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 RP FERMÉ - La Communauté de l'Anagnoste

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Nymphe Ydeil
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MessageSujet: RP FERMÉ - La Communauté de l'Anagnoste   Mar 11 Fév 2014 - 17:51

RP FERMÉ : Merci de ne pas interférer avec son écriture et de commenter dans un autre post pour faciliter la lecture de tous. HAVE FUN !


  • Prologue
  • Chapitre I
  • Chapitre II
  • Chapitre III
  • Chapitre IV
  • Chapitre V



____________________________________________________________________________________________________
« À Sionabel, un Rêve sera toujours apporté à ceux qui en font la demande. » [Nymphe Ydeil]
« Certains disent que seule la guerre peut faire de nous des frères. Ceux-là n'ont sans doute jamais essayé d'écrire avec quelqu'un... » [Yuen]
« À six ans, je savais écrire. Mais ici, nous n'écrivons pas. Nous vendons du Rêve. » [red13]


Dernière édition par Nymphe Ydeil le Mar 11 Fév 2014 - 18:26, édité 1 fois
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Nymphe Ydeil
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MessageSujet: Re: RP FERMÉ - La Communauté de l'Anagnoste   Mar 11 Fév 2014 - 18:25

PROLOGUE


J’ai ri. D'un rire bref et cassant.

Cette nuit, tout allait finir. L’un d'entre eux allait mourir. Lequel ? Je l’ignorais encore. Je ne voulais pas avoir à décider. Pas cette fois. Je ne voulais écouter que la colère sourde qui grondait en moi. L’appel de la vengeance en quelque sorte. J’ai balayé une dernière fois la chambre des yeux : le lit défait, l’oreiller qui portait encore son odeur, la valise éventrée, la bouteille vide contre la table de chevet renversée, le désordre qui jonchait le sol et qui n’était qu’une accusation de plus, qu’une motivation parmi tant d’autre. Mon reflet m’a rendu un regard épuisé et hagard. Il était plus mal en point que ce à quoi je m’attendais. Je me suis détourné. Je n’avais pas le temps pour ça.
J’ai attrapé mon arme sur le comptoir de la salle de bain, mon pardessus dans le corridor. J’ai éteint les lumières en passant, puis je suis sorti. Dans la chambre, le réveil s’est mis à sonner : minuit moins vingt. Je ne me suis pas retourné. Je l’ai laissé sonner. L’air glacé de la nuit m’a éclairci les idées. J’avais fait ça des centaines de fois. Je savais ce qui m’attendait. Je n’avais que trop l’habitude. N’empêche, je n’étais pas prêt cette fois. C’était trop tôt, trop rapide. Dans ma poche, l’arme me donnait un semblant d’assurance. Assurance qui allait s’effriter si j’y pensais un peu trop, je le savais. J’ai accéléré le pas jusqu’à la rame de métro et je m’y suis engouffré comme on fuit.
Deux stations plus loin, le calme familier s’est enfin emparé de moi. J’ai pu réfléchir posément aux options qui s’offraient à moi en attendant d’y être. Je suis descendu de la rame sept minutes plus tard. L’horloge accusait minuit moins onze. J’étais dans les temps. Je suis quand même remonté à la surface au pas de course. Un lampadaire a grésillé au-dessus de ma tête, puis s’est éteint. Ça m’allait tout aussi bien : je n’aimais pas la lumière. J’ai traversé la rue, puis j’ai avancé le long d’un mur de briques. Je savais où j’allais, j’étais déjà venu inspecter le terrain à plusieurs reprises. Ce n’était pas le genre de choses qu’on peut laisser au hasard.
À l’endroit prévu, le grillage qui succédait au mur était entaillé. Je me suis glissé dans la fente sans faire de bruit, puis j’ai franchi l’espace désert d’une cour intérieure. À mesure que les minutes s’écoulaient, la colère qui m’avait motivée se transformait en ivresse. L’idée de ce que j’allais faire échauffait mon sang et me grisait. Tout stress m’avait quitté. J’avais soif de vengeance, je voulais voir la mort en face et je la verrai. Nul ne pouvait m’en empêcher à présent, ni mes doutes, ni l’intervention de quelqu’un d’autre. Il fallait le faire. Je n’aurais pas la paix tant que tous deux vivraient ensemble sur cette Terre.
Minuit moins six. Je me suis glissé à l’intérieur d’une bâtisse par un soupirail dont la clanche était brisée. Je l’avais repéré quelques jours plus tôt. Les sous-sols étaient déserts. J’ai atteint un escalier dont j’ai dévalé les marches en silence, puis j’ai pris un corridor sur la gauche : le seul qui était éclairé. À partir de là, j’avais une vague idée d’où je devais aller. La bonne porte, c’était celle du fond. À tatons, je me suis emparé de mon arme que j’ai serrée fermement entre mes doigts. J’ai armé la détente. L’adrénaline me dressait les poils sur les bras. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine, mes oreilles sifflaient. J’ai inspiré un bon coup avant de poser la main sur la poignée. Et j’ai poussé le battant.

Ils étaient là.

Personne ne m’a regardé, comme si je n’existais pas. Ils étaient près de cent, tous vêtus de longues toges noires. Ils portaient des masques d’obsidienne aux symboles barbares et leurs têtes étaient levées vers le plafond, vers un point que je ne pouvais voir de là où j’étais. Je le devinais cependant, à la voix qui en parvenait. Je me suis penché un peu, sans plus de succès. J’ai rasé les murs discrètement, demeurant dans l’ombre relative de la foule. J'allais devoir agir vite. Enfin je l’ai vue, debout au milieu de la foule, sur un piédestal deux fois plus haut qu’elle, presque nue sous les voiles diaphanes qui flottaient autour d’elle. Elle plasmodiait une sorte de litanie sans fin, les deux mains agrippées aux couvertures d’un épais grimoire. Elle était si pâle qu’elle aurait pu se confondre avec la blancheur des pages. En d’autres circonstances, j’aurais pu la trouver belle. Mais je n’oubliais pas ce que je venais faire là.
J’ai resserré mon emprise autour de la poignée de mon arme. Je n’avais plus d’yeux que pour elle. J’ai visé très précisément l’endroit où je voulais que la balle la touche. Un pouce au-dessus des côtes, droit au cœur. Elle mourrait sur le coup. J’étais prêt. Mais j’ai attendu encore. Encore un peu. Juste le temps qu’il lui a fallu pour lever les yeux vers moi. Elle m’a vu. Dans son regard, j’ai su qu’elle comprenait ce qui allait lui arriver. J’ai lu l’horreur qui l’envahissait. Ses mains ont tremblé, le grimoire a commencé à glisser du pupitre qu’elles formaient. L’horreur est devenue terreur. J’ai souri. Je tenais enfin ma vengeance. Elle savait que je ne la manquerai pas cette fois. J’ai tiré.
J’ai regardé le grimoire s’écraser par terre dans un bruit de papier froissé, les pages qui se pliaient sous leur propre poids, la tranche qui se déformait. Puis une fleur rouge a éclos sur la poitrine de la lectrice au teint pâle et elle est tombée à son tour, les yeux grand ouverts. Morte. Enfin. Je me suis sauvé.

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« À Sionabel, un Rêve sera toujours apporté à ceux qui en font la demande. » [Nymphe Ydeil]
« Certains disent que seule la guerre peut faire de nous des frères. Ceux-là n'ont sans doute jamais essayé d'écrire avec quelqu'un... » [Yuen]
« À six ans, je savais écrire. Mais ici, nous n'écrivons pas. Nous vendons du Rêve. » [red13]
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