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 [U36] Les Princes d'Éternité - La Reine d'Éternité (XI)

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Nymphe Ydeil
Enfant de Lune
Enfant de Lune
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MessageSujet: [U36] Les Princes d'Éternité - La Reine d'Éternité (XI)   Jeu 16 Juin 2011 - 16:09



* * * LES PRINCES D'ÉTERNITÉ * * *
La Reine d'Éternité


Au plaisir simple des choses simples...

[align=justify]Le disque pourpre se déchira sur toute sa surface. La créature, bien plus énorme que toute celle que le vortex avait pu vomir jusqu’à présent, darda son regard blanc et vitreux sur les deux dômes. Choisir sa cible était facile. Sa langue rouge passa sur ses babines, dévoilant une double rangée de crocs plus acérés les uns que les autres. Ses lèvres, courtes et peu charnues, remontaient naturellement sur ses gencives, cachant à peine une mâchoire inférieure proéminente. Ses narines étaient presque inexistantes, cachées sous un repli de chair quelque part entre ses deux yeux blancs, injectés de sang. Deux longues oreilles pointues, situées sur le côté de son crâne, complétaient le portrait de ce monstre.
D’un bond, la bête fut au sol. Court et trapu, le reste de son corps était à l’avenant. Un cou robuste, qu’on aurait dit protégé par une rude carapace écailleuse tant la peau était épaisse, reliait la tête à un tronc tout entier fait de muscles et d’os. La bête possédait deux bras courts, mais massifs, pourvus de doigts plus gros qu’un tronc d’arbre et deux pattes postérieures, dont l’extrémité laissait penser autant à un sabot qu’aux serres d’un aigle royal. Les cuisses de l’animal étaient hérissées de piquants, tout comme son épine dorsale, qu’il avait haute et saillante.
Enfin, deux ailes gigantesques jaillissaient de ses omoplates, ténébreuses et musculeuses. La créature possédait de surcroît une queue deux fois plus longue que son corps. Les replis de cuir y traçaient des sillons étranges, tandis que les jointures des vertèbres qui la constituaient saillaient sur les côtés. La partie inférieure se terminait par un dard pourpre qui ne laissait aucun espoir quant à la passivité du venin qu’il contenait.
Pour la première fois, le masque détaché d’un Prince tomba. Cette bête, c’était le Cheren, le démon noir, l’un des fils les plus monstrueux des Enfers. Sammakko lança un regard en arrière, vers Aurora qui n’avait toujours pas conscience de ce qui se déroulait autour d’elle. Combien de temps tiendrait-elle face à l’assaut d’un tel monstre ? Combien de temps pourrait-il lui donner ? Combien de temps tiendrait le second dôme ? Tout n’était désormais qu’une question de temps. Les premiers ordres fusèrent dans la bouche de Gonoe. Ne plus toucher les harpies. Ne pas viser le portail. Ne pas nourrir ce monstre assoiffé de pouvoir.
Sur les visages douloureusement fermés des hommes, Sammakko lut autre chose que la peur, il y avait désormais de la fatigue. Ses hommes vacillaient déjà. Depuis combien de temps luttaient-ils ainsi, abattant harpies après harpies sans en voir le bout, les yeux écarquillés sur les ténèbres de la nuit, aveuglés parfois par l’éclat vermeille qui se confondaient avec ceux des boucliers ? Un bref coup d’œil sur la situation lui donna un bilan qui n’était pas très glorieux : des dizaines d’hommes et de femmes étaient tombés.
Dans l’air glacé, Gonoe fit ce que Sammakko aurait dû faire, il lança les ordres nécessaires pour que chacun reprenne sa place, pour qu’une barrière se crée face au monstre et que tous ceux qui soient en mesure de lui résister le fassent. Des épées se dressèrent, leur lame reflétant la lueur des boucliers. Le Prince tira lui aussi son arme hors du fourreau. Le flamboiement familier illumina les ténèbres et les hommes se campèrent fermement devant le Cheren.
Ainsi défiée, la bête rugit et déploya ses ailes. Son souffle brûlant balaya les harpies les plus proches et elle cracha sa colère en direction du dôme le plus faible. Un jet de flammes frappa la défense d’énergie. Les Gardiens qui la constituaient tinrent bon et renforcèrent la puissance de leur sort. Depuis le dôme voisin, les tirs incessants des Justes frappaient la carapace du monstre, mais en vain. De part et d’autre, les dégâts étaient nuls.
Rendu furieux par la résistance qu’il rencontrait, le Cheren fondit sur le bouclier et le lacéra de ses griffes, manquant de le faire exploser sous son poids. La défense des Justes vint du ciel cette fois. Des dizaines de dragons fondirent depuis l’ombre des nuages. Les cris de guerre de leurs cavaliers résonnèrent contre les aspics rocheux de la montagne et détournèrent l’attention de la bête. Houspillée de partout par des sorts, la créature lança vers le ciel une nouvelle langue de feu. Quelques dragons touchés tombèrent en chute libre, mais la plupart d’entre eux évitèrent les flammes et reprirent leur assaut acharné. Chacun luttait au delà de ses forces dans une lutte sans merci.
Depuis le sol, d’autres Justes quittèrent finalement la protection des dômes et assaillirent les pattes du monstre. Certains lancèrent des filins d’énergie destinés à immobiliser la bête, mais elle se débattait tant que leurs tentatives ne permettaient que de la ralentir l’espace de quelques secondes. Le Cheren, qui ne savait où donner de la tête finit par balayer d’un coup de queue la résistance qui luttait au sol. Ses ailles immenses fouettèrent le ciel, créant un courant d’air formidable qui déstabilisa les dragons.
Puis, il percuta de tout son poids le bouclier qu’il avait pris pour cible. Cette fois, la barrière d’énergie se rompit dans un grincement horrible et les harpies qui continuaient à tourner autour se ruèrent à travers la brèche. Immédiatement, les Gardiens relâchèrent leurs efforts et le dôme s’effaça entièrement. Les hommes qui demeuraient sous sa protection redoublèrent d’acharnement et les boules de feu fusèrent vers les créatures.
Les dragons, éperonnés jusqu’au sang par leurs cavaliers inquiets, foncèrent au niveau du sol et enlevèrent dans les airs le plus de Justes qu’ils purent porter entre leurs serres. Les harpies durent lutter contre ces bêtes ailées plus gros mais plus lestes qu’elles. D’un coup de mâchoire, un dragon pouvait aisément briser le cou de l’une d’entre elles. En revanche, une fois chargé de leur précieux chargement, ils perdaient en rapidité et les harpies purent à loisir déchiqueter les ailes de ces nobles montures qui allaient alors s’écraser au sol, quelques mètres plus bas.
Le Cheren faisait claquer sa mâchoire au dessus des survivants, balayant les fugitifs d’une patte comme un chat se jouerait d’une souris. Certains avaient déjà péri sous la langue de feu. D’autres gisaient au sol, blessés ou morts. Depuis l’autre dôme, les filins d’énergie fusèrent à nouveau. L’un, plus puissant que les autres, parvint à museler la bête qui se cabra de toute sa hauteur en fouettant les airs de sa queue avec fureur. Lorsque le câble se rompit en son milieu, les ordres fusèrent à nouveau parmi les Justes.
Des dizaines de nouveaux filins jaillirent dans les ténèbres et cherchèrent à nouveau à maintenir la gueule du Cheren. Lorsque ce fut fait, les hommes s’arc-boutèrent pour tendre les câbles. D’autres se ruèrent à l’assaut de la bête qui alla s’écraser au sol. La bête furieuse se tordait de telle sorte que sa queue fouettait tout, se fracassant sur les parois rocheuses ou s’abattant au milieu des rangs armés. Avant que les filins d’énergie n’aient pu maintenir les ailes, l’une d’entre ailes se déplia au niveau du sol. Avant même qu’elle ne frappe, Sammakko appréhenda le choc.

- Couchez-vous ! Hurla-t-il.

Une seconde avant le coup, il fut auprès d’Aurora. Lorsque l’aile percuta le bouclier, il roula au sol, la jeune femme au creux de ses bras. L’énergie brisée balaya tout dans un fracas assourdissant. Le Prince la sentit se déverser à travers lui, brûler la moindre parcelle de peau en contact avec Aurora. Il réprima le cri de douleur qui fusait en lui, et sans lâcher la jeune femme, il se contenta d’absorber en lui toute la puissance qui s’échappait d’elle, serrant fermement les dents sous l’effet de la souffrance.
Lorsque ce fut fini, que le silence s’abattit à nouveau, il dégagea le corps d’Aurora de sous l’aile du Cheren. Inerte, la jeune femme ne réagit pas lorsqu’il s’agenouilla près d’elle. L’expression de Sammakko se figea. D’une main glacée, il écarta les cheveux qui collaient au front de sa compagne. Les paupières ouvertes, elle fixait le néant. Ses yeux étaient d’or. Brisé, il serra Aurora dans ses bras et plongea au cœur du pouvoir mental à la recherche de l’esprit de la jeune femme. Alors, le cri fusa :

- Ils arrivent !

Mais le Prince ne l’entendit pas. Sur ses joues noircies, le sillon blanc d’une larme apparaissait.

À suivre
[/align]

RC

* * *

HRP by : ...

* Note de la RPiste : Ce RP appartient à la saga "LES PRINCES D'ÉTERNITÉ" qui est dédiée aux InFs et au reste de l'univers 36.

Épisodes précédents - Première, deuxième & troisième parties :
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Épisodes précédents - Quatrième partie - Gardiens :
- Le Désert Blanc
- La Décision des Autres
- Mythes et Réalités
- Retour à Deak'Li
- Regrets
- Doutes
- L'Appel aux Dieux
- Le Désir de Vaincre
- La Peur au Ventre
- Proximité
- La Reine d'Éternité
- La Vérité des Dieux (à venir)

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« À Sionabel, un Rêve sera toujours apporté à ceux qui en font la demande. » [Nymphe Ydeil]
« Certains disent que seule la guerre peut faire de nous des frères. Ceux-là n'ont sans doute jamais essayé d'écrire avec quelqu'un... » [Yuen]
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