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 ...::: Le 600e RP de NYMPHE YDEIL :::...

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Nymphe Ydeil
Enfant de Lune
Enfant de Lune
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MessageSujet: ...::: Le 600e RP de NYMPHE YDEIL :::...    Lun 14 Avr 2014 - 14:04

Depuis l'aube des temps, il y a eu des contes, des légendes, des histoires. Mais un seul Rêve perdure à travers le commencement des âges : celui de Nymphe Ydeil, Reine de Sionabel, Fille de Lune. Ce Rêve a débuté il y a maintenant plus de sept ans, alors qu'elle n'était encore qu'une errante parmi tant d'autres et qu'elle offrait comme tout le monde ses Rêves et ses rps aux membres de son alliance. Rapidement, sa plume se fit connaître sur l'univers 50 où elle écrivit pour ses ennemis parce qu'elle défia l'univers avec une verve peu commune.

Quelqu'un parla d'elle sur l'univers 24 où elle rencontra Turambar Thalion, premier du nom. Elle Rêva pour lui, et bientôt pour son alliance toute entière, sa première saga : Le Jeu de Babili, aujourd'hui retirée du board et transformée en roman. La saga dura deux ans. Parallèlement, elle créa dans les Ruines de la Citadelle Noire, dont elle avait hérité par le biais des Mages Noirs, la Communauté de Sionabel. Elle y invita et y forma les premières plumes de Sionabel, selon des règles précises nées d'on ne sait plus où. Et parce que sa plume savait envouter, ses règles devinrent une tradition et la Citadelle devint une légende pour ceux qui l'habitaient.

Elle rencontra par la suite Lord Kael, InF qui venait de quitter l'univers 15 et jouait sur l'univers 36. Il l'invita à le suivre et elle rédigea pour lui et son alliance sa seconde saga L'Œil de l'Enfer. Malheureusement, Lord Kael fut hoffé à mi parcours de la saga. Entière et persuadée que les Rêves ne desservent pas un homme, mais un monde tout entier, elle alla trouver les hoffeurs et leur demanda le RP. Après de lourdes négociations et de nombreuses colères, elle obtint gain de cause. Il manquait cependant trois épisodes avant d'atteindre la fin de la saga. Les InF se mirent à pied d'œuvre pour les trouver en une semaine et les trouvèrent. Dès lors, l'univers 36 fut conquis. La première saga des Princes d'Éternité vit le jour et couvrit la majorité des RPs de l'univers. La saga, qui devait durer un an, compta plus de 40 épisodes et se vit offrir une suite sur l'univers 60 auprès des E-Kolo, ainsi qu'une seconde sur l'univers 10 auprès des Endorions et des Phoenyx, deux alliances pourtant rivales.

Nymphe Ydeil transcenda les règles du RP, commandant des hofs aussi naturellement qu'on lui avait commandé des RPs, réclamant des CDR de tailles précises pour accompagner les faits d'armes des héros de ses sagas. Et les hoffeurs les lui offrirent avec une générosité sans borne.

Pendant ce temps, Sionabel grandissait sous son égide. Ses apprentis devinrent RPistes à ses côtés, puis Mentors à leur tour. La Communauté atteignit les 20 membres, les dépassa et devint si populaire que les commandes se mirent à pleuvoir de tous les univers. Sionabel dut bientôt faire face à plus de soixante commandes par mois.

Victime de sa propre popularité, la Communauté périclita. Après les célébrations de son 500e RP, Nymphe Ydeil continua pendant un mois, enchaîna 50 RPs, puis abandonna. La célèbre Citadelle Noire, ce Château de Lune et de Rêves se referma comme un tombeau sur la Communauté de Sionabel et les mécènes s'en retournèrent d'où ils étaient venus. Ceux qui postaient pour le rp cessèrent de poster et moururent bientôt. D'autres trouvèrent d'autres errants dont les RPs se ressemblaient tous ou ne mirent que des vidéos.

Deux ans s'écoulèrent ainsi. Le Château connut un troisième hiver. Puis, lorsque la neige fondit sur les toits d'ardoise en ruine, un évènement inattendu eut lieu : un Rêveur poussa le lourd portail rouillé et pénétra au coeur de la Citadelle. Il chassa la poussière sur les bibliothèques vermoulues, ouvrit les fenêtres pour aérer et réouvrit la porte des ateliers. À l'opposé du pays, Nymphe Ydeil fit ce qu'elle n'avait plus fait depuis des années : elle Rêva à nouveau.

Et aujourd'hui, notre Communauté est fière de lancer aujourd'hui les festivités du 600e RP de sa Fondatrice et d'annoncer que le Château de Lune a officiellement réouvert ses portes. Nous voudrions profiter de cette occasion pour remercier chaleureusement :


  • tous les hoffeurs qui se sont joints à nous en nous offrant des HOFs exceptionnels pour ces festivités
  • tous les hoffeurs qui ont guetté pendant toutes ces années la réouverture de la Communauté et qui sont revenus sitôt nos valises posées sur le perron
  • tous les nouveaux mécènes qui sont venus à nous parce qu'ils ont aperçu nos RPs et les ont aimés
  • tous les nouveaux mécènes à qui nous avons commandé des HOFs et qui les ont fait avec plaisir pour que nous puissions écrire dans chaque univers d'Ogame.fr


Merci, car même si nous ne le montrons pas souvent, sans vous, pas de RP, pas de RP, pas de Sionabel. Merci également à :


  • tous les rpistes qui se sont joints à nous durant toutes ces années de service afin de faire de Sionabel l'aventure qu'elle a été.
  • tous les rpistes qui nous rejoindront à l'avenir pour relancer la machine



MERCI

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« À Sionabel, un Rêve sera toujours apporté à ceux qui en font la demande. » [Nymphe Ydeil]
« Certains disent que seule la guerre peut faire de nous des frères. Ceux-là n'ont sans doute jamais essayé d'écrire avec quelqu'un... » [Yuen]
« À six ans, je savais écrire. Mais ici, nous n'écrivons pas. Nous vendons du Rêve. » [red13]
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MessageSujet: Re: ...::: Le 600e RP de NYMPHE YDEIL :::...    Dim 20 Avr 2014 - 5:30


À tous ceux qui ont pris leurs Rêves pour seule réalité...

......Le premier village sur la route en quittant la Citadelle est Aguamundo ; le village où Aurora a vu le jour. Il ne se situe pas très loin de Sionabel, mais il aura fallu plusieurs heures à Han pour y parvenir… à force de se retourner sans cesse pour essayer d’apercevoir un quelconque revenant qui tenterait de revenir à la maison. Hors de question de s’éloigner trop loin du Château. Il pense cependant que les habitants d’Aguamundo pourront l’aider : ils ont sûrement dû voir Aurora passer, même si c’est il y a longtemps, c’est toujours une piste. Comme les pigeons, nous sommes tous destinés à revenir un jour ou l’autre là où nous avons passé notre enfance, ainsi est la nature humaine. Quand notre vie part en lambeaux, seuls les souvenirs agréables nous tiennent debout. Et quand bien même notre enfance fut un désastre, nous retournons quand même sur ces lieux hantés pour réussir à tourner cette page délicate et douloureuse. Aussi est-Elle passée par là, Han en est sûr.

......Il passe par l’entrée principale du village. Les gens le dévisagent. Il ne les connaît pas, bien qu’il lui soit arrivé d’en apercevoir un ou deux, du temps où les paysans des villages voisins les gavaient de nourriture. Sacrées superstitions. Sans vraiment savoir où il met les pieds, il se promène, regarde les échoppes et les maisons. La taverne ? Sûrement pas. Il sourit en imaginant Aurora ivre, affalée sous un fût de bière puis secoue la tête pour se nettoyer l’esprit. Blasphème. Mais où te caches-tu, Aurora ? Même s’il n’a aucune chance de l’y trouver, il se dirige quand même vers la bâtisse qui annonce « Taverne des Trois Rêves ». Il a froid et faim alors il s’accorde un peu de répit piètrement mérité. La chaleur absorbe son visage d’abord et puis son corps tout entier. Le froid n’est plus qu’un vague souvenir face à ce rassemblement de gens bruyants, cette étouffante chaleur et toute cette boisson. Han repère une table vide dans un coin de la pièce, sur la droite, et s’y faufile. Il laisse tomber sa capuche sur ses épaules quand une jeune demoiselle s’approche de lui.

Vous désirez ? lui demande-t-elle avec un grand sourire et des yeux pétillants.
— Avez-vous vu Aurora récemment ?

......Décidément, son tact légendaire le perdra. Ce ne serait pas la première fois que ça lui attire des ennuis. Toujours parler et puis réfléchir ensuite, au point où il en est… La jeune fille hoche la tête, elle est un peu déçue, mais tente de lui montrer un lieu à travers le mur de la Taverne.

La vieille ferme près de la rivière, suivez le chemin, vous ne pouvez pas vous tromper.

......Un sifflement assourdissant envahit les pensées de Han. Aurora est là. Depuis tout ce temps, elle est à quelques kilomètres de lui et il ne l’a même pas sentie… Pourquoi ? Elle aurait pu remonter au château ou envoyer une lettre ou autre chose, il ne sait pas… Non ce n’est pas possible, la serveuse doit confondre. Han se frotte les yeux et le sifflement disparaît.

— Aurora ? La Rêveuse ?
Oui, bien sûr.

......À présent, la serveuse semble perplexe. Han glisse une belle pièce dans sa main et sort sans attendre. Du blanc à perte de vue. La neige recouvre tout, même les maisons, les parterres, les enclos, les arbres, tout. L’Homme a beau tenter de dompter la nature, il sera toujours perdant. Han aperçoit ledit chemin, il semble long, presque infini puisqu’il n’arrive pas à en voir la fin.

......Sur la gauche, il entend le bruit de l’eau qui coule. La rivière se cache sous son manteau blanc. Aurora doit sûrement faire de même. Il arrive enfin près de la ferme. Plus il s’en approche et plus le froid l’envahit, comme si les éléments eux-mêmes étaient contre lui. Inutile d’aller plus loin, Elle est là. Han la contemple dans toute sa splendeur. Assise à sa façon, Elle dessine, là, dans la neige. Le temps n’a pas d’emprise sur Elle, fille de l’Éternité. Le cœur de l’homme étreint sa poitrine, son sang ne circule plus dans ses veines, il pourrait mourir là, il pourrait mourir pour Elle…

......Lorsqu’on éprouve tellement de sentiments pour une personne, il est impossible de trouver les mots, quel que soit le langage utilisé, pour les décrire. Ni les gestes, ni les mots ne suffisent. C’est indéfinissable. Il avance donc vers elle, bouche bée. Il se laisse tomber à ses côtés. Elle savait qu’il allait venir et qu’il allait la trouver, il est sûr qu’elle le savait. Sa tête, lourde d’émotions se pose sur l’épaule de sa Reine. Et le temps s’arrête.




......Han referme si bruyamment les portes de la Cathédrale que même les anges l’entendirent. Il s’effondre de rage, de haine, de colère, de tristesse et de déception. Il La hait. Il L’aime. Il veut mourir là, sur-le-champ ! Pourquoi, POURQUOI ? !! Il hurle, il crie, il frappe contre la porte et il pleure. Elle ne veut pas revenir, Elle l’abandonne… Comment peut-Elle lui faire ça…

......Il retourne mon bureau, il jette ses parchemins dans les airs, ils virevoltent. Allez tous au Diable ! Il écrase sa plume contre le mur avant de cracher dessus. Il fait les cent pas dans sa pièce en tapant son pied dans tout ce qu’il peut. Il n’en a plus rien à faire de tout ça ! Il crie encore « J’AI PAS BESOIN DE TOI POUR FAIRE TOURNER LA MAISON ! RESTE DONC OÙ TU ES ! » Puis il finit par s’endormir de chagrin et d’épuisement au milieu des décombres. Un long sommeil, un Rêve.

......À son réveil, il ne se souvient de rien. Pourquoi a-t-il dormi comme ça, et c’est quoi ce bordel dans son atelier ? ! Et puis il se rappelle. Je se souvient et il regrette, amèrement. Puissent les Dieux l’entendre et apaiser sa culpabilité. Comment a-t-il pu dire de telles choses… Encore une fois, la mort semble être plus douce que sa souffrance. Son âme est tiraillée, décharnée, abattue par tant de sentiments divergents. Assis par terre, il dépose sa tête entre ses mains et il pleure, aussi longtemps que son corps le lui permet. Quand est-ce que ça finira… Tout a une fin, il le sait, alors il attend la sienne avec impatience, cette délivrance.

......Il se retrouve une fois de plus dans cette cathédrale vide. Il erre d’un pas lent, l’œil terne et l’esprit noir comme son encre. « Rouge comme mon sang, noir comme mon âme », voilà ce qu’il écrira à la fin de son testament. De toute façon, il n’a rien à donner à qui que ce soit. Il va crever là comme un chien, on retrouvera ses ossements dans plusieurs dizaines d’années quand les historiens voudront faire de cette demeure un musée. Ils n’auront qu’à utiliser son squelette pour accrocher la pancarte de bienvenue, ça mettra les visiteurs dans l’ambiance.



......Les lourdes portes du Château de Lune s’ouvrent en grand dans un craquement formidable. Sans hésiter, Aurora franchit le seuil et pénètre au sein du large hall d’entrée. Elle ne se sent pas encore chez elle, mais cela viendra. Pour l’instant, elle flotte entre appréhension et joie. Ce retour, inattendu, non réfléchi, la ravit. Curieuse, elle inspecte la pièce qui l’entoure, redécouvrant, le sourire aux lèvres, les cadres vieux comme le monde, les candélabres et sellettes, le vieux tapis tissé à la main. La poussière règne en maîtresse des lieux, un rôle que la jeune femme entend bien reprendre rapidement. Quelques bougies éclairent encore les galeries supérieures et les guéridons du vestibule, signe que quelqu’un habite encore ici. La cire macule le marbre. On vit donc dans la demeure depuis longtemps. L’atmosphère, étouffante et sombre, crie pourtant l’abandon. Nul ne serait étonné de voir apparaître des fantômes au détour d’un corridor.

......Pour l’heure, Aurora tire d’un coup sec les tentures pourpres qui occultent les fenêtres. Aussitôt, la lumière se déverse à l’intérieur de la bâtisse, éclairant ce qui a été autrefois une très vaste et majestueuse demeure. Argenteries, diamants, velours d’Hogeita, marbre de Lunni, pierres de Lune, tout illustre la gloire passée mais ô combien ténébreuse des Mages Noirs qui ont autrefois habité la Citadelle avant de la léguer, ainsi que toutes les terres qui l’entoure, à leur dernière héritière : Aurora Kaladana.

......Pas après pas, la jeune femme s’enfonce au cœur du Château, ouvrant ici et là fenêtres et rideaux. Les courants d’air soulèvent bientôt tentures et poussière, chassent l’odeur de renfermé pour ne laisser qu’un souffle de fraîcheur. La maison renaît sous les doigts de sa maîtresse et quelque chose s’anime dans les profondeurs de l’habitation. Les murs frissonnent, le plancher chante sous le pas dansant de la Rêveuse, le toit murmure. Et Aurora passe devant nombre de portes closes qu’elle ne pousse pourtant pas. Derrière ses sourires se cachent mélancolie et regret. Il y avait là des dizaines d’ateliers, chambres intimes et silencieuses dans lesquelles sont nées des myriades de Rêves. Elle n’ose encore en brouiller la paix, avance encore, caresse le passé retrouvé, frôle du pied et des doigts la maison qui l’accueille et lui fait fête, attendant un signe de sa part pour revivre pleinement.

......Oh, car elle est bien revenue, l’Héritière Kaladana. Mais elle n’est pas encore prête. Sionabel n’est pas encore prête non plus. Avant de confier son âme à la magie ancestrale qui habite ces lieux, il faut encore que cette Reine aux cheveux noirs et au regard d’argent obtienne l’aide de puissants alliés, car elle le sait : seule, elle n’y arrivera pas. Elle ne souhaite d’ailleurs pas y parvenir. Pour elle, Sionabel n’est plus faite de solitude, mais de lumière commune. Car si Aurora est l’âme de Sionabel, d’autres qu’elle en sont l’esprit, le cœur et le bras armé.



......L’Ange vole à tire-d’aile vers les massifs. La fatigue l’oppresse, il est à bout de souffle, mais il ne renonce pas à sa cadence infernale. Le vent siffle à ses oreilles, et malgré le son désagréable qui lui donne la migraine, il continue. Son cœur bat la chamade, à la fois en raison de l’effort fourni, mais aussi de l’excitation. Les lueurs qu’il a aperçues se dessinent désormais plus nettement dans la pénombre, tremblotantes flammes au bout de torches de bois. La distance est cependant encore trop grande pour qu’il puisse distinguer les porteurs, et ce, malgré l’acuité de ses sens plus importante que celle des humains. Il ne peut que se contenter d’intensifier sa cavale.

......Enfin, il peut approcher. Un voyageur arpente les sentiers étroits qui longent le flanc des rocs immenses. L’Ange n’a aucune difficulté à reconnaître la démarche. Sa démarche. Pleine de grâce, d’élégance, porteuse de vertu. Sans même apercevoir les traits dissimulés sous le capuchon, sans même plonger ses yeux dans les iris d’argent, Manyaël sait qui Elle est. Il n’approche point, malgré son cœur qui bat sa joie, se contentant d’observer ce pas qui se veut tranquille. Mais de son perchoir invisible, campé dans les airs, l’Ange profite du spectacle de cette Rêveuse sur la route de Sionabel, sous la lumière de la Lune.

......Une explosion de sensations et de sentiments contradictoires le bouleverse. Pourquoi ce retour, pourquoi maintenant ? Mais derrière les questions, le simple fait de la revoir lui procure un tel bonheur qu’il veut soudain hurler sa joie dans le firmament. Cabriolant sous le regard amusé des étoiles, il suit à distance l’arrivée d’Aurora dans la Citadelle Noire. Il n’ose l’approcher, la toucher. Et si ce n’était qu’un Rêve ? Il ne veut pas que cela s’arrête. La voyageuse observe chaque rue, chaque bâtiment avec attention, sans que l’Ange ne puisse déterminer quoi que ce soit de ses pensées. Est-elle déçue ? Heureuse ? Craintive ? En même temps que son retour est source du bonheur le plus intense, la voir déambuler de la sorte dans la Citadelle fantôme lui inspire une certaine crainte.

......Après tout, l’Ange a failli à ses promesses, a perdu l’espoir, ne Rêve même plus. Il s’est cloîtré dans un mutisme absolu, et a enfermé son âme dans une prison de verre. En réalité, il a dépéri à l’instar de Sionabel. Il n’a même pas pris la peine de tenir compagnie à Han, qui vit pourtant dans les ténèbres du Château. Non, il a préféré s’isoler dans ses limbes. Il soupire. Aurora n’a toujours pas remarqué qu’elle était observée depuis les cieux, ou, si c’est le cas, elle se garde de ne rien dire. Elle s’arrête devant la Cathédrale en ruine, l’observe de bas en haut. Elle paraît songeuse mais Manyaël sent en cette amie une nostalgie qui lui est familière. Alors, se dérobant à la pénombre, il se pose doucement face à elle.

......Aurora ne sursaute pas, elle se contente de le fixer. Inexpressive, belle et mystérieuse comme autrefois. Il lui rend son regard, et cet échange silencieux semble durer une éternité. Il croit percevoir dans ces iris gris comme un reproche. Honteux, peiné, il baisse les siens.

— Tu m’as manqué, hasarde-t-il dans un murmure.

......Elle ne répond pas, se contente de le toiser. Qu’elle lui parle enfin, qu’elle dise quelque chose ! N’importe quoi ! L’Errante détourne finalement les yeux, que Manyaël perçoit pleins de ressentiment, pour observer à nouveau la Cathédrale. Oui, elle lui en veut donc, il a failli à sa mission. Il lui avait pourtant juré de veiller sur la Citadelle et voilà qu’elle revient pour la découvrir en ruine. Les remords l’accablent, pourtant il ne veut pas le montrer. Il bout à l’intérieur et sa colère monte. Il serre les dents.

......Quelle chose étrange que la rencontre de deux êtres aussi semblables. Pourtant si proches, ils semblent désormais considérablement éloignés. Le temps a altéré leur connexion. Autrefois, l’un comme l’autre aurait su trouver immédiatement les mots. Autrefois, il n’y en aurait probablement pas eu besoin. Autrefois, tout était si simple.

......Lorsque les confidences sont remplacées par les souvenirs brumeux, quand les images du passé prennent le pas sur les moments de tendresse, il n’y a plus que l’idée d’une personne qui reste, un a priori. Ne subsiste que cette figuration déformée par l’imaginaire, par la mélancolie, par le manque. Mais les griffes du temps ont marqué la personnalité de Manyaël, et derrière le masque de stoïcisme qu’il arbore avec une fierté rebelle se terre la sensibilité d’un Rêveur trop fragile.



......Le regard d’Aurora se perd dans les blessures béantes de la Cathédrale. La Bibliothèque rouge et le Temple gardien s’y trouvaient autrefois et elle avait alors eu à cœur de passer des heures à trier, classer, agrandir la bâtisse. Mais aujourd’hui, ce n’est pas cela qu’elle est venue chercher. Elle reporte son attention sur son ancien Apprentie. Il a changé bien davantage que la Cathédrale noire. Il est plus dur, plus fermé qu’autrefois, lui qui était ouvert, spontané, lumière et joie de vivre. Elle n’ose lui répondre. Lui dire qu’il lui a manqué également, si puissamment qu’elle en pleurait parfois de solitude. Elle se contente de river sur lui ses prunelles grises, de le couver du regard en espérant qu’il comprendra, lui qu’elle considère comme un fils, comme un frère, elle voudrait le voir s’ouvrir à nouveau à elle. Mais il n’en fait rien, lui aussi se tait et observe, attendant sans doute qu’elle parle la première. Alors elle parle. Et ses mots sont ceux qu’ils ont toujours été, francs, directs, sans détour.

— J’ai l’impression de t’avoir perdu, murmure-t-elle. Tu n’es plus le même.
Tu es partie un peu comme une voleuse, tu reviens pour me dire ça ?

......Son ton n’a pas changé, pourtant il s’est fermé davantage et elle lui en veut pour ça. Elle devient lionne, furieuse et prête à le déchirer s’il cherche à l’affronter. Elle ne lui cédera rien, ne tolérera de lui aucun écart, mais ce qu’elle ne supporte pas surtout, c’est la distance qu’il y a entre eux. Elle ne supporte pas l’éloignement, craint plus que tout de l’avoir perdu et, malgré elle, le défie à cause de ça. Dure, glaciale, elle le fixe avec ce regard lourd de sens et assez puissant pour le tenir en respect. Elle se dresse face à lui, intègre, immuable malgré le temps. De son côté, l’Ange se raidit aussi et ils s’affrontent en silence. Elle tuerait celui qui le touche, mais elle, elle pourrait le massacrer et ils le savent tous deux.

— Que suis-je vraiment pour toi ? demande-t-elle, tout de go.

......L’Ange est frappé par la question. Il hésite, croise son regard et soudain, il redevient celui qu’il a toujours été. Il redevient son fils. Il redevient son frère, son allié de toutes les souffrances, de tous les rires. Il renoue avec son cœur, son esprit, ses rêves. À nouveau, ils ne forment qu’un. Sans même réfléchir, il s’ouvre pleinement à elle, comme autrefois, confiant enfin son âme à celle qui n’attend plus que ça.

Tu es mon roc, ma ligne d’arrivée, mon repère. Tu es mon juge, mon avocat, mon témoin. Tu es ma critique, mon miroir, ma boussole qui me donne envie d’avancer. Tu es celle qui est capable de me faire sentir le goût salé des larmes comme celle qui sait les sécher avec quelques mots. Tu es la seule personne que j’aie jamais eu peur de décevoir, la seule personne qui m’a fait culpabiliser de la décevoir, la seule personne qui ne me déçoit pas.

......Les barrières tombent, la tension avec elle. Dans les yeux d’Aurora brillent ses larmes qu’elle ne retient plus. Elle va à lui. Ses mains s’emparent de ceux de son allié qui l’enlace et la serre contre lui. Ils se sont retrouvés, n’ont plus besoin de mots pour se le dire. Seul le soulagement qu’ils partagent parle pour eux. Alors elle se dresse et dépose un tendre baiser sur le front de son Apprenti, son Frère, son Ami.

— Viens, lui murmure-t-elle.

......Et l’Ange la suit, comme ils l’ont toujours fait l’un pour l’autre.



......Une ombre bouge à l’intérieur du Château et Iluna descend de son perchoir. Elle avance lentement vers les portes, animée par l’appréhension. Une fois au pied de la grande Dame Noire, elle prend une grande inspiration, lève les mains, puis… renonce honteusement. Elle ne peut le faire. Elle ne peut y retourner. Incapable de pousser les lourds montants de bois polis par les siècles, elle contourne en hâte le bâtiment pour se rendre à l’arrière, au jardin qui a si souvent été le témoin de son mal. Pourvu que personne ne l’ait vue. Qu’ils ne viennent pas la déranger.

......Le parc n’a plus son éclat d’autrefois, les fleurs ont fané, les statues ont verdi sous la mousse et les mauvaises herbes et les ronces ont envahi la majorité des lieux. Cependant le banc de pierre est toujours debout. En s’y asseyant, la Féline se prend à contempler l’endroit avec nostalgie, se remémorant un lointain passé, une boule au ventre. Ce n’est qu’un moment de doute, un moment de tristesse qui annonce pourtant des années à pleurer car elle L’a sans doute perdue à tout jamais, mais elle se laisse aller à sa douleur.

......C’est une nuit comme il n’y en a plus eu depuis des semaines. Une musique parvient aux oreilles d’Iluna ; quelqu’un joue à nouveau dans le grand Château. Les étoiles sont de sortie. La lune en fond pour compléter cette tapisserie si familière et si différente à la fois. En temps normal, ce spectacle lui aurait plu, mais ce soir la Féline reste sur ses gardes. Tout lui parait sans saveur, sans lueur… La véritable lueur, elle le sait, est là, quelque part, derrière ces murs. Elle porte une robe en tussah blanc, Elle veille, Elle s’anime, Elle vit et brille. Comme autrefois.

......Iluna observe le ciel comme si c’était la première fois qu’elle le voyait. Pourtant rien y fait, elle n’y prend pas goût. La boule douloureuse dans sa gorge ne s’en va pas. La peur la paralyse. Une larme perle sur sa joue glacée depuis des jours. La Féline a tant couru pour arriver jusque-là, elle craint soudain d’avoir fait le mauvais choix. Un tremblement, un frisson la parcourt et prend fin quelques secondes après. Les yeux rivés sur le mur étoilé se ferment doucement et le tourment gagne la partie.

......Dans la tête d’Iluna, les mots d’Aurora, Reine de Sionabel, résonnent : maintes fois, Elle a demandé à sa ténébreuse apprentie de s’ouvrir, de chasser l’ombre dans laquelle elle se réfugiait. Mais rien n’y a fait. Par peur d’être blessée, cette dernière n’a rien fait, au contraire : aujourd’hui, elle s’est refermée sur elle-même, vaincue par l’Enfer. Bons et mauvais souvenirs se confondent. La Féline n’a pas su mettre fin à ce cycle qui contribuait à sa destruction, elle n’a pas su lutter contre le Roi des Enfers, elle n’a pas su non plus se confier à la femme qui a pourtant veillé sur elle. Maintenant, la voici seule, pensant à Elle, se reprochant mille choses, songent à tout instant à ce qu’Elle lui a pourtant apporté durant tout ce temps. Comment pourra-t-Elle oublier la défection de sa sœur, sa fille, son apprentie ?

......À quoi ressembleront leurs retrouvailles ? Car ils vont bientôt revenir, elle le sent. Si elle a pu entendre l’Appel depuis les Enfers, les autres l’ont perçu également sans doute. Que va-t-elle pouvoir leur dire ? Reviendront-ils tous ? Et Elle ? Iluna ne peut s’attarder sur la question cette fois. Comme si Elle l’avait entendue, ou sentie, Aurora s’approche. Elle écarte une branche de glycine — ses chères glycines — et apparaît devant la Féline. Elle est vêtue d’une ample robe de tussah blanc qui flotte autour d’elle comme un voile. Sur ses hanches, une ceinture bariolée, à son cou, une obsidienne, sur son front, un diadème au dessin complexe, mêlant or blanc, ambre et dents de tigres. Ses yeux sont couleur d’un gris si clair qu’il fait concurrence à l’argent de la lune. Et son visage, encadré par une chevelure plus noire que la nuit, ne traduit aucune expression. De la main, elle s’appuie sur l’encolure d’un tigre blanc qui observe la visiteuse avec la même fixité que sa maîtresse.

......Durant ce qui parut être une éternité, les deux femmes s’observent sans mot dire. Le regard sanguin d’Iluna ne lâche plus celui d’acier de la Fondatrice. Puis Aurora vient s’asseoir à son tour. Le silence se fait pesant. Elles n’ont jamais eu besoin de mots pour se comprendre toutes les deux, chacune achevant à loisir les phrases de l’autre, agissant au nom de l’autre sans que personne, à l’exception du Gardien, bien sûr, ne s’en étonne. Pourtant, aujourd’hui, la tension de longues années d’éloignement, de solitude et de souffrance, brise le silence complice qu’il y a toujours eu entre elles.

......Incapable de tenir devant le regard inexpressif de la jeune femme, Iluna bondit soudain sur ses pieds, soupire, agite les bras, pleine d’impuissance, de remords, cherche ses mots. Puis la ligne de ses épaules s’affaisse et une fois encore, elle meurt d’envie de fuir, pour ne surtout pas montrer l’univers dans lequel elle a sombré pendant toutes ces années, pour ne pas lui dire à quel point Elle a fait bien plus qu’Elle ne le croit, lui dire à quel point Elle lui a permis de changer, en bien, à quel point Elle l’a aidée à tenir. C’est auprès d’Elle que la Féline a appris à voir le monde, à apprécier des choses qu’elle n’aurait jamais soupçonnées. Comment lui dire merci pour ce qu’Elle a dit, ce qu’elle a fait ?

— Je n’aurais jamais dû revenir. C’était une erreur. Je ne peux pas…

......Avec une infinie douceur, cette même douceur lumineuse qu’Elle a toujours eue, Aurora l’attire vers le banc et Iluna tombe à genoux. Ce qu’Elle murmure a le goût de la lumière. Comme autrefois, elle ouvre son cœur et ses mondes à son apprentie qui écoute, les yeux baignés de larmes. La chaleur regagne à nouveau le cœur de la Féline et les années loin d’Elle s’effacent d’elles-mêmes. Alors, Aurora se penche au-dessus d’Iluna, prend son visage entre ses mains et ses yeux scrutent une dernière fois ceux de son alliée, fouillant jusqu’au fond de son âme. Puis la jeune femme sourit à son Apprentie, sa Sœur, ses doigts écartent ses cheveux et elle dépose un baiser sur son front.

Viens, lui murmure-t-elle en prenant sa main.

......Et la Féline la suit comme elles l’ont toujours fait l’une pour l’autre.



......La Forêt a tellement changé, elle lui paraît plus vaste que dans son souvenir. Larrow ne peut dire avec précision s’il en est encore loin. À dire vrai il ne reconnaît plus le paysage. La route est recouverte de mousse et de feuilles et les panneaux indicateurs ont disparu depuis longtemps. Voilà quelques heures, il a vu la stèle, annonçant l’entrée sur le domaine de Sionabel. Il a bien failli passer à côté sans la voir tellement elle est sale et se confond avec les autres menhirs plantés çà et là. Autrefois, elle resplendissait et prévenait quiconque s’aventurant plus loin qu’il pénétrait sur les terres du Rêve.

......Tout en progressant à travers les arbres, Larrow note tout à coup que l’atmosphère change. Les feuilles mortes qui gisent au sol, comme touchées par la grâce du divin, s’élèvent lentement, reprennent leur place sur les branches des arbres, bercées par le vent. Vient le tour des graines qui, par milliers, germent et donnent naissance à d’innombrables pousses. C’est comme si la vie recommençait à ses pieds. Ce ne pouvait être qu’Elle et il La voit soudain, au milieu du sentier. Elle est là, Elle l’attend.

......Les mains tremblantes, le souffle court, il ne sait que faire. À quoi bon ? Cela faisait tant d’années qu’il n’a pas Rêvé, écrit. Sa main saura-t-elle encore tenir une plume ? Ses doigts sauront-ils reconnaître le contact et la qualité d’un bon parchemin ? Sa voix pourra-elle conter les histoires des hommes et de la guerre le soir au coin du feu ? Ses pensées se perdent, il ne sait que faire, que dire ni penser. Perdu… C’est ce qu’il est.

......Voilà quelques semaines qu’une voix a retenti dans son esprit. Oh ce n’est pas la première fois mais il lui semble que la dernière était il y a des siècles. Une fois de plus, ce lieu qu’il a chéri de toute son âme, bercé de mille douceurs, couvé de ses yeux, défendu de ses poings, protégé de ses mots, une fois de plus, il y est revenu. Il ne sait plus le nombre d’heures qu’il a passées dans le cloître de la Cathédrale, ne peut plus compter le temps passé au sommet de la Bibliothèque Rouge, dans son antre poussiéreux, à feuilleter ou écrire sur des parchemins usés, s’abîmant la vue sur des textes que personne ne lirait jamais.

......Tant de souvenirs remontent à la surface et se rappellent à sa mémoire. Une larme perle au coin de son œil. Le froid de la fin de l’hiver sans doute. Alors, ne sachant que faire, n’osant aller vers Elle, vers ce qui fut autrefois sa maison, son château, il reste là, dans le froid et la nuit de cette fin du mois de Mars. Pourquoi ? Que craint-il de trouver là-bas ? Quelqu’un ? Quelque chose ? Peut-être une partie de son âme qu’il a oubliée, jadis. Mais pour l’heure, il attend, pétrifié de peur, d’appréhension, tremblant d’autre chose que de froid. Et c’est Elle qui vient vers lui. Dans le regard qu’Elle pose sur lui, il devine qu’il est enfin de retour et, ne pouvant résister, se met à pleurer.



......Un craquement puis un grincement rompent le silence. Han pense d’abord à des oiseaux et ne bronche pas. Puis il se rend compte que les bruits proviennent de la porte d’entrée. Personne n’a mis les pieds ici depuis des mois, voire des années. La peur l’envahit. Il parcourt le couloir de l’étage et descend l’escalier silencieusement ; s’il y a quelqu’un, il préfère savoir qui c’est avant que le visiteur ne se rende compte qu’il n’est pas seul. Il se penche, observe.

......C’est Elle.

......Han reste planté là, au milieu des escaliers et la regarde avancer. Ça y est, il est enfin au paradis ? Sa souffrance a eu sa peau et il a le droit à la paix éternelle ? Elle semble si réelle… Un mirage sans doute ? Ce que l’œil voit est parfois bien vicieux. En tout cas, ça ne peut pas être Elle. Après ce qu’il s’est passé il y a plusieurs mois de cela… Mais Han ne peut pas laisser son esprit divaguer de la sorte, cela lui fait trop mal de ne pas savoir. Alors il s’avance vers "Elle", d’abord lentement et puis d’un pas plus prompt. Si c’est un fantôme, il sera bientôt fixé. Si c’est autre chose, on verra bien. Alors qu’il arrive à sa hauteur, elle s’arrête et le regarde, de ce regard d’argent qui l’a toujours fasciné. Un sourire étire ses lèvres. Han s’approche encore et pousse lentement l’épaule de l’Éternelle. Le reste corps suit le mouvement. Étrange, il ne passe pas à travers. Il la dévisage à son tour, plongeant son regard dans l’abîme de ces yeux couleur de lune. Le temps s’arrête à nouveau. Il refuse d’y croire, et pourtant il le sait déjà au fond de moi. Des larmes coulent le long de ses joues et vont s’écraser près de ses pieds. Il en a tellement versées, il ne pensait pas qu’il lui serait encore possible de pleurer. Elle avance vers lui et l’entoure de ses bras. Elle est revenue. Elle est vraiment revenue. Enfin.

......Plusieurs mois ont passé depuis leur rencontre près de la ferme. Depuis tout ce temps, Han ne s’est plus occupé du Château. La poussière s’est accumulée partout où elle a pu, des monticules de cire se sont formés en dessous des chandeliers désormais éteints et l’atelier du Rêveur est toujours sens dessus dessous. Tant de chose à faire, mais tant de vie en moi. Le retour d'Aurora au château est salvateur, c’est son essence de vie. Sa présence efface les tourments et Han se demande à présent comment il a pu vivre sans Elle, dans un tel état. Si on lui demande un jour ce qui l'a sauvé, il dira… L'espoir. L'espoir de la revoir sourire une dernière fois. L'espoir de sentir la chaleur de sa main contre sa joue, de sa bouche contre son front. Sentir son odeur, apercevoir sa lumière… Il aurait donné mon âme à celui qui la lui aurait ramenée, quitte à subir une éternité de souffrance. Ce n'est rien comparé à une vie sans Elle.

......Alors, une fois son atelier rangé, il ouvre son gros coffre en bois. La charnière est presque rouillée mais l'essentiel, c'est ce qui se trouve à l'intérieur. Han en sort un pan de tissu rouge, rouge comme le sang. Sa toge. Il la porte à son nez avant de l'enfiler. Malgré le temps, elle a conservé ses odeurs d’autrefois. Ce qu’il sort de son coffre ensuite est bien plus précieux que tout l'or du monde. C’est une plume. Cette plume en or que l'on reçoit des mains de la Fondatrice lorsqu'on est accepté au sein de Sionabel. Cette plume qui signifie le dévouement et la fidélité à la cause, le Rêve. Il ne reste plus à Han qu'une chose à faire à présent : descendre retrouver ses frères et sœurs. Retrouver la vie.



......Étant réunis pour la première fois depuis ce qui semble être une éternité, ils se regardent, tour à tour, essayant de lire les émotions de leurs frères et sœurs. Personne ne dit mot. C’est inutile, les mots ne peuvent exprimer ce qu’ils ressentent. En silence, ils s’agenouillent, en cercle, au milieu de la Cathédrale, à l’endroit où elle est la plus haute. Son Appel les a attirés et ils sont revenus, pour leur salut et pour reconstruire Sionabel. À présent, ils sont à nouveau réunis pour accomplir la mission qu’ils se sont assignés, des siècles plus tôt. Vêtus des toges aux couleurs dues à leur rang, ils vont Rêver, ensemble, pour redonner espoir au monde.

......La Cathédrale, bâtie par les fils et filles de la Déesse Lune, est immense. Les cinq Errants paraissent minuscules, en comparaison de la majesté et de la grandeur des lieux. Lentement, un son, presque imperceptible, commence à s’élever du cercle, perturbant le silence religieux de la Cathédrale et l’emplissant peu à peu. Larrow, revêtu de la toge grise des Gardiens de Sionabel, vient d’entamer un Rêve. La bouche et les yeux fermés, utilisant son corps comme une caisse de résonance, il fait vibrer l’air autour de lui. Les ondes se propagent et atteignent un à un ses frères, agenouillés à ses côtés. Puis, le son monte pour envahir la Cathédrale et parcourt les salles, sondant chaque pierre, naviguant sous la voûte et sillonnant les différents clochers, comme pour s’assurer qu’Elle va bien, vérifiant son architecture et ses fondations. Car tel est le rôle premier du Gardien, celui de veiller sur Sionabel et son contenu.

......Lorsque le Rêve arrive au sommet de la Flèche, Han, Maître Errant couvert d’une toge rouge sang, joint son chant à celui de son frère et le Rêve poursuit inlassablement son ascension, s’échappant de la Cathédrale. Il flotte un instant au-dessus de Sionabel puis coule lentement en direction de la Forêt. Il traverse la Citadelle, inspectant les salles d’écriture, survolant les corps de ferme à présent abandonnés. Même au milieu d’un Rêve, Han garde ses vieilles habitudes, espérant sans doute surveiller le travail d’un apprenti. Mais alors que le Rêve perd en vitesse, comme s’il n’osait s’enfoncer dans la pénombre des bois, une troisième voix s’élève dans les airs.

......Manyael s’élance à son tour, rejoignant la création du Rêve et l’entraînant plus loin encore, en direction de la Vallée. Comme ses deux sœurs agenouillées à côté de lui et encore silencieuses, l’Ange est enveloppé d’une toge d’un blanc immaculé, symbole de son rang de Fondateur. Ne pouvant résister plus longtemps à l’appel du Rêve, Iluna se mêla aux autres permettant au Rêve d’inonder complètement la Vallée. Semblable à un océan déchaîné, Il attaque les montagnes, par vagues, encore et encore. Mais elles tiennent bon.

......Puis Aurora choisit ce moment pour rejoindre les disciples qu’Elle a rappelé à Elle, ses frères, ses sœurs, ses enfants. Le Rêve, renforcé par le pouvoir de la Fille de la Lune, dépasse alors les montagnes et se déverse sur le monde. À présent unis dans un Rêve commun, Les Errants s’élèvent, quittant temporairement leur enveloppe charnelle. Leur conscience monte vers les cieux et ils ne forment plus qu’un seul et même être, incarnant leur propre création. Ils ne sont plus seulement les auteurs, ils sont l’essence même du Rêve. Vibrant à l’unisson, ils voguent à travers les courants du monde, glissant lentement sur des fleuves tranquilles, franchissant des torrents bouillonnants et traversant des cascades glacées. Ils ont chaud, ils ont froid, le vent leur gifle le visage, la neige des hauteurs leur pique la peau mais ils sont heureux, ils sont ensemble et cela est leur raison d’être. Ce qu’ils vivent est une première car jamais ils n’ont créé ou même vécu un Rêve si grand, si entraînant. Le Rêve les envahit, les submergeant tout à fait. Ils subissent, ne pouvant faire face à ce flot ininterrompu de sensations. Ils ne sont plus maîtres de leur Création.

......Tels des amants venant de se retrouver, ils laissent le Rêve prendre les devants et mener la danse. Il les amène sur les Sommets des contreforts de la Montagne Noire, traversant congères et glaciers. Il les conduit à travers le Désert Blanc pour qu’ils connaissent la soif et la brûlure du Soleil. Il les fait nager dans les Océans de l’Est, aux côtés des bancs de nérus rouges pour les faire chuter dans les profondeurs abyssales. Enfin, il conduit Ses Errants au-dessus des Plaines d’Ourda et les laisse, quelques instants, profiter de la douceur du vent et du parfum des fleurs. Ils sourient. Puis, soudainement, le Rêve s’échappe, laissant un vide insoutenable en eux. Car c’est à leur tour d’entrer dans la danse. Mais Ils doivent prendre garde et restés vigilants. Autrefois, ce monde de conscience était leur royaume. À présent, les ténèbres du Cauchemar le hantent. Réunis, confiants de leur puissance retrouvée, animés et renforcés par la magie du Rêve, l’esprit affûté et aiguisé par des siècles de rêverie, ils n’ont pas besoin de se consulter pour savoir qu’il est l’heure : ils partiront en croisade, contre le Cauchemar.

Bonjour à vous, peuple d'Antarès,

Aujourd'hui, la Communauté de SIONABEL est fière de vous présenter le 600e RP rédigé par sa Fondatrice : Nymphe Ydeil. Parce que je ne fêterai qu'une seule fois le six-centième rp dédié à la communauté ogamienne, ont participé chacun des rpistes qui forment aujourd'hui ma communauté :


  • Yuen
  • Umiera
  • red13
  • Nymphe Ydeil
  • B3nito



Nous avons posté, durant cette semaine, un RP dans chaque VDU d'Ogame.fr, un rp pour chacune des cinq années passées à vos côtés. Et un RP pour la VDU providentielle qui s'ouvre alors que s'ouvrent à nouveau les portes de notre Communauté, alors que s'ouvre notre sixième année d'existence.

Nous tenons à remercier en ce jour tous les hoffeurs sans qui rien n'aurait été possible. Je pense pour ma part aux premiers et plus marquants mécènes : Nainpprenti, Nainpoléon, NainBuccodonosaure [L7N1], univers 25, Meia, Lord Stormhead, Cyroulette, Nudji, Josh et Wyrd [M.N], univers 25, Turambar Thalion [LGX], univers 24, Lord Kael [InF], univers 36, Jing [InF], univers 36 et tous ceux qui ont suivi, mais aussi aux alliances qui m'ont soutenue, réclamée et qui recommencent à le faire aujourd'hui, après ce retour qui m'a valu les cinquante RPs restant avant d'atteindre le 600e. Un immense merci à chacun d'entre vous pour les moments de délire de le chan public de la Communauté... pour les Rêves qui existent, pour les Rêves présents, pour les Rêves à venir. Je n'ai pas dit le quart de ce que je voulais dire dans ce 600e, ni la moitié des remerciements que je vous dois à tous. Alors rendez-vous au 1000e, lorsque j'aurais trouvé mes mots pour vous remercier plus sincèrement que je ne le fais ce soir. Sionabel peut désormais revivre, grâce à vous. Merci d'être toujours présents, de nous faire toujours confiance, commande après commande, et de ne pas nous avoir oubliés pendant les deux ans durant lesquels nous avons fermé nos portes.

Je tiens en mon nom propre à remercier chacun des RPistes qui ont poussé les portes de Sionabel. Makkura et B3nito, mes jumeaux, mes apprentis, surtout, pour tout ce qu'ils m'ont apporté. Red et Yuen, mes deux gardiens au coeur immense. Et Mei, notre petite dernière, sois la bienvenue à la maison ma belle, puisses-tu y recevoir autant que tu apportes. Merci pour les délires, les rires, le Rêve.

Et compte tenu des 6000 mots qui précèdent, je garde ma plume pour les prochains 400 rps qui m'attendent avant le 1000e, parce qu'à Sionabel, un Rêve sera toujours accordé à celui qui en fait la demande ! Rejoignez-nous vite sur notre forum.
Mais n'oubliez pas :


SIONABEL RECRUTE

Citation :
Si vous êtes motivés, que vous écrivez (plus de deux lignes), que vous n'êtes pas trop bêtes, pas trop chiants, pas trop énervants, et surtout un peu (beaucoup) fou (oui ça fait beaucoup de conditions mais vous vous pensiez où ? A l'armée ? NON ! Ici c'est pire croyez-moi), Sionabel recrute, rpiste, correcteur, stagiaire pour le café, masseur/se, jouet pour passer les nerfs, musicien (pourquoi faire, on n'en sait rien mais ça en jette ça !) venez nous voir. Et bises sur la fesse !!! Wink

____________________________________________________________________________________________________
« À Sionabel, un Rêve sera toujours apporté à ceux qui en font la demande. » [Nymphe Ydeil]
« Certains disent que seule la guerre peut faire de nous des frères. Ceux-là n'ont sans doute jamais essayé d'écrire avec quelqu'un... » [Yuen]
« À six ans, je savais écrire. Mais ici, nous n'écrivons pas. Nous vendons du Rêve. » [red13]
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