simplement que j’ai fait mon temps ici.

Faire leur temps. Ceux qui partaient n’avaient que ces tristes mots à la bouche.

- Je peux être franche ? Demanda-t-elle encore.
- Oui, vas y.
- Tu as toujours été là, lors de mon imprégnation, pour mon intronisation, tu as su lorsque j’avais besoin d’appui et quand j’ai voulu partir, ton refus m’a donné la motivation nécessaire. Si je pars, ce ne sera pas pour te suivre, mais simplement parce que je n’ai pas le cœur à poursuivre dans un Ordre dont j’ignore tout.
- Tu en sais plus que tu ne le crois.
- Peut-être, tu as toujours dit que je savais ou valais plus que je ne le croyais. Tu m’as dit aussi que je devais prendre ma place et ce jour là, je n’ai pas su où elle était. Je ne le sais toujours pas, mais je sais que ceux qui m’ont donné confiance en moi, c’est toi et Gonoe, ceux que j’apprécie, c’est toi, Stormbringer, Gonoe et Kakashi. Je n’ai pas besoin de faire partie de l’Ordre pour vous avoir près de moi.

Elle marqua une pause, puis ajouta :

- Enfin je le crois…

Le Prince soupira et s’assit près d’elle, le regard au loin.

- Depuis combien de temps es-tu au sein de l’Ordre ? Interrogea-t-il.
- Sept mois environ.
- Je suis ici depuis des années. Je suis fatigué, démotivé, sans aucune envie.
- Je sais, à celui qui m’a demandé ce que je pensais de ton départ, j’ai répondu que je n’avais pas le choix.
- Tu sais, quand je fais une remarque sur la nouvelle imprégnation avec quelques jours de retard et qu’on me dit qu’il faut que je revois mes priorités, quand on me dit que je réagis trop tard lorsque j’ose donner des informations aux Conseillers, ça calme bien des ardeurs.

Derrière les mots du Prince, Aurora devina plus qu’il n’en disait. Elle s’était tenue à l’écart des décisions prises pour l’imprégnation, mais elle savait que les Mères Initiatrices en débattaient toujours. Les décisions avaient été prises sans elle, sans Stormbringer qui avait renoncé. Peut-être sans Setan, si, comme elle, il avait osé donner son avis. Mais elle avait pu voir le calme de Sammakko lors de la réunion et savait qu’il avait essayé de guider les décisions des Mentors au mieux.
......Elle savait aussi que la tension qu’elle avait lue dans ses épaules à son retour était dû à un événement extérieur. Il avait dû se passer quelque chose là où il était allé. La jeune femme regretta soudainement de ne pas l’avoir accompagné lorsqu’il le lui avait proposé. Elle savait qu’elle ne pouvait pas l’interroger, la Loi du Silence ne lui permettrait pas d’obtenir des réponses.

- Je suis trop jeune au sein de l’Ordre et probablement trop isolée pour connaître tous les tenants et aboutissants de ce qui se passe et j’ignore de quoi tu parles, mais je te vois tendu, à la limite de l’énervement et je sens bien qu’il se passe quelque chose.
- Écoute, je vais bien rire quand les Apprentis vont devoir affronter leurs premiers Anathèmes. Ils n’auront pas le niveau. Lors du dernier corps, certains se plaignaient de la longueur de certaines imprégnations. Cette fois, on va dépasser des records.
- J’ai déjà dit ce qui ne fonctionnait pas dans notre système, soupira Aurora. Les Apprentis du dernier corps m’avaient parlé des failles et j’ai repris les idées de Stormbringer, au risque de perdre ma crédibilité. Mais personne n’a réagi. Crois-tu objectivement que ça vaille le coup de se battre pour changer les choses ?
- À ton niveau, oui, au mien, non. Je n’ai plus la motivation. Je suis las de tout ça.

Aurora hocha la tête sans conviction. Les propos du Prince ne la rassuraient pas. Elle aurait voulu se battre comme il le demandait, mais ne se sentait pas plus de courage que lui.

- Tu crois que je devrais abandonner les Sibylles de Babyon pour me consacrer entièrement à la lutte de l’Ordre ?
- C’est à toi de voir, pas à moi.
- Tu dis toujours ça, reprocha doucement la jeune femme avec un sourire triste.
- Je n’ai pas à prendre de décisions pour toi, Aurora, je ne suis pas ton tuteur.
- Non, juste un pilier, souffla-t-elle comme à regret.
- Tu n’es pas la seule à le penser, soupira le Prince en se levant. Crois moi, quand des gens pensent ça, ce n’est pas facile à assumer… et je n’ai jamais vraiment assumé l’être d’ailleurs.
- Tu préfèrerais ne pas l’être, ne pas avoir autant de responsabilités sur les épaules ? Tenta la jeune femme.
- Non, les responsabilités ne m’ont jamais fait peur. Simplement, on me donne un rôle qui ne me correspond pas. Je le trouve exagéré.

Aurora hésita. Elle savait que si elle ne disait rien, le Prince partirait, la laissant avec plus d’énigmes qu’il n’en avait résolues. Mais elle ne pouvait se résoudre à la terrible évidence : elle s’était trompée sur le compte de Sammakko, sur son rôle. On avait fait de lui un modèle et un guide, il ne l’était pas devenu parce qu’il avait souhaité l’être. Il subissait cette vision des choses.

- Tu crois que c’est parce que tu es un Prince d’Éternité qu’on te voit comme ça ? Chercha-t-elle à comprendre.
- Peut-être, mais il y a autre chose. Je fais ce que j’ai à faire, c’est tout.
- Non, c’est faux, protesta la jeune femme. Mikyle le fait, Chermak aussi, pas toi.

Sammakko eut un haussement d’épaules.

- Là dessus, tu te trompes.
- Tu es le seul qui soit jamais venu me voir quand j’avais besoin d’aide. Combien de fois t’ai-je dit que ce n’était pas ton rôle, et pourtant, tu étais là. Il y a autre chose chez toi.

Cette fois, ce fut Sammakko qui hésita. Il ouvrit la bouche, comme pour dire quelque chose, puis renonça. Dans son regard, Aurora surprit plus que de la lassitude : de la tristesse. Elle en éprouva du remords, craignant de s’être trop avancée en livrant le fond de son cœur au Prince.

- Je vais me reposer, souffla enfin Sammakko. Les jours prochains promettent être difficiles. Prépare-toi, Aurora.

Elle approuva d’un signe de tête et le regarda s’éloigner. Dans la ligne de ses épaules, la tension avait cédé la place à une profonde mélancolie.

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Mer 13 Oct 2010 - 23:00




LES PRINCES D’ÉTERNITÉ - Les Dragons Blancs


Vouloir vivre n’est pas savoir vivre...

......Avec le retour de Sammakko à Zéessa, les Mentors purent enfin commencer l’Imprégnation. Dès le lendemain, Aurora put donc prendre en charge son premier groupe d’Apprentis et oublier provisoirement ses préoccupations vis à vis de Sammakko. Comme des générations entières de Mentors l’avaient fait avant elle, elle ouvrit son esprit aux jeunes gens qui suivaient son enseignement et les guida à travers la mémoire collective, leur dévoilant progressivement les couches successives de souvenirs à travers lesquelles ils allaient devoir naviguer plus tard.
......Ce jour-là, en plus des sortilèges de base, qu’ils auraient souvent à employer, notamment celle qui leur permettrait de créer leur propre portail, elle leur inculqua de nouvelles valeurs : celles qui guideraient leur comportement de Justes.

- Être Juste, ce n’est pas uniquement punir des hommes et des femmes qui ont fait le mal, rappela-t-elle. C’est aussi, et surtout, montrer l’exemple. Respect, courtoisie, sagesse, ce sont trois aspects comportementaux que vous devrez respecter en tout temps.
- Même quand on ne nous respecte pas ? Interrogea Kiks.
- Surtout à ce moment-là.

Pour Aurora, le rôle des Justes dépassait celui de justiciers, il comptait également une part d’entraide, de compassion, d’écoute, aspect dont l’imprégnation ne suffisait pas à rendre compte. C’était à chacun, le moment venu, de se forger son opinion, de donner ce qu’il était en mesure d’offrir au peuple dont il aurait la charge.
......Au cœur de la mémoire, Aurora montra aux Apprentis l’utilité de la Loi du Silence et les enjoignit à la respecter. Ils avaient tous l’obligation de signer la Pierre du Silence que les Princes d’Éternité avaient installée au centre de la place, mais pour certains l’exercice était plus dur que pour d’autres. Le sortilège qui traçait leur nom dans la pierre était complexe. La jeune femme se souvenait d’avoir signé parmi les premières de son corps, mais elle se souvenait aussi que tout le monde n’avait pas eu la même facilité qu’elle.

- Que risque-t-on si on trahit la Loi du Silence ? Demanda Kiks.
- Les Enfers ou la mort, répondit évasivement Aurora, qui ne savait pas très bien elle-même les conséquences d’un tel acte.
- Oui, mais c’est de la théorie, personne n’est jamais mort pour ça, si ?
- Et bien, il y a déjà eu un Juste qui a été envoyé aux Enfers pour nous avoir trahis.
- Ça me paraît surréaliste, répondit Kiks d’un ton dubitatif. De quel droit nous enverrait-on aux Enfers ?
- Si tu veux vérifier, tu peux toujours essayer de trahir, répliqua Aurora sans perdre son sang froid.

Les autres Apprentis rirent de bon cœur et Kiks abandonna provisoirement le débat, mais Aurora n’était pas dupe, elle savait que tôt ou tard, le jeune homme reviendrait à la charge avec ses questions. Lorsqu’enfin, elle rompit le contact mental avec les Apprentis, la cloche de la cathédrale sonnait le repas du soir. Chacun se replia vers le manoir en bavardant, Aurora, soulagée d’avoir réussi sa première imprégnation, gardant le silence. Karaliene l’aborda dès la fin du repas.

- Ton imprégnation s’est bien déroulé ? Demanda-t-elle.
- Oui, très bien, aucun problème, répondit la jeune fille.
- Tu es faite pour cela, l’encouragea la Mère Initiatrice avec un sourire chaleureux. Il a fallu que tu tombes sur Kiks et ses questions en plus, mais tu t’en es très bien tirée. Tu as un don pour expliquer les choses. J’aimerais avoir ton aisance.

Pour la première fois depuis le début du conditionnement mental des Apprentis, Aurora sourit, de ce sourire spontané qui lui était devenu rare et qui n’avait rien d’un masque. Elle était réellement heureuse de pouvoir donner enfin tout ce qu’elle pouvait pour participer à l’avenir de l’Ordre. Autour d’elle, les Apprentis plaisantaient entre eux tout en s’apprêtant à quitter la salle. Par-delà la tablée, elle surprit le regard de Kakashi posé sur elle et elle hocha la tête dans sa direction. Elle savait ce qu’il avait en tête. Oui, il était temps.

- Je fais venir les autres Mentors ? Interrogea-t-il mentalement.

Elle approuva et près d’elle, Karaliene sourit à son tour.

- Allez y, les encouragea-t-elle.
- Tu ne viens pas ? Lui demanda Aurora.
- Non, ce n’est plus pour moi tout ça. Amusez-vous bien.

La jeune femme acquiesça, puis sollicita l’attention des Apprentis, les invitant à les rejoindre dans la cour. Une dizaine de jeunes les suivirent avec enthousiasme. Elle savait ce qui les attendait. Elle était passée par là et cette sortie qui se préparait était un moyen de consolider les liens entre eux. Pourtant, elle resta en retrait, laissant les Apprentis dévaler l’escalier autour d’elle, se sentant soudaint vieillie, bien qu’elle ait été à leur place quelques mois seulement plus tôt.
......Les chevaux étaient déjà sellés. Bien sûr. Tout était prêt pour cette sortie qui resterait sûrement l’une des plus mémorables de cette période. Zeytun, Dhuma et Tolo les attendaient. Quelques minutes plus tard, Apprentis et Mentors s’élançaient ensemble et franchissaient la porte de la cité. Ils galopèrent jusqu’aux falaises du nord. Animées par l’attrait de la nouveauté, les jeunes recrues étaient à la fois impatientes et perplexes à l’idée de découvrir ce que leurs Mentors leur réservaient. Mais la surprise fut à la hauteur de leurs attentes. Les lourds dragons blancs dominaient le ciel, comme prévu, comme ça avait toujours été le cas après la première imprégnation.
......Cette manifestation simple et pourtant traditionnelle suffisait à raviver les souvenirs d’Aurora, souvenirs de son propre conditionnement mental. Elle connaissait les dragons et le plaisir fou que procuraient les premiers vols, la course qui s’engageait contre les Mentors, beaucoup plus adroits, aguerris par des années d’expérience, une course qu’un Apprenti remportait parfois, portant alors les siens en triomphe dans un de ces fous rires qui caractérisaient l’événement.
......Bientôt, les Apprentis s’envolèrent avec enthousiasme, suivant l’exemple des Mentors, chevauchant à leur tour ces bêtes sauvages et nobles comme ils avaient chevauché leurs destriers, comme des générations de recrues l’avaient fait avant eux. Deux groupes, l’un mené par Dhuma, l’autre par Tolo, prirent d’assaut les cieux rougeoyants. Kakashi et Zeytun les accompagnèrent, tandis qu’Aurora demeurait à terre avec quelques-uns des Apprentis qui avaient préféré observer la scène plutôt que d’y participer.
......Portés par le vent, les cris et appels des plus téméraires leur parvenaient depuis le ciel, les invitant à monter à leur tour. Et Aurora en souriait, amusée. Bientôt, elle resta seule, en retrait, accompagnée de Kiks, Kakashi et Zeytun, qui avaient fini par se lasser de la haute voltige et avaient remis le pied sur la terre des hommes. Au-dessus de leurs têtes, les groupes explosèrent, les dragons s’élancèrent individuellement, guidés par leurs cavaliers intrépides. Les dernières lueurs du jour avalèrent l’éclat mordoré de leur poitrail et les cris s’éloignèrent. Alors, les trois Mentors et l’Apprenti prirent le chemin du retour en bavardant d’égaux à égaux, insouciants, libres. Et Aurora parla du passé avec cet Apprenti qui avait soif de son savoir, un passé à jamais révolu, mais ils l'ignoraient tous les deux.

À suivre…

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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Ven 15 Oct 2010 - 17:22




LES PRINCES D’ÉTERNITÉ - Le Plan des Sorgins


À Aradris, mon voisin de saga !

......Dans le vent sournois de la nuit, Zharick attendait son maître. Enfin, l’information suprême leur avait été révélée, celle qu’ils n’osaient pas attendre. Il ne comprenait toujours pas la démarche du traître qui la leur avait livrée, mais le Maître lui faisait confiance, il avait dit qu’il disait vrai et le Sorgin n’osait pas défier l’autorité de son aîné. D’autres en revanche n’étaient pas si sages et manifestaient ouvertement leur désapprobation. Ceux-là payeraient sûrement leur infidélité, à l’heure du jugement. Mais pour l’instant, il fallait s’unir. C’était leur seule chance de triompher.
......Autour de Zharick, l’impatience gagnait l’assemblée. Elle réclamait son maître de ce bruissement sourd et nerveux. Pour la deuxième fois de leur histoire, les membres du Conseil étaient tous réunis. Ils étaient reconnaissables à la pierre blanche qui ornait leur poitrine. Les vingt quatre runes étaient là, tranchant sur les toges noires des Porteurs. Du pouce, Zharick caressa le pendentif qui pesait autour de son cou. Un sourire étira ses lèvres pâles.
......Depuis qu’il avait été nommé Porteur, il attirait les regards plus que quiconque parmi les Sorgins. Il en connaissait la raison : il n’était pas vraiment l’un des leurs, mais l’attention toute particulière que lui apportait le maître suscitait bien des jalousies. Il n’avait ni les oreilles pointues, ni le crâne chauve de ses alliés. Aucune callosité ne renforçait les articulations de ses mains et ses pupilles n’avaient pas ce gris si clair qu’il en était presque blanc. Il était né homme et sa physiologie était celle de son espèce.
......Le maître l’avait pourtant adopté comme son fils, sans faire de distinction. Il lui avait tout appris, il l’avait nommé Porteur et beaucoup voyaient en lui son successeur. Zharick retint un haussement d’épaules. Le maître n’avait en effet aucune descendance et avant sa mort, il devrait désigner l’un des Porteur pour lui succéder. Mais élire un homme pour diriger les Sorgins serait la pire folie qui soit. Rien ne retiendrait alors l’unité de leur cercle qui exploserait faute d’un semblable pour maintenir la cohésion entre eux.
......Quelqu’un bouscula Zharick au moment où le maître franchissait la porte de la salle. La vieille créature avançait d’un pas traînant, appuyé au bras d’une jeune femme voilée de blanc. À son cou, Wyrd, la rune du destin, noire à l’inverse de ses sœurs. C’était la seule Porteuse, choisie avec le plus grand soin et éduquée dès son plus jeune âge pour remplir le rôle qu’on lui confiait. Elle devait conserver sa pureté comme son plus grand bien et commandait aux vingt quatre autres runes.
......Immédiatement, le silence s’abattit sur l’assemblée. Réunis en demi cercle autour du trône sur lequel venait s’asseoir le maître, les Porteurs abattirent d’un même mouvement la capuche qui masquaient leurs traits. La Porteuse vint se placer au centre du cercle, à quelques mètres devant le trône. Alors, l’ancêtre de cette confrérie parla, dévoilant enfin le plan des Sorgins.

- Mes frères, écoutez moi. Un homme nous a révélé l’emplacement des Princes d’Éternité et nous avons enfin la possibilité de les vaincre.

Un brouhaha s’éleva dans la salle, manifestant chez les uns la désapprobation, chez les autres, la surprise. La créature attendit un peu avant de poursuivre :

- Ils se trouvent présentement à Zéessa, sous la faille des origines. Pour les vaincre, nous n’avons qu’une chose à faire : ouvrir la faille et laisser les Anathèmes se déchainer sur le monde.

L’incrédulité paralysa l’assemblée durant quelques secondes, puis plusieurs Sorgins firent comprendre leurs doutes dans une cacophonie extrême, à la limite du supportable. Le maître fit taire les protestataires d’un signe.

- Cela sera décidé par les runes, ainsi le veut la tradition.

Alors, la Porteuse se leva avec grâce et, fit le tour du cercle. Un par un, les Porteurs retirèrent leur collier et déposèrent dans son giron en prononçant la formule consacrée :

- Ici, sur le cercle du monde souterrain, par moi, depuis ma grandeur jusqu’à mon déclin et par la main de ma descendance après moi, vit Feoh, la rune de Frey, seigneur du monde et des dieux. Puisse-t-elle exaucer notre volonté à tous par ta main, fille du Wyrd.
- Ici, sur le cercle du monde souterrain, par moi, depuis ma grandeur jusqu’à mon déclin et par la main de ma descendance après moi, vit Ur, la rune du pouvoir et des forces telluriques. Puisse-t-elle exaucer notre volonté à tous par ta main, fille du Wyrd.

Puis, à son tour, la jeune Porteuse fit entendre les mots qui complétaient le sortilège :

Huit sont nées au nord sous la main des Nains
Huit sont nées au sud dans la bouche des Ases
Huit sont nées à l’est au berceau des Hommes
Depuis l’ouest, puissent-elles répandre le Wyrd
Sur la terre des Rois et jusqu’aux Enfers.


Lorsque ce fut fait, elle lança les runes vers le ciel. Alors, le destin se révéla aux yeux de tous, un destin sombre, funeste, qui annonçait le déversement des ténèbres sur le monde. Là, sous les yeux de l’assemblée et par l’entremise des runes, la fin des Justes se profilait enfin, après des années d’attente.

* * *


......Pour la énième fois, AlphaMaverick soupira en rangeant une couverture au fond de son sac. Depuis leur arrivée à Dakila, il n’avait pas cessé de se plaindre. Bien qu’elle soit la capitale des terres de Golyam, la ville était petite, insalubre et ses habitants peu accueillants à l’égard de Justes inconnus. Avec le retour de Gonoe, qui les avait pressé de préparer leur sac, les deux jeunes gens avaient vu se réaliser leur rêve de repartir. Pourtant, Alpha ne semblait pas vouloir abandonner ses plaintes :

- Pourquoi doit-on partir à cette heure ? Comme si ça ne pouvait pas attendre, bougonna-t-il en replaçant dans son sac une gourde qu’il venait d’en sortir.

En réalité, il était tout juste trois heures du matin. L’aube n’était même pas encore là et le Gardien avait fait lever ses deux protégés sans daigner leur fournir la moindre explication.

- Il fait encore nuit, j’ai sommeil, ronchonna le jeune Juste en bouclant enfin son paquetage.

Sur le pas de la porte, Lord Stormhead l’observait, un curieux sourire au coin des lèvres. Sans se moquer, il manifestait un certain amusement devant la mauvaise volonté de son camarade.

- Allez, viens, on se reposera plus tard, tempéra-t-il patiemment.

Pour la troisième fois, Alpha jeta un rapide coup d’œil autour de lui, comme s’il avait pu oublier quelque chose dans le réduit qui leur servait de chambre. Avec pour seul mobilier, deux matelas et un pupitre bancal, le galetas ne risquait pas de cacher quoi que ce soit. Deux enjambées suffisaient à le traverser.
......Dehors, Gonoe attendait, trois chevaux à la main. Il avait déjà payé la chambre à l’aubergiste qui les observait d’un air méfiant depuis le pas de la porte. L’homme avait accueilli le Gardien avec fort peu d’égards compte tenu de l’heure, mais celui-ci n’en avait cure. Sans prononcer un mot, il se mit en selle et cingla son cheval qui s’élança au galop.

- On peut savoir où on va ? Demanda AlphaMaverick qui se maintenait à sa hauteur.
- Loi du Silence, répondit le Gardien. Vous saurez quand vous arriverez.
- Génial, commenta le Juste.

Lord Stormhead n’ajouta rien. Il savait que Gonoe ne parlerait pas davantage. Ils galopèrent donc dans le silence et le noir, vers une destination inconnue et avec la lueur des étoiles, pour seule compagnie.

À suivre…

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« À six ans, je savais écrire. Mais ici, nous n'écrivons pas. Nous vendons du Rêve. » [red13]


Dernière édition par Nymphe Ydeil le Sam 16 Oct 2010 - 14:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Nymphe Ydeil] Les Princes d'Éternité II - INACHEVÉE   Sam 16 Oct 2010 - 14:30




LES PRINCES D’ÉTERNITÉ - Prémonitions


À toi, Maxime, pour ce don de paix.

......Cette nuit là, Aurora céda au sommeil, vaincue par des heures de veille. Mais elle ne trouva pas le repos. Elle n’avait pas put chasser complètement son inquiétude pour Sammakko avant de s’endormir et la présence de celui-ci hanta chacun de ses songes. Peu avant l’aube, un rêve plus réaliste que les autres occupa son esprit. Elle vit le Prince et sentit sa présence mentale auprès d’elle.

- Je dois te montrer quelque chose, déclara l’apparition.

Elle sentit l’énergie familière de Sammakko entourer et s’approprier chacune de ses pensées, abattre chacune de ses barrières pour établir le contact, mais elle le laissa faire. Alors, il commença le transfert et les images se mirent à défiler dans l’esprit d’Aurora.
......Elle vit Zéessa en proie aux flammes. Les Mentors distribuaient des ordres incohérents qu’elle n’entendait pas. Mikyle et Erraldoïak entraînaient les Apprentis avec eux et des dizaines de Justes luttaient contre des assaillants vêtus de noir. Dans le ciel qui surplombait la ville, un immense portail mauve colorait les nuages. Des ombres noires planaient sous sa surface qui ondulait dans l’air glacial de la nuit. Elles tournaient en cercle, menaçantes comme des vautours affamés.
......Dans un ultime fracas, le pont levis de Zéessa fut abattu et les hordes hurlantes des Sorgins pénétrèrent dans la ville. Au même instant, les deux Princes d’Éternité se barricadaient avec les Apprentis dans le manoir. Sammakko les aida à fermer les portes. Tandis qu’elles se refermaient, il eut un signe de tête en direction de Mikyle.

- Le traître payera, promit-il. Sauvez les Apprentis.

Et il se retourna pour faire face aux Sorgins qui franchissaient le dernier pont, la dernière barricade. À ses côtés, Gonoe, Lord Stormhead, Alpha Maverick, Kakashi avaient levé leur épée, s’apprêtant à unir leurs forces dans ce qui pouvait être leur dernier combat. Alors, les ténèbres engloutirent les images et la voix de Sammakko s’éleva dans l’esprit d’Aurora.

- Prépare-toi, lui ordonna-t-il.

Aurora se réveilla en sursaut, baignée de sueur. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine et dans ses tympans. Elle était glacée. Dehors, il faisait déjà jour, mais elle n’entendit pas de cris d’horreur, ni les chocs sourds d’un combat. Tremblante, elle alla jusqu’à la fenêtre pour se rendre compte que la seule chose qui parvenait à ses oreilles, en dehors des battements désordonnés de son cœur, c’était les rires des Apprentis qui plaisantaient sous ses fenêtres. L’un d’entre eux la salua. Elle reconnut Kiks.
......La jeune femme ne prit même pas la peine de lui répondre, elle enfila rapidement sa tunique et dévala l’escalier. Elle fit irruption dans les quartiers des Princes quelques secondes plus tard et se trouva nez à nez avec Gonoe. Le Gardien portait encore une cape poussiéreuse qui indiquait qu’il revenait de voyage. Derrière lui, AlphaMaverick et Lord Stormhead portaient la même tenue. Les trois jeunes gens tombèrent dans les bras les uns des autres.

- Quand êtes-vous arrivés ? S’informa la jeune femme, oubliant son rêve le temps de l’étonnement.
- Il y a dix minutes à peine, répondit Storm en l’attirant contre lui.
- Mon cher Gardien nous a tiré du lit en pleine nuit ! Crut bon de noter Alpha, qui protestait maintenant pour la forme.
- C’est mon Gardien, je ne fais que te le prêter, plaisanta Aurora.
- Je ne suis à personne, protesta Gonoe d’un ton contrarié.

Les Princes d’Éternité commençant à regarder cette invasion bruyante d’un œil critique, Sammakko entraîna tout le monde à l’extérieur. Lord Stormhead avait passé un bras protecteur autour des épaules de sa bien aimée, ce dont l’intéressée ne se plaignait absolument pas. Le groupe se rendit à la taverne et se réunit autour d’une table, au fin fond de la salle. Les deux Justes, toujours pas très sûrs de savoir pourquoi on les avait fait venir, interrogèrent à nouveau leurs aînés. Mais ceux-ci demeurèrent évasifs, préférant plaisanter à loisir sur divers évènements qui avaient eu lieu au sein de l’Ordre.
......Ils ne se privèrent pas pour critiquer le manque d’implication de certains Justes sous le regard étonné des trois plus jeunes et les faiblesses apparentes de certains candidats qui avaient participé aux récentes sélections.

- Quand je pense qu’à mon époque, on prenait ce genre de candidats, commenta Sammakko en buvant la bière qu’il avait commandée.
- C’est vrai, on se demande toujours comment tu as fait pour passer les sélections avec une sélection aussi minable, ironisa Gonoe, un sourire au coin des lèvres.
- Oh mais je ne m’accepterai pas maintenant, répliqua le Prince avec sérieux.
- J’ai vu ta sélection dans la mémoire et je ne te prendrai pas non plus, assura Aurora, ce qui souleva l’hilarité générale.
- Il y a de meilleurs éléments que d’autres de toute façon. Pour certains, on sait même en avance qu’ils seront pris parce qu’ils connaissent déjà du monde au sein de l’Ordre, annonça Gonoe.

Sammakko approuva en désignant Aurora du menton, ce qui lui valut l’acquiescement du Gardien. Offusquée, la jeune femme protesta.

- Je n’ai pas été poussée par qui que ce soit, je ne connaissais personne ! Soutint-elle avec ardeur.
- Pour ta candidature, non, c’est sûr, mais pour ta sélection, ce n’était qu’une formalité, expliqua Sammakko. On savait tous que tu allais être admise avant même que tu la passes.
- Dites moi tout de suite que je stressais pour rien à l’idée de cette évaluation mentale, maugréa-t-elle, un peu choquée.

Les autres sourirent, tandis que la cloche sonnait l’heure de l’imprégnation. Le groupe se leva et quitta la taverne tout en continuant à bavarder.

- C’est avec ce genre de certitudes qu’on sait que l’avenir de l’Ordre est entre de bonnes mains, commenta AlphaMaverick.
- L’Ordre n’a pas à s’en faire, même si je pars, je sais que je partirais en paix, répondit Sammakko.

Le sourire d’Aurora s’effaça instantanément. Elle préféra ne pas répondre et regarda ailleurs. Le départ du Prince était toujours douloureux pour elle. Sammakko, qui marchait près d’elle, nota sa réaction et il ajouta.

- De toute façon, je connais déjà mon successeur.
- Cela promet d’être folklorique encore, dit Gonoe, un peu désapprobateur.
- Je connais déjà mon successeur, insista Sammakko d’un ton qui alerta Aurora.

Elle lui jeta un regard interrogatif et il lui sourit en désignant quelqu'un devant eux. Aucun des trois autres n’avait surpris son geste et la jeune femme eut un sourire, à mi chemin entre soulagement et reconnaissance. Elle sut que le Prince avait compris ses inquiétudes et qu’il la rassurait par cet aveu à demi-mots. À travers cette confidence, il l’apaisait, assez pour qu'elle accepte plus sereinement l’idée de son départ. Elle en éprouva pour le Prince une gratitude immense.

- Il sait ? Demanda-t-elle mentalement.
- Non, fut la réponse tranquille.

Et Aurora sourit à nouveau, heureuse de connaître la décision de Sammakko et de recevoir une telle confidence. Elle en oublia pour un instant son rêve, ses interrogations, ses craintes et ne comprit jamais que c'était là tout ce que le Prince avait voulu pour elle.

À suivre…

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