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 L'amour rend aveugle

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Yuen
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MessageSujet: L'amour rend aveugle   Mar 2 Juin 2015 - 13:52




L'amour rend aveugle



« Comme la vie est étrange… On est enfant, insouciant, et puis ado, on a 16 ans, l’école, les potes, et puis on sort, 18, 20… On rencontre une fille ou même plusieurs, on voit des gens… Le temps file… L’horloge tourne comme dit l’autre… Et puis il vient un moment où on appuie sur « pause » et qu’on se retourne pour voir le chemin parcouru. Chemin couvert de cadavres, de flèches perdues, de trous, et nous, en voyant ce champ de bataille, on fait de grands yeux tout ronds et on se dit « C’est ça, ma vie ? ! ». Pour certains le choc est plus violent que pour d’autres, ça dépend des routes qu’on a empruntées, ça dépend des choix qu’on a pris ou qui nous ont été imposés…

Ma vie à moi, c’est comme les lignes du temps qu’on voit au cours d’histoire de M. Kuta, c’est long, c’est saccadé et c’est parfois pas facile à suivre. Et il y a des nombreux retours en arrière. Un peu comme avec Napoléon. Et à chaque « époque », à chaque acte, à chaque chapitre de ce grand putain de livre, il y a des personnes… Ces personnes qui ont marqué ma vie… Tant de gens avec qui j’ai vécu d’innombrables choses que je n’oublierai jamais… Et maintenant, alors que j’ai appuyé sur « pause », je regarde quelques vieilles photos et je sens mon cœur qui se serre… J’entends encore leur voix… Je peux même encore sentir leur odeur, le son de leur voix… Certaines personnes ne sont mêmes plus de ce monde aujourd’hui… Comment ne rien regretter ? Impossible…

On m’a dit un jour que devenir un homme, c’est savoir faire des choix (peut-être les bons, qui sait) et de les assumer… Et ben mon gars, si je retombe sur le connard qui m’a dit ça !
Faire des choix… Ce n’est pas si dur au fond, mais les assumer… C’est là qu’on se rend compte qu’être adulte, ce n’est pas si facile… Alors bon, tant pis et en avant… Il sera toujours temps d’assumer plus tard, ça passera peut-être mieux… Et ben non euh, nananinanère !


* * * * *


Il fut un temps où on était une équipe inséparable… Assis à la cafet' à refaire le monde tous les midis… Gaufre au sucre, Sandwich, bouchon de bouteille qui vole… On était jeunes, insouciants, mais qu’est-ce qu’on s’amusait… Je ne vous en ai jamais vraiment beaucoup parlé, mais quand ma mère est morte, il me restait deux choses importantes dans la vie : Noisette, mon chien et vous trois. À cette époque je haïssais mon père, j’avais des envies suicidaires, émo, sataniques… Je les ai toutes faites ! J’étais vraiment, vraiment mal. Remarquez, quoi de plus normal après la mort de ma mère ? Mais j’ai « survécu », j’ai su réussir mes secondaires et devenir quelqu’un de bien… Et tout ça, c’était grâce à vous ! Je n’aurais jamais su y arriver sans votre aide, vous qui avez été là tous les jours, me soutenir, me faire rire, me remettre sur le chemin… Je serais peut-être au fond d’un trou si vous n’aviez pas été là tous les trois… Je ne vous l’avais jamais dit, mais maintenant vous le savez… Merci de tout mon cœur les gars, merci infiniment…

Quand on est passé en 5e, j’ai eu peur, très peur de vous perdre. Au CPH, j’étais dans une autre classe que mes potes de primaire, et je les ai presque tous perdus… J’ai eu peur que ce même schéma se reproduise avec vous. Mais non ! On est resté ensemble et on a commencé à se voir en dehors de l’école… Cinéma… Bowling… Soirée DVD… Tant de moments inoubliables… Tant de choses qui m’ont comblé de joie… Et puis la Rhéto, on a commencé à grandir, et nos sorties étaient différentes… On a rencontré du monde, notre groupe s’est agrandi…

Vous vous êtes peut-être déjà demandé pourquoi j’étais retissant aux nouvelles venues dans le groupe ? Et bien en fait… C’est parce que j’avais peur… Peur d’être remplacé, que vous vous amusiez mieux avec un autre… Peur que vous accordiez moins d’importance à notre amitié… Peur qu’un jour, on se perde de vue, qu’on ne se parle plus… Ah ! Belle ironie…

La fin de la Rhéto était juste magnifique… On a enchaîné les rencontres, les sorties géniales… Le bal de fin d’année… J’aurais aimé qu’elle ne finisse jamais cette année-là… Je savais qu’en sortant de là, ce serait tout une partie de notre adolescence qu’on mettait de côté, sur laquelle on tirait un trait…
Et puis l’université. Encore une épreuve pour moi, on n’était toujours pas réunis… Et on a commencé à devenir des hommes : l’appart' de Bobo, Jerem' qui se met à fumer, tant de changements auxquels j’ai dû faire face… Essayer de m’adapter pour ne pas m’éloigner de vous, ne pas vous perdre… Ça a toujours été ma hantise, depuis petit… Creuser l’écart et perdre mes amis… À chaque fois que quelque chose changeait, j’avais le cœur qui se serrait très fort, jusqu’à ce que j’apprenne à vivre avec… Au fond, je suis très sensible…

Et puis les copines… J’ai toujours imaginé ma vie d’adulte comme ça : nous quatre, nos « femmes », on irait tous les uns chez les autres, on ferait des soupers, on partirait en vacance… Même avec les filles dans le jeu de quilles, je nous voyais inséparables.
Charlotte s’est pointée, puis Lætitia… Tout semblait coller, on s’entendait bien, aucune raison d’avoir peur au final… Et moi, là-dedans, je me demandais si je n’allais pas rester jeune homme toute ma vie… Gros, moche, qui voudrait de moi ? En tout cas, pas les 200 râteaux que je me suis pris.
Et puis l’université c’était un drôle de milieu au fond… Y’a des gens qui sont là juste pour glander, draguer, faire la fête… Et c’est là que j’aperçois une jeune blonde… Mon Dieu elle avait un de ces culs… Et elle me souriait à chaque fois qu’elle me voyait… « Cette fois, c’est la bonne ! ». J’en étais persuadé… Mais je ne savais pas comment l’aborder, comment la draguer, faire en sorte qu’elle s’intéresse à moi… J’ai attendu, en me disant que les choses se feraient sans doute d’elles-mêmes s’il fallait qu’elles se fassent. Et alors que je gardais mes yeux rivés sur cette fille, une autre s’est pointée sans que je ne m’en rende compte. Je n’y prêtais presque pas attention, à cette brune. Je la trouvais assez jolie c’est vrai, mais la blonde… Hum… Et puis je me suis rapproché de la brune sans m’en rendre compte et puis un jour « ça te dirait de visiter les coteaux avec moi ? »… Et c’est à ce moment-là que j’ai compris que les choses s’étaient faites naturellement.
Quoi ? Une fille ? Pas moche et mince ? Qui s’intéresse à moi et veut bien m’embrasser ? ! Dieu a enfin entendu mes prières ! Je vais la vénérer comme une déesse, elle qui me sort de ma « solitude » conjugale. Mais espérons qu’elle s’entende bien avec les autres… Oh puis allez ! Les amis avant tout, s’ils ne l’aiment pas, je la quitte, j’en trouverai bien une autre hein !

Ah ouais toi… Pauline était bien gentille, mais Pauline elle ne me faisait pas des bisous dans le cou. Vite oubliée la Pauline. Et l’autre blonde de l’unif ? Mince, je la vois plus, elle est partie ? Oh… j’ai la brune de toute façon.

« Ah oui euh… Pour moi le mariage est très important hein. »
« C’est-à-dire ? »
« Bah… Il ne se passe rien avant. »
«… Ah… Ah… Euh… *écrit un sms à Jerem' : Mec j’suis dans la meeeerde, on s’voit à midi, need to talk ! *… D’accord… C’est ton choix écoute… »

Mon père, il m’en avait déjà parlé des filles comme ça. Il m’avait dit, y’a deux types : le premier type, c’est la fille qui te dit qu’elle veut rien avant le mariage, parce qu’elle n’a pas envie d’être le coup d’un soir, mais qu’en grattant un peu, tu te rends compte que ce n’est pas une Sainte-Nitouche. Et puis l’autre type, c’est la fille qui a vraiment été éduquée comme ça et qui parle de mariage dès que ça devient sérieux…

Tsss, t’inquiète Bro', la mienne, c’est sûrement le deuxième type ! Elle est catho, mais look ses shorts over-petits qui moulent bien son cul, obligé elle se protège ! J’suis sûr que si j’attends assez longtemps, elle me montrera son vrai visage.
Et plus le temps passait, plus je me suis rendu compte qu’en fait, je m’étais bien trompé… Mais plus le temps passait, plus j’étais amoureux d’elle et plus je me disais que finalement, y’a pas que le cul dans la vie…
Moi qui disais qu’un trou, c’est un trou, maître de la crise d’asthme masturbatoire, et roi des râteaux, j’ai dit une telle connerie ?
Seriously les mecs, pourquoi vous n’avez pas appelé un exorciste ? ! POURQUOI, BORDEL DE CUL, VOUS NE M’AVEZ PAS COLLÉ DEUX BAFFES DANS MA GUEULE ? !
*tousse en resserrant sa cravate, dévisagé par le prêtre qui attend sa pause déjeuner entre deux mariages*
Je sais que vous avez essayé de me prévenir, mais vous savez ce qu’on dit… L’amour rend aveugle… Et, malgré moi, j’étais tombé amoureux… »

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« S'ils racontent un jour mon histoire, laissez-les dire que j'ai marché aux côtés de géants. Les hommes se lèvent et tombent comme le blé d'hiver, mais leur nom ne meurt jamais. Laissez-les dire que j'ai vécu à l'époque d'Hector, dresseur de chevaux. Laissez-les dire que j'ai vécu à l'époque d'Achille... » - Ulysse

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